Hollande et Valls appellent les jeunes au djihad en Syrie

Dans le but de trouver une issue pacifique au conflit qui ravage le Moyen Orient, quatre parlementaires français se sont rendus en Syrie : 
• Jacques Myard, député UMP de Maisons-​Laffitte, conseiller des affaires étrangères
• Gérard Bapt, député PS de Haute-​Garonne et président du groupe d’amitié France-​Syrie à l’Assemblée nationale
• Jean-​Pierre Vial, sénateur UMP de Haute-​Savoie, président du groupe d’amitié France-​Syrie au Sénat
• François Zocchetto, sénateur UDI de la Mayenne, président du groupe UDI-​UC, membre du groupe France-​Syrie au Sénat.

Ce n’est pas n’importe qui. Ils sont élus du peuple, de trois partis différents, impliqués dans les relations internationales, notamment l’amitié entre la Syrie et la France. Ils sont responsables, et ont avisé les autorités françaises de leur déplacement en Syrie et de leur intention de rencontrer le président Bachar Al Assad à Damas. Le député socialiste Gérard Bapt restera à l’écart de cette rencontre, selon les indications qu’il avait reçues du Quai d’Orsay.

Bachar Al Assad avec Chirac à l'ÉlyséeTout le monde n’aurait dû trouver qu’à louer cette initiative. C’est tout le contraire qu’il advint.

La volée de bois vert qu’ils se sont prise à leur retour est tragiquement révélatrice de la posture suicidaire de la France dans ce conflit. Des parlementaires qui tentent d’œuvrer pour la paix ? Au delà des commentaires outranciers et mensongers de la presse bien pensante qui s’obstine à diaboliser le président élu de Syrie, les réactions de nos dirigeants politiques sont affligeantes de bêtise et d’irresponsabilité. Pour Nicolas Sarkozy, les quatre parlementaires courageux sont des « gugusses ». Bachar Al Assad avec Sarkozy à l'ÉlyséeLui qui a déclenché le chaos en Libye, et qui porte la souffrance du peuple libyen, n’a pas même la pudeur de se taire.

Mais le pire est venu de Hollande et de Valls. Le premier s’est permis de qualifier le chef d’un grand État souverain, reçu à plusieurs reprises à l’Élysée, de « dictateur ». Dictateurs que ne sont pas les dirigeants des émirats reçus avec égards à l’Élysée (photo ci-​dessous), ou bien auxquels on rend visite avec déférence, par exemple lors des obsèques du roi Abdallah d’Arabie saoudite. Valls, avec son style féroce, traitait le président élu syrien de « boucher ». Mais pour qui se prennent-​ils pour parler ainsi ? Leurs propos infamants, péremptoires et excessifs, irresponsables, bloquent tout espoir d’une paix négociée dans la région.

François Hollande reçoit le roi du Barheïn à l'Élysée
François Hollande reçoit le roi du Barheïn à l’Élysée

À la remorque des États-​Unis, contre ses intérêts et son Histoire, la France s’obstine à renverser Bachar Al Assad. Le général Wesley Clark, ancien commandant suprême des alliés en Europe (SACEUR), de 1997 à 2001, déclarait récemment sur CNN que « l’État islamique avait été créé grâce au financement de nos amis et de nos alliés … dans le but de se battre jusqu’à la mort contre le Hezbollah ». Wesley Clark confirme également que la CIA — laquelle supervise les menées des « amis et alliés » des États-​Unis — est à ce titre associée à la création de l’État Islamique. [source CNN 17 février 2015]

Mais tandis que nos dirigeants désignent de manière aussi ferme et explicite un ennemi de notre pays, tandis qu’ils lui font la guerre en armant, en formant, en finançant ses adversaires — selon l’adage les ennemis de mes ennemis sont mes amis —, ils incitent les Français musulmans à partir au djihad afin de prendre part au renversement de ce régime « dictatorial  » en place, et de liquider ce « boucher  » qui – selon Laurent Fabius – ne « mériterait pas d’être sur terre  »(*). Et dans le même temps, ils condamnent ces djihadistes. D’un côté on fomente la guerre, mais de l’autre on condamne ceux qui y prennent part.

Cette position ambiguë et incohérente de notre pays, et de l’Occident tout entier, ne tiendra pas dans la durée. La France paiera très cher ses erreurs.

Georges Gourdin

(*) « Je suis conscient de la force de ce que je suis en train de dire : monsieur Bachar Al Assad ne mériterait pas d’être sur la terre ». Laurent Fabius, le vendredi 17 août 2012. 

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