Très pénible pénibilité

Pierre Lance
Lorsque je lus le décret du 9 octobre 2014 relatif à la pénibilité au travail, je me fis aussitôt cette réflexion : dans quelle pétaudière les socialistes ont-​ils encore été se fourrer ?
Car il est évident à tout esprit de bon sens qu’il est rigoureusement impossible d’évaluer équitablement la pénibilité des différents postes dans les différents métiers. Cette nouvelle « boîte de Pandore » ne pouvait aboutir qu’à des polémiques sans fin et à des injustices flagrantes. En dernier ressort, le gouvernement a dû se résoudre à « simplifier » son projet, ce qui, bien entendu, ne satisfera personne.
Mais en outre, l’affaire a pris un tour imprévu lorsque l’Assemblée nationale a inscrit le 28 mai 2015 dans le projet de loi sur le dialogue social la reconnaissance du « burn-​out » (épuisement nerveux) comme maladie psychique pouvant être reconnue comme maladie professionnelle. Car nos politiciens, qui n’ont pour la plupart jamais mis les pieds dans une entreprise, en étaient restés à la pénibilité physique des professions du XIXe siècle, telle que mise en lumière par Émile Zola, et ne s’étaient pas aperçus que l’intrusion de l’informatique avait complètement bouleversé le monde du travail, la pénibilité étant passée en quelques années du système musculaire au système nerveux tandis que trop de gens étaient devenus des esclaves de l’ordinateur.
Le député socialiste Benoît Hamon a fait du « burn-​out » son cheval de bataille. C’est un beau combat, mais je crains fort qu’il ne s’y épuise nerveusement.
Pierre LANCE

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