Allianz Riviera Nice

Avis de tempête à l’Allianz Riviera

Sur réquisitions du parquet national financier, la police judiciaire a opéré plusieurs perquisitions les 23 et 24 juin :
• à la mairie de Nice et à la Métropole Nice Côte d’Azur ;
• au siège de l’OGC Nice ;
• à Nice One (centre commercial), à l’Arénas ;
• chez Jean Bessis, co-​propriétaire de Nice One, à Paris et à Cagnes-​sur-​Mer ;
• à Boulogne-​Billancourt et Issy-​les-​Moulineaux (programme immobilier d’accompagnement).

Le parquet n’a pas lésiné sur les moyens puisque pas moins d’une soixantaine d’enquêteurs aurait été déployée sur ces différents sites afin de réaliser les perquisitions. C’est dire si les éléments en possession des enquêteurs doivent être probants pour concentrer de tels moyens.

Ces perquisitions font suite à l’enquête préliminaire ouverte le 4 mars dernier pour d’éventuelles irrégularités financières commises dans le cadre de ce partenariat public-​privé, sur signalement de la Chambre Régionale des Comptes, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.

Étant précisé que l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et la section financière de la PJ de Nice ont été également co-​saisis.

Nous avions d’ailleurs fait état de cette affaire dans nos colonnes il y a un mois, ce qui avait suscité quelques critiques acerbes. Force est de constater que rien ne s’arrange pour autant à l’Allianz Riviera.

Un rapport de la Chambre Régionales des comptes

Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes (CRC) rendu public par Médiapart dénonce un projet surdimensionné qui coûterait près de 400 M€ à la ville de Nice (c’est-à-dire aux contribuables niçois et métropolitains).

Les conditions d’attribution du marché sont également visées. La CRC s’étonne ainsi de la « bourde » commise par Bouygues : « Le concurrent le moins cher au stade des offres initiales a fortement augmenté son prix au moment de l’offre finale », détaille le rapport, dont les auteurs se montrent sceptiques quant à « l’explication fournie par la commune en cours d’instruction, selon laquelle ce candidat se serait “trompé dans son prix” », et ce, alors même que Bouygues « obtenait au même moment le stade Vélodrome de Marseille ».

De quoi nourrir tous les soupçons d’entente ?

Dans le viseur de la CRC également, le centre commercial Nice One (22 700 m²) inclus dans le partenariat selon un bail de 99 ans attribué à Jean Bessis, 81 ans, actionnaire minoritaire de l’OGC Nice, lequel centre devrait engendrer d’importantes retombées économiques.

Une affaire qui tombe à point nommé

Bien évidemment, les révélations faites par Médiapart tombent à point nommé, alors que le Maire de Nice, Christian Estrosi, tête de liste Les Républicains, est en pleine campagne pour les régionales.

Ce qui ne doit pas contrarier ses opposants politiques de gauche et d’extrême droite, loin s’en faut, voire même ses colistiers marseillais, soucieux peut-​être de préserver leur région des mains d’un niçois, qui, quoi on en dise, monte en puissance.

Nul doute en tout cas que ce dossier sent bon la salade niçoise et l’époque médeciniste, avec un cocktail explosif d’affaires, de grandes entreprises et de politique locale.

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Un commentaire

  1. Il était temps que tombe cet avis de tempête.
    Rapidement on saura si cette tempête aura été miraculeusement transformée par des interventions divines en, ce que l’on peut redouter, à savoir :
    une tempête dans un verre d’eau !