Vence Initiative Environnement 25 mai 2016

Vence Initiative Environnement dans la « vraie vie »

L’association vençoise VIE, Vence Initiative Environnement : l’écologie dans la « vraie vie ».

Après une brève remarque sur le blocage actuel des raffineries qui doit nous interpeller sur notre dépendance aux énergies fossiles, c’est avec force et ténacité que la présidente Laurence Thiebault a martelé ce mercredi 25 mai 2016 que l’écologie est une affaire de comportement quotidien : « On fait comment ? ». La réponse à cette question est la raison d’être de l’association qui fut créée il y a dix ans et qui s’est penchée depuis deux ans sur le problème des déchets car il est symptomatique de notre mode de vie. C’est de cette problématique que sont nées des initiatives telles que le Repair Café (tous les derniers samedis du mois), le compost collectif ou encore l’opération Objectif Zéro Déchet. C’est dans cette démarche pragmatique que Laurence Thiebault s’efforce inlassablement de réunir les bonnes volontés.

La conférence du 9 mars avait permis de prendre contact avec des agriculteurs locaux sur le thème de l’alimentation. Cette fois‐​ci, encore une fois dans une salle bondée, les intervenants étaient plus diversifiés, mais le point commun était de démontrer que l’on pouvait vivre autrement, en dehors du Système et de ses rouages financiers et polluants. Le vrai changement viendra des initiatives locales, citoyennes. Les intervenants s’attacheront à le montrer.

Vence Initiative Environnement 25 mai 2016

Ceux‐​ci sont responsables bénévoles d’associations qui font tourner le monde et nous préparent notre avenir sur les petits chemins en dehors des autoroutes convenues.

AMAP :
José Fiorini est l’animateur départemental des AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Son rôle est de faciliter la mise en place d’AMAP. Ce réseau commence à s’organiser par la base, au niveau régional et à présent interrégional.
Les AMAP sont nées à Aubagne en 2001 et ont redéfini récemment leur charte qui s’appuie sur trois points : bio‐​local‐​contractuel.
Monsieur Fiorini répondit bien volontiers aux questions très concrètes qui lui furent posées sur les modalités de mise en œuvre d’une AMAP, et rappela que l’initiative revient toujours au consommateur. Il faut au moins une quinzaine de paniers pour qu’une AMAP puisse prendre forme. Un panier tourne en général autour de 20 €, et porte sur une gamme très large de produits alimentaires.
Notre intervenant rappela que les AMAP constituent un circuit direct, sans aucun intermédiaire.
Au delà de l’aspect sanitaire (bio) et économique (circuit court), les AMAP créent du « lien social » entre les consommateurs et les agriculteurs.
Terre de Liens :
Pierre Fabre est l’animateur départemental de Terre de Liens qui a objectif d’acquérir des terres pour qu’elles soient exploitées par des agriculteurs. Terre de Liens collecte de l’épargne d’un côté et inverstit dans du foncier de l’autre. Monsieur Fabre montre qu’il s’agit d’une épargne citoyenne car celle a du sens. Afin de bien séparer les fonctions, Terre de Liens fonctionne en société à commandite dans laquelle la Caisse des Dépôts et Consignations s’est récemment investie.
Pratiquement toute personne peut acheter une part pour 103 €.
En dehors de cette activité d’épargne et d’investissement, Terre de Liens intervient dans de multiples actions qui permettent de préserver les terres agricoles. Monsieur Fabre rappela que contrairement à ce que l’on imagine à tort, la France importe plus de nourriture qu’elle n’en exporte. Elle est donc structurellement déficitaire sur le plan alimentaire et cela ne peut que s’aggraver si l’on n’agit pas activement pour préserver le patrimoine agricole.
Nouvelle Économie Fraternelle :
Autre forme d’épargne citoyenne, Jacques Decams présente la NEF dont il est le représentant régional bénévole. La NEF est une banque qui fait tout simplement son métier de banquier que les grandes banques ont oublié : elle revient aux fondamentaux qui consistent tout simplement à collecter de l’argent pour financer des projets sélectionnés. Par suite : pas de spéculations, pas d’opérations financières.
Les dimensions solidaires, environnementales, éthiques des projets entrent principalement dans leur sélection.
Tout est transparent à la NEF. L’échelle des salaires s’établit de 1 à 4,5.
Monsieur Decams n’hésite pas à reconnaître que la NEF court‐​circuite les banques dites traditionnelles.
Renouer :
Claude Benassi se targue que son association Renouer a pu créer plus d’une centaine d’emplois stables. Cette association d’insertion installée à Grasse récupère les fruits que les propriétaires ne ramassent plus pour une raison ou une autre, et en assure leur transformation. Les propriétaires donnent leurs fruits (ils seraient perdus sans cela), des bénévoles les cueillent. Ils sont plus de 350 à participer à des journées de récolte où les gestes simples d’autrefois sont retrouvés dans une ambiance récréative. C’est l’activité de transformation qui porte la valeur ajoutée économique qui assure les salaires. Si une grosse part des récoltes porte sur des olives (une quinzaine de tonnes l’année dernière !), les bigarades ou la lavande et d’autres fruits de région participent à l’activité.
Renouer est une association très mature qui tourne sans subvention. Elle cherche des points relais afin de s’implanter plus largement sur la région.
Ligue de Protection des Oiseaux :
La Ligue de Protection des Oiseaux a élargi sont champ d’action à tout ce qui est vivant nous dit son représentant Tangi Corveler. Son objectif à présent est d’agir pour la biodiversité.
À cette fin monsieur Corveler nous rappelle quelques consignes de bon sens : éliminer bien entendu tous les produits phytosanitaires, planter des fleurs mellifères, ne pas cloisonner trop hermétiquement son jardin, établir des réseaux de jardins (plus de 15 000 déjà dans toute la France, dont une centaine à Vence).
Les Jardins du Loup :
Corinne Maynadie vient présenter la permaculture à celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore. Elle remarque que les jardins ornementaux sont gourmands en énergie et en eau alors qu’on pourrait faire des jardins potagers pour bien moins de ressources qui ont de surcroît l’immense atout de nous fournir de bons produits.
Son association, les Jardins du Loup, propose diverses modalités de formation afin de diffuser ce mode de culture particulièrement efficace.

Énercoop :
Alain Legendre clôt la présentation avec Énercoop. Énercoop est née de la libéralisation de la production et la fourniture d’électricité. Mais sa vocation est de fabriquer de l’électricité propre « en accord avec vos valeurs » nous dit le slogan. De fait plus il y aura de clients Énercoop, plus la part d’énergie renouvelable entrera dans la production de notre électricité.
Plusieurs questions très pratiques ont conduit l’intervenant à présenter la manière de procéder. Énercoop s’occupe de tout, insista‐​t‐​il : le client choisit Énercoop comme fournisseur d’accès et c’est tout ! Il garde son compteur, mais règle ses factures à Énercoop. Certes l’électricité qui est fournie est la même que celle du voisin, mais plus il y aura de clients Énercoop, plus importants seront les moyens de production d’électricité propre et plus élevée sera la part de celle‐​ci dans celle qui est livrée.
Le tarif est sensiblement plus élevé que celui proposé par EDF (+8 %), c’est le prix de la démarche citoyenne.

La séance des questions‐​réponses a bien montré que l’on était dans le concret, que les participants avaient bien l’intention d’agir au quotidien. Le « monde d’après » se met en place ici et là avec des femmes et des hommes de bonne volonté. Ce mouvement est certes encore bien mince et fragile, mais « ce n’est pas autour de ceux qui font du bruit mais de ceux qui créent que, silencieusement, tourne le monde » (Frédéric Nietzsche).

Georges Gourdin

Rappel :

VIE Vence Initiative Environnement

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