Lucky Luke tire plus vite ombre

Donald Trump tire plus vite que son ombre !

Pierre LanceLe nouveau président des États-​Unis d’Amérique a donc décidé, le 6 avril, d’écraser sous une pluie d’une soixantaine de missiles Tomahawk la base aérienne syrienne de Shayrat d’où était partie l’attaque chimique contre le village de Khan Cheikhoun tenu par les rebelles syriens. Les alliés des États-​Unis, notamment la Grande-​Bretagne, l’Allemagne, la France et Israël ont immédiatement approuvé cette riposte à l’utilisation d’armes chimiques par le criminel de guerre Bachar El Assad. Certaines voix discordantes se sont exprimées pour désapprouver une action jugée trop rapide et avant qu’une enquête soit effectuée sur la réalité des faits. Mais à qui fera-​t-​on croire que l’armée américaine, qui dispose des moyens de renseignement technologiques les plus sophistiqués, ne disposait pas des preuves irréfutables de l’attaque chimique ? Et à qui fera-​t-​on croire qu’une enquête internationale aurait pu s’organiser et opérer sur le terrain avant que les Syriens aient pu effacer toute trace de leur forfait ? 
D’autres commentateurs ont prétendu que cette attaque américaine aurait pour conséquence de faire naître une nouvelle tension entre Washington et Moscou. Je pense personnellement que c’est tout le contraire. D’abord parce que les Américains ont pris la précaution d’avertir les Russes de leur bombardement assez tôt pour que ces derniers puissent évacuer leurs militaires s’il s’en était trouvé sur la base visée. Ensuite parce que Vladimir Poutine, qui avait profité de la mollesse d’Obama pour soutenir Assad sans réserve, est un homme suffisamment intelligent et réaliste pour comprendre que Donald Trump se chauffe d’un autre bois et qu’il a voulu marquer un coup d’arrêt à un régime syrien qui se croit tout permis sous prétexte que Moscou le soutient. 
Les grandes puissances doivent pouvoir se respecter mutuellement si l’on veut éviter les affrontements. Chacun doit savoir jusqu’où il peut « aller trop loin » et les politiques munichoises, qui nous ont fait tant de mal, ne sont plus de mise.

Pierre LANCE

[NDLR] L’équipe rédactionnelle de Nice Provence Info n’est pas monolithique et certains éditoriaux peuvent refléter des points de vue divergents.
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2 commentaires

  1. Voilà une analyse plus pertinente que celle de M. Gourdin.

  2. Si les preuves de l’attaque chimique sont de même nature que les preuves brandies par les Américains concernant les supposées armes de destruction massives de l’Iraq, ce bombardement est un leurre !
    Toutefois, si l’américain Trump a prévenu le russe Poutine, c’est certainement que les raisons de cette attaque d’un pays souverain ne sont pas ce qu’elles paraissent. D. Trump sait que le Syrien B. El Assad n’a pas gazé son peuple, il fait de l’esbroufe pour raison de politique intérieure !