Espadrilles

Donald Trump : la leçon des 100 jours

Pierre LanceLe nouveau Président des États-​Unis a-​t-​il fait tout ce qu’il voulait faire ? Certainement pas, et il le reconnaît lui-​même, en avouant que gouverner un grand pays est plus difficile qu’il ne l’avait cru. Quoique tardive, cette humilité l’honore. Et cette leçon est valable pour tous les Chefs d’État des démocraties occidentales, et même pour tous les autres, à des degrés divers. Car personne ne peut gouverner seul, et c’est fort heureux. C’est pourquoi un candidat qui déclare : « Si je suis élu président (ou présidente), je ferai ceci et je ferai cela », même s’il est sincère, est pour le moins présomptueux.
On en a eu la démonstration en France avec François Hollande et sa litanie « Moi Président » avec laquelle il cloua le bec de Nicolas Sarkozy lors de leur face-​à-​face de 2012, alors que ce dernier aurait pu aisément le ridiculiser s’il avait eu le bon réflexe de mettre en relief l’inexpérience totale de son concurrent.
On dit souvent que les politiciens ne tiennent pas leurs promesses. Je crois que c’est, le plus souvent, parce qu’ils ne le peuvent pas. Toute personne qui parvient au pouvoir est immédiatement confrontée à des oppositions, à des adversités, à des contre-​pouvoirs ou à des imprévus, sans parler de ses alliés plus ou moins encombrants et sans oublier les foucades de l’opinion publique, les grèves et les manifs.
Nous ne savons pas encore qui sortira victorieux(se) du scrutin du 7 mai, mais quel qu’il soit, il faudra nécessairement qu’il mette de l’eau dans son vin. Car il aura besoin d’alliés, notamment pour remporter les élections législatives, comme vient de l’admettre implicitement Marine Le Pen en négociant le soutien de Nicolas Dupont-​Aignan. Il en sera de même pour Emmanuel Macron, qui devra bien donner des gages à tel ou tel s’il veut fortifier sa position. Aujourd’hui, les électeurs de droite craignent que M. Macron soit trop socialiste et les électeurs de gauche redoutent que Mme Le Pen soit trop nationaliste. Qu’ils se rassurent ! Aucun des deux ne pourra rester droit dans ses bottes.
En politique (hélas ou tant mieux !), il faut souvent chausser des espadrilles.

Pierre LANCE

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