Chien méchant

Pourquoi tant de haine ?

Messieurs, un peu de dignité :
vous êtes en démocratie,
vous êtes en République.

Suite au ralliement de Nicolas Dupont-​Aignan à Marine le Pen, le chœur des pleureuses de tous bords y est allé de son petit couplet d’indignation. Que la plupart des ténors de la « droite » classique se soient ralliés dès 20h02 à Emmanuel Macron dimanche dernier n’a choqué personne. C’était tellement attendu. Mais que le président de Debout La France fasse de même avec le Front National, voilà que l’indignation est à son comble. Beaucoup de ses anciens collègues du temps de l’UMP ont bien sûr hurlé avec les loups, comme le perdant des primaires Alain Juppé. Que ce ne soient que des reproches, passe encore, c’est de bonne guerre. Mais là où la coupe déborde, c’est quand les commentaires tombent dans l’injure et la grossièreté les plus basses, et qu’elles viennent de personnalité de la « culture » française. La seule culture que Macron soit en état de reconnaître… puisque selon lui, il n’y a jamais eu de culture française.

Tout commence par les frères Lellouche, Gilles et Philippe, tous deux acteurs plus ou moins connus, surtout pour le second. Ce qui lui vaut l’honneur de dégainer le premier :
« Nicolas Dupont-​Aignan est un trou du cul et une pompe à merde ».
Le frère s’empressera à la façon des Dupond-​Dupont de surenchérir : je dirais même plus : 
« Espèce de grosse merde. »

Le concours semblait lancé. Mathieu Kassovitz s’essaya timidement avec un :
« Espèce de trou du cul »
Puis courageusement, ayant appris que Nicolas Dupont-​Aignon avait porté plainte, il supprima son premier tweet et renchérit :
« Je rajouterais : je t’encule Thérèse. Impatient de vous retrouver dans un tribunal pour parler de votre anus #viergeeffarouchée. »
On le voit, la cul…ture française sauce Macron se porte bien.

La suite, nous la devons à l’inénarrable Benjamin Biollay, qui lui, joint la menace à l’insulte :
« À tes risques et périls petite teupu. Tu vas le payer cher » 
Celui qui est passé un temps pour le petit ami de Carla Bruni montre ainsi ses qualités de parolier.

Mais la palme revient sans aucun doute à Stéphane Guillon. L’« humoriste » n’a pas hésité un instant à joindre l’odieux à l’abject, ne craignant pas de se vautrer dans la fange la plus immonde. Nicolas Dupont Aignan ayant eu la douleur de perdre sa mère deux jours avant son ralliement électoral, Guillon n’a eu pour tout commentaire que :
« Il a perdu sa maman il y a deux jours donc j’ai respecté ce moment. Je me suis dit que ma mère aurait fait la même chose si je m’étais engagé aux côtés de Marine Le Pen et si j’avais déclaré être son Premier ministre, vouloir travailler avec elle : je pense que ma mère se serait aussi laissée mourir comme Madame Dupont-​Aignan ».

Le silence unanime de tous les donneurs de leçons, tous les moralisateurs de la vie publique, tous les journalistes, si prompts d’habitude à dénoncer les « dérapages », est gênant dans un pays qui se revendique encore d’une certaine idée de la République et du « Vivre ensemble ».

Je ne crois pas non plus avoir entendu s’offusquer M. Macron. Il est vrai qu’il veut réconcilier les Français.

Patrice LEMAÎTRE

Ceci peut aussi vous intéresser

Autodafé

Un premier procès pour le Decodex

Un premier procès pour le Decodex, le site aux méthodes gestapistes du Monde. Nous avions en …