La fin de Marineland ?

Ce samedi 6 mai, l’arrêté interministériel qui prévoit de nouvelles règles pour les delphinariums a été publié au Journal Officiel, après avoir été adopté quelques jours plus tôt par la ministre de l’Environnement Ségolène Royal. 

Cependant, une surprise attendait les associations et les professionnels qui avaient été prévenus en début de semaine. La ministre avait ajouté en toute discrétion une nouvelle mesure : la reproduction des dauphins et des orques captifs des parcs aquatiques français sera interdite.

Il s’agit là d’un incroyable coup de théâtre, d’un moment historique 

Cette mesure a été ajoutée « au tout dernier moment » par Ségolène Royal qui n’aurait averti ni les associations de défense des animaux ni les professionnels. Ces derniers se disent donc aujourd’hui « stupéfaits » et « en colère ».

Autres réactions du côté des associations de défense des animaux :

Le collectif C’est Assez ! qui milite pour la fin de la captivité des grands mammifères marins et avait pris part aux échanges autour de l’arrêté, qualifie ce revirement d’ « incroyable coup de théâtre » et salue « un moment historique, une journée à marquer d’une pierre blanche ».

Une autre association, One Voice, qui est également très impliquée dans ce combat, a salué quant à elle une « immense victoire ».

Outre l’interdiction de la reproduction des animaux, l’arrêté interdit également d’échanger des animaux avec d’autres parcs, une pratique qui est très répandue dans le secteur. Ces deux mesures combinées pourraient donc bien signer la fin programmée des delphinariums en France à moyen terme.

La colère des professionnels du secteur

Ceux-​ci, de leur côté, n’ont pas manqué d’afficher leur colère et leur incompréhension. Rodolphe Delord, président de l’Association française des parcs zoologiques et directeur du zoo de Beauval, a déclaré :

« Nous ne comprenons pas cette décision, qui n’a fait l’objet d’aucune concertation. On avait obtenu un arrêté de très haut niveau avec des avancées. Mais l’interdiction de la reproduction va à l’encontre du bien-​être animal car ces animaux sont faits pour se reproduire. Et vous imaginez dans quel état se trouve le personnel qui travaille avec eux ? » 

Rodolphe Delord précise : « les parcs aquatiques feront certainement le strict minimum pour améliorer les conditions de vie des animaux. On ne peut pas leur demander à la fois de faire des travaux, des investissements importants, et à la fois d’arrêter leur activité « .

Bassins plus grands, interdiction de l’échouage

Parmi les mesures phares de l’arrêté, figurent notamment l’augmentation d’au moins 150 % de la taille des bassins (entre 2 000 et 3 500 m² contre 800 m² actuellement), l’interdiction du chlore dans le traitement de l’eau ou la mise en place d’équipes de soigneurs spécialisés. 

Plusieurs pratiques génératrices de stress pour les animaux sont également interdites, comme « l’échouage » des cétacés sur le bord des bassins ou les contacts directs entre les animaux et le public.

Outre notre Marineland d’Antibes, la France compte trois autres parcs qui détiennent des cétacés : les zoo Planète sauvage (Loire-​Atlantique), le parc Moorea Dolphin Center (Polynésie française) et le Parc Astérix (Oise). 

L’association One Voice tire justement ces jours-​ci la sonnette d’alarme au sujet d’une femelle dauphin du parc Astérix, qui est en train de se laisser mourir : cliquez ici.

Patrice LEMAITRE, 7 mai 2017

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Un commentaire

  1. Prénom : Anissa
    Nom : Putois

    Courriel : anissap@petafrance.com

    Sujet : Déclaration PETA sur l’arrêté de Ségolène Royal

    Message
    Bonjour,

    Je vous fais parvenir une déclaration de PETA sur l’interdiction de la reproduction des cétacés en captivité en France, au cas où vous aimeriez l’ajouter à votre article sur le sujet :
    PETA salue la ministre de l’Écologie française pour cette décision progressiste en faveur des dauphins et des orques qui souffrent en captivité. Depuis des années, l’activité commerciale des parcs marins dépendait de pratiques comme la stimulation sexuelle des mâles et l’insémination forcée des femelles par les dresseurs afin que leurs petits soient à leur tour exhibés dans de minuscules bassins en béton. Quiconque ayant une conscience ne peut cautionner l’enfermement cruel et injustifié de ces mammifères intelligents. Depuis la sortie du documentaire Blackfish, le public est plus conscient que jamais que les parcs marins sont un enfer pour les animaux sensibles que sont les orques et les dauphins, et ont renoncé à les fréquenter, ce qui a fait chuter le revenu des parcs marins du monde entier. Bien que Marineland ne puisse plus revenir en arrière pour réparer les dommages qu’ils ont causés, il est encore temps de donner une fin de vie décente à leurs esclaves encore en vie, en les transférant ou en transformant le parc en sanctuaire côtier pour leur rendre un semblant de vie naturelle, chose dont ils ont été privés beaucoup trop longtemps.
    Jusqu’à ce que tous les orques et les dauphins nagent librement, PETA appelle toutes les personnes ayant de la compassion à nous rejoindre et à continuer de faire campagne avec détermination contre Marineland ainsi que tous les parcs d’attractions marins.

    Je reste à votre disposition pour toute autre question.

    Cordialement,

    Anissa Putois
    PETA France