Âges de la vie

Notre âge influence-​t-​il notre vote ?

Pierre LanceUn de mes amis professe une théorie singulière selon laquelle l’âge que nous avons détermine pour une grande part nos opinions politiques, donc notre vote lors des élections, et, selon lui, bien davantage que les catégories socio-​professionnelles qui retiennent dans ce domaine l’attention des statisticiens.
Mon ami Charles-​Étienne énonce ainsi sa théorie : « À vingt ans, on est gauchiste. À trente ans, on est socialiste. À quarante ans, on est centriste. À cinquante ans, on est droitiste. Et après soixante ans, on est nationaliste. » Il admet que ce schéma ne peut pas concerner tout le monde mais quand même une forte majorité de la population, du fait que les citoyens capables de se forger à tout âge une opinion vraiment autonome reposant sur une culture, une analyse et une réflexion personnelles sont toujours minoritaires.
Et il appuie sa théorie par ce qu’il appelle deux « preuves » :
a) Si Valéry Giscard d’Estaing a échoué devant François Mitterrand en mai 1981, c’est principalement parce qu’il avait abaissé l’âge de la majorité à 18 ans au lieu de 21, ce qui renforçait automatiquement le vote à gauche (ceci venant s’ajouter au « scandale des diamants de Bokassa » offerts à Giscard et exploité abusivement par l’opposition, ainsi qu’à la trahison de Jacques Chirac, qui avait incité discrètement tous les militants RPR à voter Mitterrand, contribuant ainsi à jeter la France dans les bras des socialistes pour deux septennats, ce que la plupart des Français ignorent ou ont oublié).
b) La seconde « preuve » évoquée par mon ami, serait la montée constante du Front National depuis vingt ans, parallèle au vieillissement de la population française et à l’augmentation régulière de la proportion des seniors au sein de celle-​ci.
J’avoue que cette théorie me laisse perplexe et je la livre à nos lecteurs « brut de décoffrage ».
Pour taquiner un peu son auteur, je lui ai demandé :
— « Dans ton schéma, tu ne dis rien des octogénaires… »
— « Oh !, m’a-t-il répondu en levant les bras au ciel, c’est bien simple, à 80 ans, on ne croit plus à rien ! »
Comme je lui objectai que j’avais 83 ans et malgré cela de fortes convictions, il me cloua le bec en affirmant :
— « Oui, mais toi, tu es un être exceptionnel ! »
Que voulez-​vous répliquer à cela ?

Pierre LANCE

Un commentaire

  1. « Quand on n’est pas socialiste à vingt ans, c’est que l’on n’a pas de coeur. Quand on l’est toujours à quarante, c’est que l’on n’a pas de cervelle… » À méditer !