14 juillet 2017 Nice Tribune officielle

Un 14 juillet pour les médias

Il aura fallu caser ce qui restera dorénavant la commémoration des deux 14 juillet. Celui sanglant de la Bastille de 1789 et celui bien plus sanglant encore du Nice meurtri de 2016. Auxquels s’est ajouté l’anniversaire de l’entrée en guerre des États-​Unis en 1917.

Jeudi 13 juillet.

Dans l’enceinte sanctuarisée de la Tour Eiffel, les époux Trump et Macron ont pu « échanger » avec leurs épouses.
13 juillet 2017 Macron Trump Tour Eiffel

C’est au Jules Verne, au deuxième étage de la Tour Eiffel, vidée de tout visiteur, qu’ils ont pu partager une sole dorée à la « sauce hollandaise  » (ça ne s’invente pas) préparée par un autre chef, de cuisine cette fois ci, Alain Ducasse. En cette saison touristique qui bat son plein, la privatisation abusive du lieu a dû laisser bien des visiteurs frustrés plantés devant le mur de verre Hidalgo (lire Le mur d’Hidalgo, plus fort que celui de Trump). Scandaleux ! L’abolition des privilèges du 4 août 1789, c’est de l’histoire très, très, ancienne.

Vendredi 14

À l’issue du défilé ouvert par des militaires américains en costume de 1917, face à notre président s’affirmant comme le chef des Armées, une fanfare inter-​arme hétéroclite a solennellement entonné le Nissa la Bella niçois en hommage aux martyrs de 2016. Parfait.
14 juillet 2017 Nice Champs Élysées

Parfait, si ce n’est l’art de tout gâcher immédiatement après. L’aubade nous a livré alors un pot complètement pourri avec Daft Punk et son tube interplanétaire. Avec chorégraphie ridicule et en karaoké pour ceux qui connaissent les paroles : « We’re up all night to get lucky  », Nous sommes debout toute la nuit pour avoir de la chance » [?] répété 25 fois. Ça se trémoussait sur les bancs des ministres de la diversité.
14 juillet 2017 Champs ÉlyséesSans plus attendre, pour Jupiter et son aréopage de courtisans, direction Place Masséna à Nice. Un saut de puce en avion présidentiel, vers Nissa la Bella, suivi par notre Patrouille de France qui a aussi fait le déplacement.

Get lucky pour nos aviateurs qui, eux, auront au moins pu survoler la place Masséna transformée en bunker pour l’occasion. En effet, c’est vidée de tous les « sans dents hollandais  » et les « ceux qui ne sont rien  » macroniens que celui qui a réussi s’est adressé une assemblée de privilégiés, bien abritée du soleil azuréen sous un chapiteau construit à grands frais pour l’occasion. Pendant ce temps-​là, les victimes de l’attentat attendent toujours les indemnisations. Ils vont devoir attendre encore longtemps ; ils pourront toujours se consoler et faire leur deuil en se repassant le discours de leur empathique président. 

14 juillet 2017 Nice Tribune officielle
Côté pile : une tribune comble des éligibles à la commémoration
14 juillet 2017 Nice
Côté face : une place vide de ses niçois, repoussés aux limites de leur ville. On n’est même plus chez nous !

Vers 15h30, je me suis décidé à aller assister à cet hommage à nos victimes. Dès l’aéroport j’ai senti le choc ; à 7 km de la place Masséna, l’entrée de Nice était bouclée. Il doit au moins falloir ces 7 km pour se mettre à l’abri des tirs de mortier.

Apparemment, même la Promenade bunkérisée par Christian Estrosi n’était pas accessible. Difficulté d’y assurer la sécurité ? Inquiétant ! Au mieux quelques badauds qui auront pu traverser les barrages policiers à pied. La Promenade est tapissée de petits carrés de couleur, visibles uniquement par avion — c’est pour la télé — pour les « 86 anges de la baie qui sont montés au ciel  ».
14 juillet 2017 Nice Promenade AnglaisJ’ai préféré prudemment faire demi-​tour, de peur de m’encastrer dans un « Nice » réduit aux pires embouteillages. J’ai donc assisté à la messe républicaine et sa minute de silence à la télévision, comme tout le monde.

Mais puisqu’on nous dit que le 14 juillet est une fête P O P U L A I R E !

Michel Lebon

2 commentaires

  1. Frédéric Pastorino

    Il me fait marrer le « chef » des armées qui n’entend pas « céder aux pressions catégorielles comme cela s’est fait jusqu’à présent ». Ah, ah, ah !
    Il ne cède pas face à « ceux qui ne sont rien » et qui se font trouer la peau au Mali ou ailleurs (on ne sait pas trop où, du reste), mais il cède sans problème face aux labos pharmaceutiques qui vont récupérer des milliards avec les 11 vaccins obligatoires.
    La bonne blague !

  2. Un spectacle à voir à la télé, oui, la Prom bouclée, dégagez Niçois ! Un cirque parisien pour l’élite parisienne à grands frais. J’aimerais voir la note ! Depuis toujours, je pensais qu’un recueillement pour victimes, c’était une prière dans le silence, depuis Hollande, ils fêtent « ça » par des spectacles. C’est nouveau et je trouve cela immonde.