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Les bonnes et les mauvaises passes

Cédric Herrou écrit de jour en jour le feuilleton de l’été. Il est vrai que le passeur de la Roya, adoubé récemment par José Bové, est le reflet emblématique des discordances et par suite des tensions de notre société.

Le derniers rebondissements de notre misérable chronique estivale sont dans le droit fil de la tragédie qui se déroule à nos portes et en annonce d’autres tellement le sujet est porteur de drames. Herrou le héros de notre scène a décidé de dénoncer les passeurs ! Et de surcroît de se constituer partie civile ! « Une partie civile est une personne demandant à un tribunal pénal l’indemnisation (la réparation) du préjudice qu’elle a subi.  » Le passeur de la Vallée de la Roya estime que d’autres passeurs lui font subir un préjudice. À quel type de préjudice le songe-​creux alpestre fait-​il référence dans la plainte qu’il a déposée au tribunal ? Préjudice financier ? car les passeurs éthiopiens lui font une concurrence déloyale ? Préjudice médiatique ? car ils nuisent à son image de « bon passeur ».

Nous y voilà : il y a des bons et des mauvais passeurs.

• Ou bien l’immigration de masse est « une chance pour la France » et il convient de l’encourager, voire de l’amplifier encore, et alors les passeurs contribuent à cette évolution bénéfique ; pourquoi alors seraient-​ils condamnables ?
• Ou bien les passeurs sont condamnables, et ils sont effectivement condamnés ; c’est donc qu’ils participent à l’immigration clandestine qui est une opération illégale et répréhensible.

Cette hypocrisie de la Bien Pensance conduit notre nation à supporter une schizophrénie qui lui fait perdre ses repères sociétaux. Nous dénonçons régulièrement cette aberration qui nous mène à une société de violence. Dans notre article du 29 mars 2017, Les gentils et les méchants passeurs de la Vallée de la Roya, nous nous posions la question : « Pour le passeur clandestin, c’est retour au pays alors que pour les passés clandestins, c’est “welcome refugees” ! Allez comprendre. »

Jouant de cette incohérence et sur les conseils de ses sponsors, Herrou, le pauvre hère de Breil-​sur-​Roya, ne veut pas quitter son premier rôle de héros : il lui faut montrer que lui est un BON passeur puisqu’il DÉNONCE et fait condamner les MAUVAIS passeurs.

De fait le tribunal correctionnel de Nice confirme cette dichotomie sémantique et légale : le mauvais passeur éthiopien est condamné à huit mois de prison avec maintien en détention, tandis que le paysan paumé peut continuer à faire entrer en masse des immigrés clandestins. L’humanisme de la Justice a toutefois ses limites et n’a pas suivi le bon passeur dans ses revendications au civil en avançant que Cédric Herrou « n’était pas victime dans ce dossier ».

Notre premier rôle a toutefois obtenu ce qu’il voulait : un nouvel article à sa gloire dans toute la presse Bien Pensante. Ainsi donc l’immigration de masse peut continuer. À suivre.

Massimo Luce

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Un commentaire

  1. Visiblement, Herrou est prêt à tout pour éliminer la concurrence. Il est vrai qu’en bon révolutionnaire, la solidarité corporative ça ne doit pas être sa tasse de thé.