Emmanuel Macron Congrès Versailles 3 juillet 2017

Faut-​il être un hyper-président ?

Pierre LanceLe Président de la République subit dans les sondages une chute spectaculaire. On ne saurait s’en étonner, car plus on soulève d’espoirs et plus les déceptions s’alourdissent.
Plusieurs faits expliquent ce brutal désamour et je n’en redonnerai pas la liste, que chacun connaît. Je préfère m’en tenir ici à une analyse globale. Mais je prendrai un exemple représentatif. Au sujet de l’amputation de 5 € par mois de l’APL (Aide personnalisée au logement), le Président Macron aurait déclaré que c’était une « connerie sans nom ». C’est effectivement ce que doivent en penser tous les gens de bon sens, car ce n’est pas une économie aussi ridicule qui peut permettre au gouvernement de redresser les finances nationales et elle est donc inutilement impopulaire. 
Mais alors, qu’est-ce à dire ? Qui a pris cette décision ? Certains prétendent qu’elle n’a pas pu être prise sans l’aval du Président. Je n’en crois pas un mot. Emmanuel Macron ne peut pas tout superviser. Ce n’est qu’un être humain qui a besoin de dormir et de manger comme vous et moi. Et il a choisi, à tort ou à raison, de privilégier la communication ainsi que les relations internationales. Il est donc obligé de « déléguer», comme il est généralement conseillé de le faire à tous les dirigeants importants. On connaît le mot fameux de Charles de Gaulle lorsqu’il avait à prendre des décisions difficiles : « L’Intendance suivra !». Mais l’intendance ne suit pas toujours, ou il lui arrive de suivre cahin-​caha en faisant des sottises. 
On a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy d’avoir voulu être un « hyper-​président», de se mêler de tout et de vouloir tout contrôler. Mais comment faire autrement dans une démocratie du XXIe siècle, où le Chef de l’État est scruté en permanence par toutes les caméras de télévision et où les critiques de presse ne lui pardonnent rien. L’élection d’un Président au suffrage universel a pour corollaire incontournable que l’élu devient responsable de tout, y compris d’une éventuelle « connerie sans nom » de l’un de ses subordonnés. Il est sur le devant de la scène, exposé à toutes les fléchettes et aux jets de tomates trop mûres ou d’œufs pourris. Si Emmanuel Macron ne met pas l’œil et la main à toutes choses, toute erreur commise lui sera imputée. 
Je terminerai sur un autre exemple, qui me tient particulièrement à cœur. La nouvelle ministre de la santé veut imposer 11 vaccins à tous nos bébés. Une énorme vague de protestations contre ce projet insensé, dictatorial et criminel se développe en France depuis la mi-​juin et va exploser à la rentrée. Si le Président Macron n’y met pas le holà et ne recadre pas sa ministre, c’est bien lui qui sera jugé coupable en définitive. Et ses chaussures seront bientôt pleines de cailloux.

Pierre LANCE

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Un commentaire

  1. Obligations vaccinales qui ne sont qu’une vulgaire affaire de gros sous, réduire au lieu d’augmenter le budget des armées — et maintenant avec les incendies on découvre un manque important d’effectifs !!!
    Incompétence des conseillers du chef de l’état ?