Défense cracher parler breton

Langues régionales

Profitons de ce temps de vacances. Certains d’entre vous, amis lecteurs, sont probablement partis en vacances durant cet été, la plupart d’après les statistiques dans un coin de notre jolie France. Notre pays doit son succès touristique en grande partie à la grande variété des paysages et des cultures de ses régions.

Ces régions, qui avant d’être des entités économiques neutres, rassemblaient des populations très souvent d’une même et lointaine origine. Les couples jusqu’au siècle dernier ne se formant la plupart du temps qu’entre un homme et une femme originaires du même « pays », éloigné de quelques kilomètres à peine.

Ce qui unissait également ces populations, c’était leur langue régionale. Ces langues sont parfois appelées « dialectes » ou plus souvent péjorativement « patois ». Certains linguistes telle Henriette Walter se servent indifféremment de ces trois termes.Défense cracher parler bretonDepuis la constitution de 1958, le Français est la seule langue officielle en France, dernier acte du jacobinisme qui régit notre pays. N’oublions pas le célèbre : « Défense de cracher par terre et de parler breton » ou du « C’est chic de parler français » pour les Alsaciens.Chic parler français AlsaceCes langues régionales finissaient donc par disparaître petit à petit, n’étant le plus souvent parlées que par quelques anciens.
Heureusement, dans tous les coins de France, quelques personnes ont eu à cœur de préserver cette richesse. Et un peu partout, on trouve des écrivains, des chanteurs, des poètes, qui écrivent aujourd’hui dans leur langue régionale. Les sites internet ne manquent pas non plus.

La révision constitutionnelle de 2008 à donc bien été obligée de reconnaître que ces langues appartiennent au patrimoine de la France.

Quel que soit le lieu de vos vacances vous trouverez certainement au programme de la région des fêtes « folkloriques », où la langue locale est employée pour des contes ou des chants. Cependant n’oublions pas que Saint Loup disait « Le folklore est la honte d’une ethnie encore vivante mais qui n’ose pas s’affirmer souveraine. » Ainsi, encourager dans toutes les régions les écoles à apprendre aux enfants la langue locale, afin qu’elle soit parlée dans la vie de tous les jours, et non pas seulement en présence des touristes estivaux, serait un bel objectif pour l’Éducation nationale.

Mesdames et Messieurs les députés, faites plaisir à vos régions historiques, osez une autre diversité !

Patrice LEMAÎTRE

Si les langues régionales vous intéressent, quelle que soit votre origine en France, allez faire un tour sur ce site. Vous aurez le plaisir d’y entendre une fable d’Ésope récitée dans toutes les langues régionales parlées en France.

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2 commentaires

  1. Alberto Da Giussano

    Même si cela remonte au moins à Napoléon III … un peu d’Histoire (c’est souvent passionnant !) :
    Les dernières provinces à avoir été rattachées à la République Française (ce fut en 1860 pendant le second Empire de Napoléon III) furent la Savoie et le Comté de Nice (dit aussi Nouvelle-​Provence).
    Des provinces francophones et provençalophones justement limitrophes des pays de langue et de culture italienne et de peuplement nord-​italien.
    Pour avoir une idée sur ce qu’était le domaine des ducs de Savoie, il faut penser à une sorte de Suisse ducale de l’ancien temps dont la partie romande serait devenue française ainsi qu’une partie non encore française de la Provence -votre pays niçois- et la partie de langue italienne … aurait unifié l’Italie.
    À cheval sur les Alpes, elle était, comme la Suisse, constituée de contrées très diverses :
    D’abord les 2/​3 puis 1/​3 (suite à l’échange de la Bresse et du Bugey contre le Marquisat de Saluces) du côté français actuel, où la (les) langue usuelle, hormis le ‘’patois’’ francoprovençal et le provençal niçois avaient toujours été le français pour les gens instruits (et idem côté italien actuel en Val d’Aoste et dans quelques franges frontalières).
    Et 1/​3 puis 2/​3 du côté italien où les gens cultivés avaient l’italien pour langue usuelle … avec les différents dialectes gallo-​italiens.
    Il est à noter que les tentatives de la maison de Savoie pour imposer l’Italien comme langue de culture en Comté de Nice n’ont pas réussi (hormis pour quelques notables), et que finalement la ligne Nice /​Vallée du Paillon (le rocher de Monaco étant l’ultime cap tout au ponant de la Ligurie, juste avant le provençal Comté de Nice) fut la limite occidentale du Français, langue de culture, limite purement théorique au début puisque le Comté de Nice resta fidèle à son Nissard jusqu’à son annexion par la France.
    Puis les ducs de Savoie installèrent leur résidence de Chambéry en Savoie à Turin en Piémont et une sacrée promotion leur fut accordée sous Napoléon III : de ducs de Savoie, ils devinrent, en 1861, rois d’une Italie… qu’il leur restait à unifier.
    En compensation ils avaient donc rétrocédés le comté de Nice et la Savoie propre en 1860 au IIème Empire (redevenu en 1870 République française)… ce qui finalement était assez logique vu que ces pays n’avaient jamais été ni de peuplement, ni de langue et de culture italiennes.
    Pour ce qu’il en est du Val d’Aoste, plus savoyard qu’italien à l’origine, personnellement je ne verrais pas de problème à vous le filer vu les scores minables qu’y fait la Lega Nord (humour).
    http://www.histoire-passy-montblanc.fr/wp-content/uploads/2011/02/Carte_duche_Savoie_1430_Dec_Hist_Savoie_p103_web.jpg

  2. Alberto Da Giussano

    Au fait le Nissard, qui est la langue régionale originelle du comté de Nice, est bien une variante du Provençal (et non de l’Italien),