Transgenre

Un seul « e » vous manque et tout est dépeuplé

Quand il publie son roman La Disparition en 1969, Georges Perec force l’admiration en écrivant ce lipogramme(1). Un texte sans aucun mot contenant la lettre « e ». Voici un extrait de l’exploit :
« Il poussa un profond soupir, s’assit dans son lit, s’appuyant sur son polochon. Il prit un roman, il l’ouvrit, il lut ; mais il n’y saisissait qu’un imbroglio confus, il butait à tout instant sur un mot dont il ignorait la signification  »

Georges Perec n’a certainement pas imaginé écrire un roman avec une telle portée sociétale. Qui plus est en 1969, année symbole, charnière entre le monde d’avant, rétro(grade) et le monde d’aujourd’hui, celui de l’autoproclamée modernité.

Le Français est une langue vivante mais plus pour longtemps. Les forces libérales-​libertaires ont décidé sa mort. Elles appellent à l’écriture inclusive. Après Mozart, c’est Molière qu’on assassine : trop sexiste et réactionnaire. Cette nouvelle lubie doit réformer notre langue en profondeur pour la débarrasser de ses stéréotypes de sexe en s’appuyant sur la croustillante Théorie du genre :
• on féminise les mots masculins trop exclusifs : une professeure, une auteure, une maîtresse-​chienne (je suppose?) Elie Kakou, grand linguiste, a bien dit : « Je suis une être humaine, merde !  »
• la générale n’est plus la femme du général, pas plus que le préfet n’est le mari de la préfette. C’est clair ?
• on doit privilégier les épicènes(2), ces mots neutres, androgynes,« transgenres » utilisables au féminin et au masculin : un ou une enfant, un ou une adulte.
Pour amour, la communauté LGBT pourra toujours ranger ce mot dans la catégorie Bi. Mon amour est masculin, mes amours sont féminines ; étonnant mais pas surprenant, non ?
• quand les mots ne sont pas des épicènes, utiliser la « règle du point milieu » : pour faire apparaître ce point, il faut taper Alt+0183 sur Windows); exemples : les acteur·rice·s, les professionnel·le·s, les effronté·e·s.
• quant à la règle horriblement macho du masculin qui l’emporte sur le féminin, je vous laisse imaginer l’ire des féministes.

Il est temps de remettre de l’ordre dans les genres. Qu’on parle enfin d’une utérus et d’un bite d’amarrage. Pauvres élèves en devenir, la dictée, déjà un exercice périlleux , va devenir un exercice de haute voltige. On grondait les fautes d’usage et de grammaire, il faudra punir aussi les fautes de sexisme.

Tout cela prêterait bien à rire, si ça ne s’inscrivait dans la dégénérescence (mot choisi à souhait par mes soins pour être celui qui contient le plus de « e ») organisée de notre société·e. Les élites mondiales (le N.O.M.) ne veulent plus d’identités culturelles, mais un homo-​consommateur-​universalisé-​métissé-​asexué, déracine et déboussolé, malléable et corvéable.

L’écriture inclusive est une offensive idéologique visant à déconstruire méthodiquement tous les repères les plus fondateurs de notre société. Dans le droit fil de la Théorie du genre, des féministes ou du lobby LGBT.
Affiche Christine Boutinthéorie genre
Cette écriture stupide constitue une étape de la destruction de notre langue. Cette entreprise de démolition est déjà très avancée : Langage SMS, émoticônes 🚻, verlan, anglicismes et autres LOL et MDR. L’écriture inclusive compte de nombreux soutiens à l’université, dans les médias asservis, jusqu’au sommet de l’État via, par exemple, le Haut Conseil à l’Égalité

Cette attaque en règle de notre langue rappelle la novlangue décrite par George Orwell dans 1984, où un État imaginaire remodèle le langage selon une logique totalitaire(3). L’écriture inclusive vise à investir tous les aspects de la vie sociale, sans exception, et à y imposer son idéologie délirante. En attaquant ainsi notre langue, les forces « progressistes » ouvrent un nouveau front dans leur guerre contre la France. Face à cet anéantissement programmé de notre patrimoine linguistique et littéraire, les Français doivent se mobiliser et faire circuler : faire échec à l’écriture « inclusive » est une bataille culturelle essentielle

L’écriture inclusive est un crime contre la langue française. Donc contre l’humanité, puisqu’il parait que nous éclairons le monde. 

Opposons-​nous à l’inclusion, anticonstitutionnalisons tous l’assassinat ! Aurait écrit Perec, sans « e ».
🙂

Michel Lebon

(1) [lipɔgʀam]. Étymol. et Hist. 1. 1620 adj. (S. Certon, Vers leipogrammes et autres œuvres en poesie); 2. 1726 subst. lipogramme (Le spectateur ou la Socrate moderne, I, p. 318 cité par Henschel ds Fr. mod. t. 37, p. 120). Du gr. λ ι π ο γ ρ α ́ μ μ α τ ο ς « à qui il manque une lettre » de λ ε ι ́ π ε ι ν « laisser » et γ ρ α ́ μ μ α « lettre » avec simplification de forme p. anal. avec les autres mots en -gramme.
(2) Prononc. et Orth. : [episεn]. Ds Ac. 1762–1932. Étymol. et Hist. 1464 gramm. epichene « qui est commun au genre masculin et féminin » (Lagadeuc, Cathol., Quimp. ds Gdf. Compl.). Empr. au lat. class.epicoenus « épicène », gr. ε ̓ π ι ́ κ ο ι ν ο ς « possédé en commun, épicène ».
(3) Lire à ce propos dans nos colonnes : Le contrôle de la pensée par le contrôle des mots du 12 mars 2015.

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