Nounours Nice Promenade Anglais

Le temps des pleutres et l’espérance d’un sursaut

Nounours Nice Promenade Anglais
Quand comprendrons-​nous que bouquets, nounours et mots d’amour n’arrêteront pas les fanatiques « coranisés » et même, hélas, les encouragent car ils n’ont en face d’eux que des citoyens moralement désarmés ?

Cet été, Nice a commémoré le triste anniversaire d’un 14 juillet sanglant qui fit 86 morts et 430 blessés. Il est nécessaire de rappeler ce bilan, tant la mémoire collective paraît s’abolir sous l’ensevelissement des fleurs, des peluches et d’innombrables papiers et cartons portant des mots de paix, de douceur et de pardon : la riposte « humaniste » au message mortel des tueurs. On conviendra, à moins d’être totalement imbécile (mais, hélas, il y en a bien plus qu’on imagine), que ce type de riposte n’est pas de nature à arrêter l’islamiste enragé dont les circonvolutions cérébrales tracent les méandres de la formule désormais clamée comme une menace mortelle.

Allahou Akbar
Allahu Akbar, le slogan rituel des « déséquilibrés mentaux » au moment de leur forfait.

Le 3 juin une bombe explosait à Manchester, le 20 juin à Bruxelles, le 18 juillet un poignard djihadiste frappait à Hambourg et le 9 août une voiture fonçait sur nos militaires à Levallois-​Perret tandis que le 17 août, à Barcelone, un groupe d’écraseurs tentait de réitérer l’horreur de Nice. Quelques heures plus tard, toujours en Catalogne, un second véhicule piloté par des hallucinés de Daesh prenait des passants pour cible. Le 18 août une autre lame islamiste assassinait et blessait grièvement à Turku, en Finlande. Puis vint la Russie. Et ce vendredi 15 septembre c’était un engin incendiaire dans le métro londonien tandis qu’au Châtelet, hurlant sa haine des « mécréants » en brandissant un couteau, un individu agressait des militaires. Je m’arrête là, mais il y a tous les jours en France et ailleurs des exactions résultant d’individus déterminés à imposer la Charia par la violence en attendant les cimeterres des Mameluks. Invariablement, le contre–bruit des cris d’horreur et de colère se manifestait avec des formules répétées à satiété par les autorités, la presse et la Bien Pensance politique : « Attention, pas d’amalgame », « Refusons la stigmatisation » et, surtout, « Sauvons le vivre ensemble » qui se refusent à voir dans ces attentats une dimension religieuse.

Coudenhove-Kalergi manifeste paneuropéen
Pour Coudenhove-​Kalergi – comme pour Sarkozy(1) et bien d’autres actuellement dans les hautes instances de l’État – l’avenir de l’Europe, c’est le métissage. Rien d’étonnant, la mère de Coudenhove-​Kalergi était japonaise et son père appartenait à l’aristocratie autrichienne.

Ce déni de réalité oblige, une fois encore, à se poser la question concernant la grande armée des « humanistes » : mais que veulent-​ils réellement ? Sont-​ils aveuglés par l’effarante utopie d’un « sans-​frontièrisme » inconditionnel ? Et, de la sorte, pris d’un élan pulsionnel qui les pousse à tenter par tous les moyens d’éradiquer l’identité ethnoculturelle européenne ? Lors du dernier défilé syndical, on a entendu crier « Nique la France » (selon le souhait d’une députée « Insoumise ») et, de façon plus inquiétante encore, « Le Grand Remplacement, c’est maintenant ! ». Ou bien, (faut-​il le redire une fois de plus) ces vociférateurs constituent-​ils « les idiots utiles » (merci à Lénine pour cette formule plus que jamais d’actualité) d’un projet patiemment élaboré destiné à « génocider » tous les peuples dans un melting pot mondialisé. Projet dément qui, pour les personnes l’ignorant encore, fut celui d’un certain Coudenhove-​Kalergi (1894–1972) dont le buste, trônant au Parlement européen de Strasbourg, témoigne de la dévotion que nos actuels politiciens européistes lui vouent. Pour la petite histoire, l’emblème du mouvement lancé par ce personnage est un dérivé de la « roue solaire », signe apparu au néolithique. On pourrait aussi y reconnaître l’auréole du Christ qui, durant tout le Moyen Âge, se distinguait de celles des autres saints personnages par une croix. Un exemple significatif du détournement des symboles. Nous pourrions en dire autant du drapeau européen et ne manquerons d’y revenir.

Herman Van Rompuy pan-europäische Bewegung
Herman, comte Van Rompuy, premier président du Conseil européen et du sommet de la zone euro, à la tribune de la Fondation Kalergi. Derrière lui, on voit la récupération de la roue solaire placée au milieu du drapeau européen.

Si un tel projet existe et tout porte à croire que nous ne sommes pas en présence d’un fantasme de conspirationnistes (la photo de Van Rompuy ou les paroles publiques de Sarkozy(2) l’attestent suffisamment), alors on comprend l’enragement de certaines personnes déterminées à nuire par tous les moyens à notre spécificité française. Il y a quelques jours, monsieur Pierre Gattaz, le bien connu patron des patrons, a, selon l’agence Ecofin, déclaré ce qui suit à propos de la coopération avec l’Afrique : « Notre force pour l’avenir, c’est le métissage et la coconstruction ». Grand(s) dieu(x), en quoi le métissage est-​il indispensable pour une entente technique et commerciale avec les peuples africains ? Demandons-​nous si une souhaitable synergie avec le continent noir ne servirait pas de prétexte à promouvoir le brassage des ethnies. Un exemple parmi d’innombrables autres conférant le sentiment qu’on installe sournoisement dans nos esprits le principe de l’inexorabilité d’un avenir métis.

Pierre Gattaz MEDEF
Pierre Gattaz, arborant le sourire charmeur de celui qui prépare un tour pendable, semble dire : « Que ça vous plaise ou non, votre futur sera métissé », mais pas forcément celui de sa lignée.

En rédigeant un livre courageux et cause de quelques remous au sein du corps enseignant, monsieur Bernard Ravet, qui exerça les fonctions de principal pendant 15 ans dans, je le cite, « trois des collèges marseillais les plus difficiles », évoque la montée en puissance du fanatisme islamiste. Par son témoignage écrit, il souhaite ardemment, je cite encore, « en finir avec la loi du silence qui pèse sur l’impact du religieux dans certains établissements ». Et ce, car personne n’ose bouger dès lors que, dernière citation, règne la « peur d’être accusé d’islamophobie et de racisme rampant ». Et, pire encore, en Grande-​Bretagne, une députée (ex) Parti Travailliste a exhorté des dizaines de jeunes filles brutalisées et violées (dans la sordide affaire de Roterham) à « la fermer pour le bien de la diversité ». Elle se nomme Naseem Shah. Ses inqualifiables propos, on l’aura compris, témoignent d’une évidente solidarité ethnico-​religieuse. Cette sacro-​sainte « diversité », dont nombre de peuples européens se passeraient volontiers, nécessite donc de faire l’impasse sur tout événement qui la remettrait en cause. Au point que les médias ont réussi l’exploit, suite à l’attentat de Barcelone ou même lors de la commémoration du 14 juillet niçois, à remplacer systématiquement le mot « islamiste » par « terroriste ». Et, dans le même souci d’éviter le moindre commencement d’ « amalgame », un membre éminent – devinez lequel ? – du gouvernement nous assure que la plupart des assassins, hurlant « Allahu Akbar » avant de commettre leur forfait, ne sont en réalité que des « déséquilibrés ». J’ignorais qu’on lût autant le Coran dans les asiles psychiatriques.

Cet état de pleutrerie généralisée conduisant à une agonie sociétale me rappelle un ouvrage, hélas bien oublié, à ranger à côté du Camp des Saints de Jean Raspail, et du Rivage des Syrtes de Julien Gracq auquel un article a été consacré dans cette rubrique(3). Il s’agit d’un roman d’anticipation politique intitulé Histoire de quatre ans et publié en 1903. Certes, c’est loin, mais, comme on va le voir, l’auteur s’est révélé singulièrement prophète.

Daniel Halévy
Daniel Halévy

Un auteur qui se nomme Daniel Halévy et, vu son cursus, il serait quelque peu malséant, venant de la Bien Pensance, de me faire grief d’un tel choix.

Né en 1872 (et décédé en 1962) ce fils de Ludovic Halévy, académicien et, avec son compère Henri Meilhac, librettiste de Jacques Offenbach, fut un « dreyfusard » convaincu et un grand sympathisant du mouvement socialiste. Du reste, c’est lui que remerciera Georges Sorel dans sa préface de Réflexions sur la Violence. On lui doit des études sur Pierre-​Joseph Proudhon, Frédéric Nietzsche, Charles Péguy et, en 1901, un Essai sur le mouvement ouvrier en France.

Daniel Halévy Europe brisée Daniel Halévy Nietzsche
Deux ouvrages d’Halévy témoignant de son sentiment d’Européen et de sa profonde admiration pour Nietzsche.

Deux ans plus tard paraît Histoire de quatre ans, période qui, pour l’auteur, va de 1997 à 2001. Il imagine une France et une Europe sombrant dans une décadence accélérée.

Daniel Halévy_Histoire Quatre Ans 1997-2001
L’ouvrage ressorti en 1997 (l’année cruciale choisie 94 ans plus tôt par l’auteur), aux Éditions Kimé, Collection Détours littéraires

Dans le récit, suite au fait que, par une substance miracle, l’alimentation est ramenée à un prix dérisoire, le temps de travail se retrouve considérablement raccourci et on ne tarde pas à assister à une décomposition de la société européenne qui s’installe dans la paresse. Une élite se qualifiant de « socialiste libertaire » s’efforce de suppléer aux carences de l’état mais son influence est nulle. En effet, les individus s’entassent pour assister à des spectacles rivalisant de vulgarité et de violence. L’alcoolisme se généralise, ouvrant le champ libre à l’usage de stupéfiants (opium et morphine). Enfin, pour parachever un abrutissement généralisé, intervient un délire pornographique se mixant avec une nouvelle drogue aux effets mortels. Espérés par Halévy, les « socialistes » idéaux prennent en main le sauvetage de ce qui reste d’individus conscients du désastre et déterminés à refonder un monde loin des villes en plein chaos. Il s’agit essentiellement de jeunes gens courageux formés dans les syndicats ouvriers. À leur tête, un homme énergique, aussi savant que sage, Vincent Tilliez, dirige le « Collège des Hautes Études Scientifiques ». Comme l’a écrit justement Monsieur Raymond Trousson (1936–2013)(4) dans une étude consacrée à ce roman : Le syndicalisme révolutionnaire rêvé par Halévy, « est donc un syndicalisme, non de masse, mais d’élites, qui rejette comme chez Proudhon, les manœuvres électoralistes et le rôle de l’appareil d’État »(5). Pour Daniel Halévy, en 1903, comme pour Ernst Jünger(6) en 1932, le travailleur, ouvrier ou paysan, pétri d’efforts et de sacrifices, apparaît comme le possible rédempteur d’un monde en décadence.

Ouvriers 1909
Un cortège syndical en 1909. Sous les casquettes des prolétaires, rien d’autre que des visages de « Français de souche », selon une expression désormais jugée malséante. Il est bien évident que c’est à de tels gaillards que songe Halévy pour sauver la nation.

Puis, selon le récit, surgit un virus inconnu qui, dramatiquement, outrepasse les défenses immunitaires (et là, Halévy est vraiment visionnaire) et cause d’énormes ravages. Fléau supplémentaire, on assiste à un réveil de l’islam (autre annonce prophétique) dont les hordes fanatisées se lancent à l’assaut de l’Europe. Raymond Trousson cite un passage capital dans lequel Tilliez s’écrie : « Hélas, ils n’étaient plus, les Doriens de Timoléon, les légionnaires de Scipion, les Gaulois de César, les Francs de Théodose, les Côtes-​de-​fer de Cromwell, les Suédois de Gustave-​Adolphe, les grognards de Napoléon : l’Occident avait perdu ses hommes. »(7)

Mais, loin de désespérer, le « Collège » impose aux survivants des mesures drastiques de sauvegarde et de réorganisation. Puis, dans ce qui ressemble à une Fédération européenne, les nations (ou plutôt leurs éléments les plus solides) de notre continent s’unissent pour leur survie et travaillent intensément à une reconquête victorieuse dont Tilliez ne doute pas : « Je crois que nous vaincrons », dit-​il, « Nous, je veux dire l’élite humaine, les races qui savent raisonner et coordonner, les races morales »(8). D’où cette réflexion d’un partisan de Tilliez : « Pour moi, l’idéal ce n’est pas l’égalité, c’est la supériorité (…) La liberté d’un sot produit des sottises, celle d’un fort produit de la force ; et l’idéal, c’est cela : plus de force et de conscience »(9). Des paroles à méditer devant l’orage sociétal qui s’annonce en France et en Europe.

En attendant, rassurons-​nous, l’ « humanisme » nous guide. Pour preuve, le fait que les conditions de détention de Salah Abdeslam ont été améliorées car, ainsi qu’on a pu le lire dans les colonnes du Figaro il y a quelques jours, le responsable de la tuerie du 13 novembre 2015 à Paris « montre des signes de paranoïa, prostration, irritabilité… » Oh le malheureux !… Après hésitation entre le grotesque et le tragique, la France finit par opter pour les deux.

Winston Churchill nous avait prévenus : « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre ». Ne recommençons pas ! Rappelons nous que c’est le « N’ayez pas peur ! » du pape Jean-​Paul II, lancé le 22 octo­bre 1978 place Saint-​Pierre, qui a conduit les Polonais à se sortir de la férule communiste. N’ayons pas peur !

P.G.-S

(1) Cf., dans cette même rubrique, l’article du 14 décembre 2016 intitulé Le melting pot et le saint Graal .
(2) Même chose qu’à la note (1).
(3) Cf., même rubrique, l’article du 2 octobre 2016 intitulé Du narguilé au Farghestan.
(4) De l’Académie royale de langue et littérature française de Belgique. 
(5) (1895–1998) dans son ouvrage intitulé Le Travailleur, Éditions Christian Bourgois, Paris, 1989.
(6) Dans sa remarquable étude intitulée Daniel Halévy et l’Histoire de quatre ans.
(7) P. 88.
(8) Ibid., p. 140.
(9) Ibid., p. 117.

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Un commentaire

  1. Ceux qui connaissent bien ce genre de personnages savent qu’ils sont comme les chiens qui mordent la main qui les caresse, et qui lèchent la main qui les frappe.