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Catalogne, le choix de Sophie

C’est toujours le même processus. Les petites structures s’agglomèrent pour soi-​disant optimiser et mutualiser leur puissance. En tout cas, dans un premier temps, c’est vendu pour ça. Il en est ainsi à tous les échelons de l’organisation des sociétés. Agglomérations de communes où les grandes avalent les petites. Fédérations de départements en régions. Puis de régions (Länder) en État comme l’Allemagne. Puis d’États en super-​nations comme les USA, la Russie ou le projet de l’Europe. Idem dans le business pour les grands groupes internationaux qui absorbent tous les petits, écrasant ainsi toute forme de concurrence, mais surtout écrasant les petits au passage. C’est ainsi, les grands bouffent les petits, pour leur bien, toujours, avec pour unique projet : leur faire miroiter de partager une part d’une immense gâteau. 

Seulement voilà, ça ne fonctionne jamais. L’homme a l’instinct grégaire mais pas avec n’importe qui et n’importe comment.
« On dort les uns contre les autres
On vit, les uns avec les autres 
On se caresse, on se cajole 
On se comprend, on se console 
Mais au bout du compte 
On se rend compte 
Qu’on est toujours tout seul au monde  » 

L’union fait la force jusqu’à un certain point car toutes ces méga-​structures engendrent des bureaucraties qui finissent toujours par prendre le pouvoir : fonctionnaires d’État ou de la fonction territoriale, permanents des partis ou des syndicats, enseignants qui n’enseignent plus, généraux qui ne font plus la guerre, même l’Église se bureaucratise avec son clergé. Avec le temps toutes ces grandes structures deviennent des mammouths. Pas que l’Éducation nationale ! Les grands groupes industriels également. Devenues ingérables, toutes ces rainettes qui voulaient devenir plus grosses que le bœuf explosent. Le vivre-​ensemble à marche forcée, qu’il soit sociétal, politique, économique, racial, culturel, etc., est une douce utopie internationaliste, successivement chrétienne, marxiste et à présent libérale. Pour s’assembler, il faut se ressembler, point. C’est aussi vieux que le monde. Le vivre-​ensemble à la mode moderne et progressiste, c’est l’alliance improbable de la carpe et du lapin, la cacophonie de la tour de Babel. Tiens, déjà !

Après la collection des ex, ex-​URSS, ex-​Yougoslavie, ex-​Tchécoslovaquie etc., voilà maintenant la Catalogne qui veut divorcer, devenir l’ex de l’Espagne. Pas par consentement mutuel, elle seule le réclame. Garder le domicile conjugal, sa résidence secondaire aux Baléares, mais surtout continuer de recevoir la pension alimentaire Europa. Enfin, obtenir des prestations compensatoires de l’Espagne pour entretenir ses autoroutes et autres infrastructures à vocation internationale.

En somme, la Catalogne veut être une sorte d’Andorre bis, pays folklorique à l’allure d’un grand centre commercial de la détaxe avec ses deux coprinces fantoches : l’évêque d’Urgell et le président de la République française. La Catalogne veut se débarrasser des touristes envahissants, mais accueillir le beur et l’argent du beur. Bénéficier de la protection d’une armée sans avoir à la payer. Rouler dans des belles bagnoles sans avoir à les fabriquer. Malin, le Catalan.
Catalogne et Kosovo, même combat ? La Catalogne va être un Kosovo bis. Une enclave balkanique en péninsule ibérique. Le Catalan veut pouvoir accueillir les réfugiés musulmans, s’ouvrir au monde, mais revendique d’être identitaire. Il veut être européen mais pas espagnol. Comprenne qui pourra.

Et Perpignan dans tout ça ? que Salvador Dali avait choisi comme « centre du monde», plaque tournante de son univers délirant. Va-​t-​elle contester à Barcelone le titre de capitale catalane.

Et Céret, proclamée « Mecque du Cubisme », …où vinrent s’installer Picasso et Soutine. Va-​t-​elle contester à La Mecque d’être le premier lieu de pèlerinage ?

À quand la grande Catalogne enfin réunifiée de « Dunkerque à Tamanrasset » ? comme de Gaulle l’eût rêvée.

Voyons les choses du bon côté. Au moins pour les adversaires de l’Europe de la finance, cette union européenne contre nature, rejetée par référendum par les Français, mais aussitôt refourguée par Sarkozy, est en train d’imploser. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle pour beaucoup d’entre nous.

La déesse Europa a du plomb dans l’aile.
• 1950 : famille nucléaire de 6 enfants sur l’acte de naissance. 
• 1973 à 9, et dans sa course effrénée pour finir 
• famille nombreuse à 28 en 2013. 
La famille nucléaire sera bientôt atomisée. 

Le Nouvel Ordre Mondial, aux manettes, se frotte les mains. Brexit, Écosse, ça se fissure de tous les côtés. Les États se disloquent pour son plus grand bonheur.

Les régionalistes identitaires se frottent aussi les mains. Les Bretons, les Basques, les Corses comptent les points. Les Savoyards aussi. Tous commencent à rêver. 

La Catalogne, c’est Le choix de Sophie, dilemme tragique et insoutenable entre deux horreurs. Qui sera le dindon de la farce ? Il y a aussi des lendemains qui déchantent. À suivre.

Michel Lebon

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