Troupeau moutons

La sélection naturelle fonctionne-​t-​elle toujours ?

Pierre LanceToutes les formes de vie apparues sur la Terre, depuis les plus infimes, ont évolué au fil des millénaires vers les plus élaborées et les plus complexes, jusqu’à l’être humain, l’espèce la plus performante, du moins jusqu’à nouvel ordre.
Cette évolution s’est déroulée selon le principe de la sélection naturelle théorisé par Charles Darwin, que son précurseur français Jean-​Baptiste Lamarck nommait le « transformisme », en insistant sur le rôle de la volonté individuelle de chaque être vivant. Darwin l’avait admise, mais les darwinistes la négligèrent, se focalisant sur la survivance et la reproduction du plus apte par la sélection naturelle, qui, certes, est nécessaire, mais non point suffisante. La sélection naturelle a continué de jouer à plein durant toute la période préhistorique de l’humanité. Puis sont apparues des formes de solidarité claniques, tribales, ethniques constituant peu à peu les prémices des premières civilisations. Car la civilisation n’est pas seulement, comme on est souvent tenté de le croire, caractérisée par le progrès scientifique, technique, industriel et artistique, mais aussi par le développement de la solidarité entre les humains, laquelle, si elle est menée à l’excès, peut déboucher sur le communautarisme, le collectivisme, le socialisme, le communisme, qui sont par eux-​mêmes destructeurs de civilisation, parce qu’ils finissent par écraser la liberté individuelle au nom du bien commun. Or, là où la liberté individuelle est étouffée, il n’y a plus de créativité, d’inventivité, de recherche autonome et la civilisation entre en décadence.

Jean-Baptiste Lamarck

Charles Darwin Karl Marx Nietzsche
Jean-​Baptiste Lamarck Charles Darwin Karl Marx Friedrich Nietzsche

Karl Marx avait donné cette exacte définition : « Le communisme, c’est l’appropriation collective des moyens de production. » Il n’oubliait qu’une chose : le tout premier des moyens de production, c’est l’être humain lui-​même. Tous les outils et toutes les machines sortent de ses mains. Et comme disait fort bien le philosophe Alain : « L’avion est tiré à bras ». D’où il résulte que la définition de Marx revient à ceci : « Le communisme, c’est l’appropriation collective de l’individu. » Autrement dit l’esclavage, comme tous les régimes communistes l’ont parfaitement démontré.
Mais faut-​il pour autant condamner la solidarité, dès lors qu’elle n’entrave pas exagérément la liberté individuelle ? Pour répondre correctement à cette question, il convient de garder présent à l’esprit que l’objectif premier de la solidarité est de faire échec à la sélection naturelle, dont l’indéniable cruauté aboutit de toute éternité à favoriser les forts et à éliminer les faibles. C’est pourquoi le christianisme peut être considéré comme la première grande tentative historique de mise en échec de la sélection naturelle, et c’est sans doute ce constat qui avait fait dire à Nietzsche : « Le christianisme est la plus grande calamité de l’Histoire. » Bien entendu, en écrivant cela, il ne pensait pas à la petite histoire de nos sociétés et de nos nations, mais à la grande Histoire multimillénaire de toutes les espèces planétaires incluant l’espèce humaine, car c’est à ce niveau que le philosophe analysait les conséquences de nos doctrines et de nos idéologies.
En effet, la grande question qui s’est toujours posée à homo sapiens est celle-​ci : Puisque je suis le dernier produit de la sélection naturelle, comment puis-​je me dérober à ses sanctions sans aboutir à scier la branche sur laquelle je suis assis ?
Toutefois, lorsque l’on dit que la sélection naturelle favorise les forts et élimine les faibles, il faut bien retenir qu’il ne s’agit pas seulement, ni même essentiellement, de force ou de faiblesse physiques, mais surtout, notamment au sein de l’humanité, de force ou de faiblesse dites « de caractère », c’est-à-dire mentales, nerveuses, psychiques. Or, il apparaît clairement que la civilisation moderne, lorsqu’elle développe exagérément la solidarité, multiplie à l’envi le nombre des « faibles », tandis qu’elle surcharge et épuise les « forts », ce qui la conduit vers la décadence et, à long terme, met en danger la survie même de l’espèce.
Vous allez peut-​être penser que je suis trop pessimiste ? Détrompez-​vous, car même si l’humanité « socialisante » va traverser de grandes vicissitudes, je suis sûr que la sélection naturelle reprendra ses droits tôt ou tard. En vérité, elle est déjà en train de les reprendre. Par exemple : un Français sur trois est fumeur, il mourra avant les autres ; un Français sur neuf est alcoolique, il mourra avant les autres ; un Français sur quatre est accro aux psychotropes, il mourra avant les autres, etc. Et je ne vous parle pas de ces jeunes qui abusent des portables, des écrans, des musiques trop fortes en s’abîmant les yeux, les oreilles et le cerveau et donc mourront avant les autres, inéluctablement… Les irresponsables encombrent les places publiques ? C’est vrai ! Mais pas de panique ! Les intelligents, les rationnels et les consciencieux garderont la main et construiront l’avenir de l’espèce. Il suffit d’en être…

Pierre LANCE

Un commentaire

  1. Marie Clairefontaine

    « les intelligents, les rationnels et les consciencieux » Et les courageux ? Que faites-​vous des courageux ? Ce sont bien eux qui permettent aux civilisations d’avancer et de rebondir.
    C’est bien ce qu’il nous faudrait maintenant : des COURAGEUX ! Autrement dit des HÉROS !
    Civilisation en péril cherche HÉROS, désespérément.

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