Le Luc en Provence : non aux émigrés clandestins imposés par l’État

Le 25 octobre dernier, à l’occasion d’une réunion en préfecture du Var, le Préfet Jean-​Luc Videlaine a informé Pascal Verelle, maire du Luc en Provence, que les services de l’État réfléchissaient actuellement à l’installation d’un centre d’accueil pour émigrés clandestins dans sa commune. Il s’agirait d’une trentaine de personnes, dont aucune des caractéristiques ne sont connues actuellement. Ces « migrants », comme on les nomme abusivement, devraient être installés dans le foyer API, aux Retrâches, à proximité de la cité HLM « Les Vignes ».

Voici la réaction du maire Pascal Verelle à cette décision :

Naturellement, je suis résolument contre cette installation, et ce pour plusieurs raisons.

Dès le 27 octobre, j’ai fait parvenir une lettre au Préfet du Var, l’informant de mon refus. Le 31 octobre, j’ai également alerté par courrier, Madame le Sénateur, Claudine Kauffmann, Madame le Député, Sereine Mauborgne, ainsi que le Président de la communauté de communes, Jean-​Luc Longour, afin qu’ils me soutiennent dans ma démarche.

L’arrivée de « migrants », qui ne sont en réalité que des clandestins entrés illégalement dans l’espace Schengen, fait peser un certain nombre de risques pour Le Luc en Provence, et c’est la raison pour laquelle je m’y oppose fermement.

Risque économique : L’immeuble prévu pour accueillir les « migrants » se situe à proximité de la zone des Retrâches, un des poumons économiques de la ville. Ce quartier comporte également une école à quelques centaines de mètres, ainsi que plusieurs lotissements de villas individuelles. Le risque que les commerces soient délaissés est fort, ce qui serait particulièrement nuisible pour la commune. C’est le cas pour la ville de Calais, qui a été particulièrement affectée par la « jungle », avec des pertes de bénéfices pour le port, ainsi que des dépenses de plusieurs millions d’euros pour la commune elle-​même.

Par ailleurs, plusieurs terrains communaux situés à proximité du foyer ont été cédés ou sont en cours de cession à des investisseurs pour divers projets, certains concernent de futurs commerces, d’autres de futurs logements. L’annonce de l’arrivée de migrants pourrait stopper net ces programmes et mettre ainsi à mal la dynamique qu’ils auraient pu insuffler. De façon plus générale, elle pourrait freiner l’ensemble des entrepreneurs qui souhaiteraient investir au Luc en Provence.

L’arrivée de migrants pourrait également mettre un terme à la croissance démographique que connaît la ville depuis plusieurs années, qui dynamise le marché de l’immobilier. Ce qui engendrerait des pertes importantes directes pour la municipalité : impôts fonciers ; taxe d’habitation ; consommation locale… A l’heure où les collectivités sont asphyxiées, et dans la situation particulièrement délicate que nous connaissons localement, ce serait un véritable suicide.

Risque social : Les populations que nous aurons à accueillir proviendront certainement du Moyen-​Orient ou de la Corne de l’Afrique. Le foyer qui les accueillera est mitoyen de la cité HLM « Les Vignes », à forte composante maghrébine. Des « affrontements ethniques » ne sont pas à exclure, au vu de ce que nous avons pu observer dans d’autres centres d’accueil, notamment en Allemagne et à Calais.

Le foyer, propriété de Var Habitat, faisait l’objet d’une étude afin d’être démoli. En effet, ce bâtiment vieillissant, qui comporte des lieux de vie communs, devait être reconstruit, et comportait une trentaine de petits studios, qui auraient pu être loués à des familles défavorisées. Cette opération se voit donc plus que compromise. Encore une fois, l’État fait passer les autres avant les Français, ce qui est purement scandaleux. Nous avons des dizaines de familles qui attendent un logement social au Luc en Provence, mais on donne la priorité aux clandestins.

Risque sécuritaire : Sans vouloir préjuger de la capacité et de la volonté d’intégration de ces « migrants », nous sommes en droit de nous interroger quant à divers troubles à l’ordre public. La brigade de gendarmerie du Luc en Provence, située à quelques centaines de mètres du futur foyer, est déjà en sous-​effectifs, et ne peut répondre aux nombreuses demandes des administrés lucois. La police municipale, n’étant pas encore armée, et devant elle aussi répondre à d’innombrables sollicitations quotidiennes, n’est clairement pas en mesure d’assurer l’ordre en cas de dérives. Sans effectifs supplémentaires, policiers nationaux, gendarmes, ou compagnies républicaines de sécurité, l’installation de migrants fait peser un risque certain sur la sécurité publique au Luc en Provence.

En conclusion, cette décision est irresponsable ! Le Luc est une ville déjà fortement impactée par le chômage, et la pauvreté. Le taux de chômage est supérieur à celui de la moyenne nationale, et les revenus des ménages lucois demeurent parmi les plus bas du département du Var.

Depuis notre élection en 2014, nous travaillons chaque jour à l’amélioration et au développement de la ville. Nous nous démenons afin de trouver des entreprises qui veuillent s’installer et investir au Luc en Provence. Nous tentons, coûte que coûte, de maintenir l’investissement public malgré le désengagement de l’État. À peine sortons nous la tête de l’eau que l’État cherche à nous couler !

Je demande donc à l’État de revoir cette décision, sous peine de condamner une ville tout entière, et ses habitants, à une dégradation certaine de leur cadre de vie. Comme je l’ai indiqué dans toutes mes lettres aux divers élus et autorités, je me tiens à leur entière disposition.

Pascal Verelle, maire du Luc en Provence

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Un commentaire

  1. Bel exemple de courage et de lucidité.