Code honneur

Et le code d’honneur ?

Nice-Matin 1er décembre 2017 licenciement MacDo 2 eurosLa une d’aujourd’hui de notre grand quotidien régional convenu est consacrée à une personne licenciée pour 2 €.

La démarche de notre confrère ne peut qu’interpeller les lecteurs qui se posent les bonnes questions.

L’article en page intérieure présente la seule version des faits de l’employé licencié. On y apprend qu’il est employé du MacDo de Nice TNL depuis plus de 10 ans et qu’une série de circonstances malheureuses ont conduit son employeur à croire qu’il mangeait un sandwich qu’il n’avait pas payé. Cette faute justifie le licenciement, selon l’employé lui-​même. Mais celui-​ci considère qu’il a été abusivement licencié au motif qu’il a effectivement payé son sandwich.

Notre propos n’est pas ici de prendre parti pour l’un ou pour l’autre car nous ne connaissons pas les faits, pas plus du reste que Nice Matin qui ne présente que la version de l’employé. C’est le tribunal qui en jugera.

Donc la question n’est pas de savoir si cet employé est licencié pour 2 € mais s’il a payé ou pas son sandwich. La question à se poser est de déterminer s’il a transgressé la règle ou pas.

Et si Moustapha Debza avait pris un « Grand Big Mac » à 5€90 ? Il aurait alors été licencié pour 5€90(1)? Quid d’une caisse de MacDo ? Qui vole un œuf, vole un bœuf, nous enseigne la sagesse populaire rappelée dans le timbre poste ci-​dessus. Mais que vaut la sagesse populaire par nos temps de modernité conquérante ?

Prendre le sujet par ce seul côté quantitatif, quel qu’en soit le montant, est donc une mauvaise approche. La bonne approche, c’est de s’interroger si l’employé a failli à ses obligations ou pas ? Le montant n’a rien à y voir. Du reste telle sera l’approche du tribunal car j’imagine que l’employé contestera la décision de son employeur auprès de la juridiction prudhommale.

Il serait temps que notre perception du monde se dégage du « Règne de la Quantité »(2) et revienne aux fondamentaux, c’est-à-dire à la morale. Notre société marchande a tout quantifié, même le mensonge ou la trahison. Nietzsche nous avertit avec l’une de ses formules fulgurantes : « Ce qui me gêne, ce n’est pas tant que tu m’as menti, c’est que dorénavant je ne pourrai plus te croire ». Rappelons nous de Cahuzac, qui après avoir juré n’avoir jamais eu de compte en Suisse, s’est défendu en arguant qu’il n’y avait déposé « que » 600 000 €. La bonne blague ! Le problème n’est pas que Cahuzac n’a déposé en Suisse que 600 000 €, le problème est qu’il a transgressé les lois qu’il était lui-​même sensé faire respecter. Dorénavant, monsieur Cahuzac, quoi que vous disiez, nous ne vous croirons pas. Et ceci est vrai pour toute la classe politique, de nos circonscriptions jusqu’au plus haut niveau de l’État. Dorénavant nous ne vous croyons plus.

Il est temps que tous nos responsables, politiques, médiatiques, économiques, respectent un code d’honneur sans lequel le lien social est vicié. Le lien social ne peut fonctionner qu’en s’appuyant sur la confiance partagée. Le peuple est tenu à la vérité tandis que les élites s’en affranchissent. Forcément les dés sont pipés. Ceci est vrai à tous les niveaux, en commençant par le couple et la famille. C’est le « Je t’aime moi non plus » de Serge Gainsbourg.Code honneurLe code d’honneur produit les sociétés les plus nobles et les plus pérennes : citons la chevalerie, la légion étrangère et certaines troupes d’élite, la fonction publique du début du XXe siècle, le peuple corse et certaines régions provençales où il perdure. Mais l’adoration du Veau d’Or parvient dans la durée à détruire toutes les sociétés. C’est ce que nous vivons avec la gangrène de la dictature marchande qui régit le monde occidental.

Dominique Venner avait parfaitement analysé ces dérives et indiquait la voie pour en sortir : “Le problème n’est pas systémique, il est éthique”.

Massimo Luce

(1) Moins la remise réservée au personnel
(2) En référence à l’ouvrage fondamental de René Guénon

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