Johnny Hallyday Christ rocker guitare

Johnny, ce chanteur que la gauche n’aimait pas

Les panégyriques compatissants qui saluent en boucle depuis ce matin la mort de Johnny Hallyday, ne me font pas oublier que l’Idole des Jeunes fut longtemps le mal aimé de la gauche.

Dès les plus jeunes années de mon adolescence, j’ai adoré Johnny. Par instinct. Je suis allé le voir sur scène pour la première fois en 1964. Cela marquera toute ma vie. Je n’oublie pas qu’à l’époque Johnny était le mal aimé des intellos. Ceux-​ci étaient restés à Jean Ferrat, Léo Ferré et tous ces artistes qui affichaient des idées de gauche, voire ouvertement communistes. Même Georges Brassens, le bougon enraciné, dut – sous la pression médiatique – s’afficher à gauche. Au lycée je passais pour un plouc(1) car j’avouais mon admiration pour Johnny. Mais c’était plus fort que moi : j’aimais tout ce que chantait Johnny à cette époque là.

En pleine ascension médiatique et artistique, il fait son service militaire alors que la mode était déjà antimilitariste. Johnny en rajoute : il a aimé cette période de sa vie. Johnny est patriote. C’en est trop. Johnny, c’est le chanteur des ouvriers incultes et des routiers tatoués. La presse et toute la Bien Pensance promeut Antoine, l’anti-Johnny : intello, maigrichon, piètre chanteur. Effectivement Johnny est ébranlé, mais il réagira à sa manière avec son magnifique Cheveux longs, idées courtes.

C’est clair : Johnny est réac.

Je ne méconnais pas ses excès : tabac, alcool et même drogues, vitesse, nuits sans sommeil, vie privée chaotique, bien qu’il fût, d’une certaine manière, fidèle aux femmes de sa vie. Mais peut-​on être un artiste hors norme si on reste un homme « normal » ? Nietzsche a écrit, on dirait presque pour Johnny : « Ce qui ne me tue pas, me rend plus fort ». Il en fera même une chanson.

Combien de fois à terre, Johnny s’est toujours relevé.

La Bien Pensance christianophobe n’aimait pas le Christ que Johnny arborait. Or ce « Christ rocker » était un cadeau de son guitariste Robin Lemusier qui l’avait profondément ému.

Depuis lors son Christ rocker ne le quittait plus.
N’oublions pas non plus que Johnny avait chanté, au moment de sa période hippie, Jésus Christ est un hippie.
Johnny Hallyday Jésus croix rocker

Johnny est un seigneur. Il a vécu sans compter. C’est un homme de défis. Excessif, oui, mais généreux, simple, loyal. C’est bien lui l’anti-bourgeois. Les autres le suivent ou l’imitent. Lui est devant. Il prend les coups, il encaisse, il se redresse(2). Il a créé un style, son style qui marquera longtemps la musique de variété.

Nietzsche, toujours lui, nous dit : « Le destin de l’homme est posthume ». La vie de Johnny, comme celle des grands hommes, continuera longtemps encore après sa mort.

Georges Gourdin

(1) Comprenez : imbécile, beauf de droite. Je n’oublie pas.
(2) Malgré tous ses excès, Johnny est mort à 74 ans. Qu’en disent les carabins ?

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Un commentaire

  1. Johnny n’a jamais été aussi grand -un immense rock and roller -qu’en l’an de grâce 1964 !
    L’année de son plus bel Olympia de février, avec son meilleur groupe : Joey et les Showmen…
    Et son album-​testament au rock qui suivit, juste avant son service militaire : « Les Rocks les plus terribles » et ils l’étaient vraiment !
    Si loin des errements trop variétés qui ont suivi, puis de ce gigantisme et ce « wock and woll » beuglé dans des stades.
    Non, ravi de lire ces souvenirs.
    On n’oubliera évidemment jamais l’irremplaçable Johnny Hallyday…

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