Johnny Hallyday aimer follement premier disque

Johnny est gravé dans nos vies

Après avoir rendu un hommage aux Beatles dans nos colonnes, je me dois de livrer un hommage appuyé à notre Jojo national.

En 1966, Johnny sort ce 45 tours, à écouter sur son Teppaz de l’époque. L’électrophone qui restera emblématique des Sixties et des Trente glorieuses. Le temps des vinyles à pochette comme la photo de l’article, avant de devenir des MP3 numérisés.

Tourne-disque vynile Teppaz Johnny Hallyday charpentier graver vie

En cette année 1966, le « Got to get you into my life » des Beatles devient, traduit par Johnny : « Je veux te graver dans ma vie ».
En voici les deux versions comparées.
1966 : « Got to get you into my life » par les Beatles

1966 : « Je veux te graver dans ma vie » par Johnny

Jean Philippe Smet, alias Johnny, comme tous les yéyés de l’époque, n’en est pas à sa première reprise de standards anglais ou américains. Ainsi : « Souvenirs souvenirs », titre phare de son deuxième disque qui participera immédiatement à sa notoriété en 1960, est une reprise de Barbara Evans. Johnny est alors âgé de 17 ans !
Je vous laisse apprécier ce collector !

Nos yéyés du Salut les Copains de Daniel Filipacchi, magnifiquement réunis dans cette extraordinaire photo font tous pareil, de Claude Moine, alias Eddy Mitchell à Annie Chancel, alias Sheila. Pour reprendre des musiques américaines, il est de bon ton de prendre un pseudo à consonance américaine. Le Niçois Hervé Forneri deviendra Dick Rivers. « Oh Yeah ! »

Je n’ai jamais été fan de Johnny, ni d’aucun chanteur de variété d’ailleurs, à cette époque. En effet, je leur reprochais leur manque de création et d’être à la remorque du rock, folk, rock&folk, blues américain et de la pop anglaise. J’ai toujours préféré en tout temps l’original à la copie.

Avec le recul aujourd’hui, ces artistes ont au moins eu le mérite de nous faire découvrir ces musiques extraordinaires qui m’auront accompagné toute ma vie. Alors, merci Johnny et merci aux Vieilles Canailles.
Vieilles canailles
Fort heureusement, tous ces chanteurs ont su franciser leur répertoire. Pour notre Johnny, ce tableau illustre bien cette évolution :
131 adaptations pour les années 1950–1960
55 pour les années 1970 
28 pour les années 1980 
13 pour les années 1990 
5 pour les années 2000
2 pour les années 2010

Depuis ses débuts plagiés, Johnny a su faire appel à des paroliers et compositeurs français de talent, tels notamment Delanoë, Mallory, Labro, Goldman, Berger.

Johnny part ce 6 décembre 2017 en nous laissant plus de mille titres avec des pépites innombrables. Johnny peut s’enorgueillir de laisser une œuvre intemporelle.

Beaucoup de choses seront dites dans les jours qui viennent. Beaucoup de témoignages. Quelles que soient ses périodes musicales pas toujours très heureuses, comme ses années hippies, Mad Max ou disco. S’adaptant ainsi à l’air du temps sur les conseils de son directeur artistique d’alors. Comme l’a dit son vieux pote Jacques Dutronc : « Je retourne ma veste toujours du bon côté ». L’œuvre de Johnny n’a pas été un long fleuve tranquille inféodé au seul rock&roll. Contrairement à des créateurs eux aussi malheureusement disparus, Brassens, Barbara, Bécaud et autres Brel, Johnny n’a composé qu’une centaine de ses mille chansons. Après tout, le grand Caruso ou La Callas n’ont été que des interprètes eux aussi.

Quoi qu’il en soit, ce fut un interprète extraordinaire et un homme de spectacle qui forçait l’admiration en même temps que le respect. À mon avis, la plus belle voix du monde de la variété. Toujours accompagné de musiciens exceptionnels, il aura fait de chaque chanson un moment personnel de qualité musicale, jamais égalé.

Aujourd’hui, cet homme disparaît. Je ne l’aurai jamais vu sur scène et c’est un grand regret. On a tous quelque chose en nous de Johnny, des notes de musique dans la tête et le souvenir personnel qui va avec. C’est une France que j’ai aimée qui disparaît avec lui aujourd’hui. Je suis triste.

La nouvelle génération prend la place, MC Solar, Black M, M. Pokora, Shy’M, Slimane…
Il paraît que nul n’est irremplaçable. Je me demande qui a bien pu dire cette ânerie !

Repose en paix, Johnny.

Michel Lebon

Ceci peut aussi vous intéresser

Johnny Hallyday Christ rocker guitare

Johnny, ce chanteur que la gauche n’aimait pas

Les panégyriques compatissants qui saluent en boucle depuis ce matin la mort de Johnny Hallyday, …

2 commentaires

  1. Très bel hommage plein de « souvenirs, souvenirs » et qui évite la flagornerie.

  2. Bonjour,
    En gros, d’accord !
    Mais dès le film « D’où Viens-​tu Johnny » (1963), il n’y chantait que quatre chansons originales…après d’autres créations originales de la géniale paire Aznavour-​Carvarentz : « Retiens La Nuit » mais aussi le rock « Il Faut Saisir Sa Chance», pour le film « Les Parisiennes»…
    Et le trésor caché ultime de sa discographie, qui précède cela : « Douce Violence», un petit chef-d’oeuvre dû aux mêmes Azna et Garvarentz, pour le film du même nom, de Max Pecas (!) avec la sublime ELKE SOMMER !
    (Quand reverra-​t-​on enfin le téléfilm « Le Chien » avec Elke et Delon ?
    Un de ces oublis inexplicables de l’histoire…)
    Et on peut remonter encore plus loin : dans le film « Dossier 1413 » («Les Ballets Roses » en Belgique)…
    Johnny chantait encore un rock and roll frénétique purement français, pas une adaptation : « Une Boum Chez John » !
    Johnny le tout premier rocker français à avoir enregistré avec des musiciens anglais, non bien avant les Brian Auger, Jimmy Page et autres : dès 1961, son tout premier album Philips enregistré à Londres avec le génial producteur anglais Jack Baverstock !
    Repose en paix, Johnny…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les balises < i > et < b > sont autorisées. Les champs obligatoires sont indiqués avec *.