Marx Engels Lénine Staline

L’anniversaire oublié en 2017

S’il est une commémoration qui s’est faite dans une discrétion de violette durant toute l’année écoulée, c’est bien celle du centenaire de la révolution russe d’octobre 1917 !

Humanité centenaire Révolution octobre 1917À part l’Humanité, quasiment aucun gros titre dans la presse, même Bien Pensante. Et pourtant cet événement qui allait marquer toute la face du XXe siècle aurait mérité un petit rappel.

Au début du XXe siècle, la Russie compte environ 170 millions d’habitants, dont 8 millions de soldats, une des armées les plus puissantes au monde. Le pays est en pleine industrialisation s’appuyant sur l’implantation de nombreuses usines métallurgiques autour de Moscou et sur le développement d’un très vaste réseau de chemins de fer (entre autres, le fameux Transsibérien). Elle devient assez rapidement la cinquième puissance économique mondiale.

Mais en dehors de l’économie, tout n’y est pas parfait. La réforme engagée par Stolypine qui devait permettre aux paysans d’acquérir leurs terres n’a en fait profité qu’au koulaks, c’est-à-dire aux plus riches. Il faut dire que la population rurale est en augmentation croissante et les impôts bien trop lourds.

Au niveau politique les tensions sont nombreuses également. La Douma (assemblée) n’a aucun pouvoir et le Tsar Nicolas II peut gouverner de manière autocratique. L’opposition est donc de plus en plus active dans le pays.

Pour soutenir son alliée slave la Serbie, la Russie entrera en guerre le 30 juillet 1914. Cela désorganisera immédiatement son économie, en particulier l’industrie qui manque de bras tout comme l’agriculture. La famine va rapidement toucher les villes. Du côté militaire, les défaites sont meurtrières : très vite plus de 2,5 millions de morts, ce qui entraîne dès 1916 des grèves dans tout le pays.

Le 23 février, ces grèves prennent de l’ampleur, l’armée se mutine. Le Tsar, qui n’a plus aucune autorité, finit par abdiquer le 16 mars.

En avril, Lénine revient de son exil en Suisse à travers l’Allemagne, suivi de peu par Trotski. Lénine réclame « tout le pouvoir aux soviets, la paix immédiate, et la terre aux paysans ». Les Bolcheviks, qui sont les plus extrémistes des socialistes russes, obtiennent la majorité dans quelques soviets importants. Le gouvernement provisoire est impuissant.

En juillet, ceux‐​ci prennent la tête d’une insurrection qui éclate à Petrograd (ancienne Saint‐​Petersbourg, dont les consonances avaient paru trop germaniques en ces temps de guerre). Le 21 octobre (en fait le 3 novembre dans notre calendrier…) naît le Comité militaire révolutionnaire dirigé par Trotski. Dans la nuit du 24 au 25 octobre (6−7 novembre), les bolcheviks armés s’emparent des points stratégiques de la ville, en particulier le Palais d’hiver, très mal défendu. Le gouvernement provisoire prend la fuite, les bolcheviks ont conquis le pouvoir.

Le 26 octobre ils forment un gouvernement, le Conseil des commissaires du peuple, présidé par Lénine. Trotski est ministre des Affaires Étrangères et Staline responsable des nationalités (les peuples non russes vivant en Russie).

Le gouvernement adopte tout de suite quelques réformes importantes, puis la paix est signée avec l’Allemagne en mars 1918.

Très vite cependant les difficultés ressurgissent. Aux élections de janvier 1918, les bolcheviks n’ont obtenu que 25 % des voix. Ils décident donc de dissoudre cette assemblée. Le parti bolchevik devient le parti communiste et Moscou devient la capitale.

Dans le pays, la guerre civile continue. La famine touche à nouveau les villes, les usines ne tournent plus, la population est menacée par des pillards.

Le Parti Communiste instaure alors la dictature. Interdiction des autres partis, création de la police politique (la tchéka) qui massacrera la famille du Tsar. Collectivisation des terres agricoles. Trotski crée l’Armée Rouge en janvier 1918. Lénine met en place une nouvelle politique économique (NEP), ouvre les frontières aux capitaux.

L’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) naîtra en 1922, coupée du reste du monde. Le parti communiste exerce depuis Moscou un pouvoir sans partage. Au sein de celui‐​ci, c’est le secrétaire général qui impose sa propre politique. Staline héritera du poste dès 1922… Ce sera le début d’une immense boucherie qui en 75 ans dans le monde avec les autres pays acquis au Système, coûtera la vie, d’après certaines estimations, à plus de 220 millions de personnes.

Pourtant aujourd’hui le centenaire de cet événement historique considérable n’a pas entraîné de célébrations marquantes. Les méfaits de cette idéologie criminelle ne sont pas encore digérés.

Patrice LEMAÎTRE

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