Loi 29 juillet 1881 liberté presse

Fausses nouvelles ? Assez de lois !

Loi 29 juillet 1881 liberté presseLe Président Macron a manifesté l’intention de faire voter une loi contre les fausses nouvelles (ou informations truquées), abondamment diffusées sur Internet, surtout en période électorale (fausses nouvelles dont je ne vous donnerai pas le nom anglo-​américain, parce que chez moi on cause français).
Cette idée me semble complètement utopique, pour deux raisons au moins.
La première, c’est qu’une loi tout-​à-​fait suffisante à réprimer ces mensonges existe déjà, et depuis fort longtemps. Il s’agit de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, qui prévoit la condamnation de ceux qui répandent de fausses nouvelles « par quelque moyen que ce soit », ce qui englobe donc tous les moyens de communication, y compris ceux qui n’existaient pas en 1881.
La deuxième raison, c’est que des informations mensongères ou erronées peuvent être diffusées par toutes sortes de personnes ou d’organisations, y compris par des organismes d’État, et qu’il est donc pratiquement impossible de vérifier quotidiennement l’énorme masse de « nouvelles » qui tombent sur le citoyen lambda dès qu’il sort de son lit.
Pierre LanceBien entendu, on peut considérer que cette vérification ne s’impose que si certaines personnes estiment que le mensonge répandu porte atteinte à leur réputation ou à leurs intérêts. On entre alors dans le domaine de la diffamation, qui occupe les tribunaux depuis belle lurette, précisément depuis 1881. Ces très nombreux procès ne parviennent pas toujours à faire la lumière sur le fond des choses, tant il est difficile de savoir où est la vérité lorsque les preuves font défaut. Et je vois mal comment on pourrait porter devant la justice tous les « bobards » (et leurs auteurs) qui envahissent à longueur de journée les réseaux sociaux. Car, comme le disait Mark Twain (1835−1910) : « Un mensonge peut faire le tour de la Terre le temps que la vérité mette ses chaussures », ce qui est encore cent fois plus vrai de nos jours qu’à son époque. En outre, puisqu’il s’agirait plus précisément de « purifier » les campagnes électorales, personne n’aurait le temps de rétablir la vérité, si besoin était, avant le jour du scrutin. Je ne prendrai qu’un exemple pour illustrer ce fait : Lorsque François Fillon a été accusé de faire bénéficier son épouse d’un emploi fictif, il a eu beau affirmer qu’il n’avait commis aucune faute, l’opinion publique l’a jugé fautif avant qu’aucun délit n’ait pu être établi.
Alors, s’il vous plaît, Monsieur Macron, ne rêvez pas ! Une loi nouvelle n’apporterait aucun secours à la manifestation de la vérité, qui restera jusqu’à la fin des temps « la mère des batailles » !

Pierre Lance

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Un commentaire

  1. C’est une nouvelle loi juste faite pour bâillonner un peu plus les voix dissidentes qui osent ne pas croire à leur connerie de « vivre ensemble », « de religion de paix et d’amour » (on a bien vu ça à Nice…) et pour empêcher certains médias étrangers de nous informer (RT entre autres, les russes y sont méchants, les ricains y sont gentils)…
    Bourrage de crâne de BFMTV, émissions débilitantes (Hanouna et consorts), bref, « du pain et des jeux » histoire d’endormir le peuple, les marionnettes de la CIA qui se succèdent à l’Élysée n’ont rien inventé…

    Alors oui, continuons à nous informer ailleurs, utilisons nos neurones et que nos intouchables aillent se faire examiner le fondement chez les grecs.