Du passé faisons table rase

Muselier veut vendre la Région

Lorsqu’on lui demande pourquoi il tient tant à rebaptiser notre Région Provence Alpes Côte d’Azur, Renaud Muselier répond toujours : « C’est pour la rendre plus attractive ».

Rappelez vous son tweet hasardeux(1) dans lequel le successeur de Christian Estrosi annonçait « officiellement » que la Région se dénommait dorénavant « Sud » :
Renaud Muselier tweet Paca Région SudPour notre président régional, il importe de se développer à l’international et d’adopter une véritable « guerre marketing »(2).

La Provence ? Pas vendeur selon l’amnésique patron de la Région. Côte d’Azur ? Alpes ? Connais pas ! Ce qui compte c’est un mot simple pour esprits simples : « Sud», ça va. C’est les vacances, le soleil et les nanas, darladiladada.

On rétorquera très facilement à Renaud Muselier que des centaines de milliers d’émigrés clandestins n’ont pas besoin de cela pour trouver le nord, remonter l’Italie et passer la frontière à Vintimille. Pour eux, le sud, c’est le nord, ils ne le perdent pas et s’y retrouvent très bien, aidés il est vrai par des passeurs avisés.

On rétorquera tout aussi facilement que si chaque entité devait changer de nom au motif qu’elle est difficilement prononçable pour un étranger, alors il faut rebaptiser les villes polonaises, telles Przasnysz ou Zdzieszowice, ainsi que les anciennes républiques soviétiques, telles le Tadjikistan ou le Kirghizistan. Que dire alors des villes chinoises ou saoudiennes !

Mais le plus grave dans la démarche résolue de Renaud Muselier est d’effacer l’Histoire. Selon lui nous n’avons pas de passé, pas d’Histoire, pas de culture, pas d’identité. Nous avons « du soleil et la mer ». Cela suffit à changer le nom d’un territoire multimillénaire. Il faut être moderne, progressiste, donc cool et déraciné. Et faire du « business » avec l’étranger. C’est ainsi que Renaud Muselier voit son « job » de président de Région. Il se doit de bien vendre la Région.

Comme toute la classe politique dirigeante, Renaud Muselier se veut moderne et progressiste. Muselier est très tendance, « béni-​oui-​oui » alors qu’il affirme péremptoirement qu’« on ne le caporalisera jamais ». La bonne blague. Comme tous ses collègues politiciens, c’est un enfant décérébré de Mai 68 : il faut à tout prix effacer les cultures populaires qui ouvrent les portes du populisme, « Du passé faisons table rase», « Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi», « Il n’y a pas de culture française »(3), « Vivre sans temps mort et jouir sans entrave » ou encore « Sous les pavés, la plage», la plage du Sud, bien entendu.

Bérénice Levet Crépuscule idoles progressistesDans un livre très bien argumenté, Bérénice Levet, docteur en philosophie, démontre les méfaits de cette idéologie progressiste : Le crépuscule des idoles progressistes (Éditions Stock 2017).
L’auteur nous dit : « Cet essai est né d’une impatience, d’une colère même. Depuis bientôt quarante-​cinq ans, les besoins fondamentaux de l’être humain sont non seulement méprisés mais disqualifiés, diabolisés par l’idéologie progressiste. Le besoin de racines, d’identité nationale, de frontière, le besoin d’un passé et d’une histoire : toutes ces constantes anthropologiques sont traitées par les idéologues contemporains comme de la frilosité, de la crispation sur soi, comme un repli identitaire et xénophobe. Jusqu’à quand allons-​nous continuer de flétrir ces aspirations sans être un instant effleuré par la question de savoir si ce ne sont pas des besoins normaux, liés au fait que nous sommes des êtres humains qui ne créent pas le monde dans lequel ils arrivent. »
Bérénice Levet nous livre une démonstration magistrale de l’impasse dans laquelle s’est fourvoyé le monde occidental. Mais Muselier, qui ne se laisse pas caporaliser, ne l’a pas encore compris. Espérons simplement qu’il s’éveille avant qu’il ne soit trop tard.

Massimo Luce

(1) Tweet que Renaud Muselier a effacé de son compte dès le lendemain et que nous reproduisons ici.
(2) Dans son interview à Nice Matin du 25 janvier 2018.
(3) Expression du candidat Macron pendant sa campagne électorale. Il s’agissait probablement d’un gage donné aux soixante-​huitards devenus mondialistes de gauche afin d’attirer leur vote car, à pésent qu’il est élu, le Président Macron reçoit ses hôtes de marque (et des marques commerciales mondialisées) à Versailles et fête son quarantième anniversaire à Chambord.

P.S.: si vous ne l’avez pas déjà fait, il est encore temps de compléter notre questionnaire en ligne :
PACA ou pas PACA ? L’enquête en ligne ou sur facebook.

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