Justice balance

Vous avez dit : « État de droit » ?

Emmanuel Macron sort d’un voyage en Corse, où le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas été reçu avec un enthousiasme très marqué.

Son premier acte fut de tenir un discours sur les lieux de l’assassinat du préfet Érignac perpétré il y a tout juste 20 ans, en présence de la veuve et des enfants de la victime. Un discours et une journée assez violents pour le député de Corse Jean-​Félix Acquaviva : « Toute la majorité territoriale » ne participera pas au déjeuner « en raison de la teneur de la journée d’hier […] qui a été assez violente ». Discours dans lequel le chef de l’État a notamment exclu toute amnistie de prisonniers. L’épouse d’Yvan Colonna (condamné trois fois à perpétuité pour l’assassinat du préfet), très déçue par les propos du président, a d’ailleurs interpelé celui-​ci pour se plaindre que son fils de six ans n’ait pas pu voir son père depuis un an et demi.

Ce discours eut pour effet le boycott du déjeuner prévu avec Macron et les principaux élus nationalistes parmi lesquels le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Siméoni, le président de l’Assemblée de Corse, Jean-​Guy Talamoni, les députés Jean-​Félix Acquaviva, Paul-​André Colombani et Michel Castellani, ainsi que le maire de Bastia, Pierre Savelli.

D’autres qui n’ont pas apprécié le discours d’Emmanuel Macron, ce sont les avocats de l’Île de beauté. Dans un communiqué acide, Stéphane Nesa, bâtonnier de l’Ordre, n’accepte pas que le président ai pu dire que l’assassinat du préfet « ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas » [copie ci-​dessous]. Cette atteinte aux droits de la défense ne passe vraiment pas… et le bâtonnier d’invoquer le fameux « État de droit » que tout un chacun devrait respecter. L’affaire étant jugée, nous n’apporterons pas de critique.

Mais cet « État de droit », il en est un qui s’en moque plus que complétement, c’est bien Salah Abdeslam ! Le spectacle qu’il a donné lors du début de son procès vaut la peine qu’on s’y arrête un peu. Refusant de se lever devant la cour, il a déclaré qu’Allah est grand, que ce ne sont pas les juges qui vont l’impressionner et qu’il n’a de compte à rendre à personne dans ce monde impie. Je serais curieux de savoir combien a coûté ce procès, entre les déplacements, les mesures de sécurité, de surveillance. Tout ça pour en faire une vedette, ce qu’il n’espérait peut être même pas.
Il ne veut pas répondre, ni même parler. Son droit à lui n’est pas le nôtre. Le seul juge qu’il reconnaisse, c’est Allah. Alors que fait-​on de l’État de droit pour quelqu’un qui refuse ce droit ? S’il ne veut pas reconnaître la loi, les textes, les magistrats qui vont le juger… qu’en faire ? Devrait-​on le juger selon ses lois à lui ? C’est-à-dire la loi du plus fort ? La loi du vainqueur ? Cela aurait au moins le mérite de nous débarrasser d’une menace qui sera toujours présente. Personne ne le regrettera. L’État fera de substantielles économies (combien coûte et coûtera son incarcération dans sa cellule quatre étoiles ?). Une condamnation à mort expéditive, selon la loi d’Allah, pour un meurtrier envoyé par Allah, quoi de plus logique ?

Alors l’État de droit, quelles sont ses limites ? On a le droit de se poser la question !

Il y a deux jours, on commémorait la mort de Robert Brasillach, condamné à mort par le pouvoir gaulliste pour… des écrits, et fusillé le 6 février 1945 (écouter l’éditorial de Franck Ferrand ci-​dessous). L’État de droit n’existait pas à cette époque, et aucun bâtonnier ne s’en est alors plaint !

Patrice LEMAÎTRE

Lettre bâtonnier corse Stéphane Nesa
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