Limitation vitesse

80 km/​h : ici aussi, la manipulation

L’Association 40 millions d’automobilistes vient de rendre public le fameux bilan mentionné par le gouvernement au sujet de l’expérimentation de la limitation de vitesse à 80 km/​h sur les routes secondaires.

Pendant deux ans, 13 km sur la RN 57 entre Vesoul et Rioz, 55 km sur la RN 151 entre Auxerre et La Charité-​sur-​Loire, 18 km sur la RN 7 entre Crozes et Hermitage-​Valence ont ainsi été « limités » à 80 km/​h de juillet 2015 à juillet 2017, sur l’initiative du ministre de l’Intérieur de l’époque Bernard Cazeneuve.

Nos confrères d’Auto Plus s’étaient alors déplacés pour arpenter lesdits tronçons afin de se faire une idée. Ils eurent la surprise de constater que sur ces tronçons, d’importants travaux avaient été effectués : trous rebouchés, goudron refaits, ronds-​points créés, voies élargies, accotements stabilisés, etc. Les portions définies avaient donc complètement changé de physionomie avant l’expérience de la limitation de vitesse, ce qui en dit long sur l’honnêteté du procédé.

Stats expérimentation sécurité routière
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L’expérimentation s’est donc tenue et s’est achevée en juillet 2017 et ses conclusions auraient dû être livrées au public à l’automne dernier, le temps de boucler un rapport qui soit incontestable. Au lieu de cela, alors que la conviction d’Édouard Philippe semble se fonder en grande partie sur cette expérimentation, aucun bilan officiel n’a été dressé. Nous sommes donc forcés de nous référer aux constatations de 40 millions d’automobilistes sur les trois tronçons concernés entre 2012 et 2016 soit 18 mois d’expérience et les 42 mois qui ont précédé, en guise de référence :
• Sur la seule année pleine de l’expérimentation à 80 km/​h (2016), tous les indicateurs repartent à la hausse : « 30 blessés sont alors à déplorer, soit autant qu’en 2013, plus qu’en 2012 (26) et non loin de 2014 (31), qui est la pire année en nombre de victimes (34) et de gravité des accidents ». 
• 2016 est également la deuxième plus mauvaise année, après 2013 et 2014, en termes de nombre de blessés hospitalisés et de nombre de tués sur ces axes.
• 1 911 accidents mortels ont été recensés sur les 386 224 kilomètres que compte le réseau secondaire français (soit 1 accident mortel en moyenne tous les 202 km) en 2016, les sections de routes nationales soumises à l’expérimentation font état de 1 accident mortel tous les 28,7 km.

La tentative d’occulter ce rapport montre bien l’inutilité et l’inefficacité de cette mesure prévue à partir de l’été. Les mauvaises langues vous diront que c’est un bon moyen d’augmenter les recettes (pourtant déjà considérables) des radars. Mais ce ne sont que des mauvaises langues.

Patrice LEMAÎTRE

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