CGT manifestation Nice 15 mars 2018

Retraités : qu’en pensent les jeunes ?

La CGT appelle à manifester demain jeudi, à la fois pour les retraites et les maisons de retraite

Personne ne se pose la question du financement des retraites alors que le temps de la retraite dépasse à présent dans bien des cas le temps du travail. C’est souvent bien plus pour les « régimes spéciaux » où le temps de retraite peut atteindre le double du temps de travail. Mais qui a cotisé pour sa retraite à hauteur de ce qu’il perçoit en pension ? Surtout dans la durée. Personne.

La CGT est par ailleurs un ardent défenseur de l’immigration de masse(1). S’est-elle posé seulement la question du coût social de cet afflux massif de population improductive, sauf à des salaires de misère, puisqu’il faut dorénavant payer des retraites qui n’ont pas été provisionnées et l’oisiveté des immigrés, quand ce n’est pas la délinquance.

Hier, les jeunes étaient dans la rue en 1968. Ils sont devenus les soixante-​huitards. Aujourd’hui, les retraités sont dans la rue. Ce sont les mêmes. On entend à présent : « Nous avons fait Mai 68, on fera le Printemps français ». Ah oui ? Laissons la parole aux jeunes :

La véritable rupture anthropologique du XXe siècle est incarnée par la génération du baby-​boom. C’est le premier cas connu de cannibalisation inter-​générationnelle en Occident.

La déclinaison française de ce phénomène que sont les soixante-​huitards a produit une auto-​critique limitée à des questions sociétales comme l’hédonisme inconséquent et l’abandon des valeurs traditionnelles, soit une fraction bien choisie dans l’abîme qui sépare cette génération des générations précédentes.

Les soixante-​huitards, élevés dans une période historique paisible mais marquée par les histoires de guerre et de privations traumatiques qui les ont précédés, en devenant adultes, largueront toutes valeurs « enracinantes »(2) pour saisir à bras le corps les nouvelles opportunités d’accumulation et de jouissance que le capitalisme mondialisé pouvait offrir à cette époque.

Ils étaient paradoxalement en sous-​nombre face aux besoins grandissants des nouvelles industries : sans réelle concurrence, ils sont embauchés sous-​diplômés et deviennent cadres très rapidement. Les plus malins comprendront qu’ils peuvent être pionniers dans beaucoup de domaines et entreprendront au bon moment. Sans réel dumping social, même les prolétaires de l’époque prospéreront décemment.

Les soixante-​huitards vont vivre quarante années de croissance économique, de progrès technologiques, de paix sociale, de liberté sexuelle inconséquente (le SIDA calmera le jeu un peu plus tard) et bien d’autres avantages qui les plongeront dans une foi indéfectible envers l’humanité. Ils sont devenus ce qu’on appelle communément des gauchistes mentaux aujourd’hui : ces alcooliques qui, enivrés d’optimisme, oublient les rapports de force et se roulent dans le caniveau idéologique en dégueulent des mièvreries “Allez v’nez, on est tous potes ! L’humanité ça fait K’1 ! Allez, merde ! Ski compte cé l’amuur, putain !”. Ces ivrognes philosophes oublient facilement qu’ils dépendent de gens sobres pour vivre, même lorsqu’ils leur vomissent dessus alors qu’eux les soutiennent.

La classe moyenne a accumulé des “calories” à ne plus savoir quoi en foutre, donc elle a investi. Sauf que le bobo embourgeoisé ne comprend rien à l’économie et limite les risques en investissant dans la pierre et y prend goût au point de spéculer à grands coups de crédits pour “financer son complément de retraite”. Une bulle spéculative immobilière parfaitement immorale qui constitue la triple-​dîme que cette caste de « séniors-​seigneurs » multi-​propriétaires fait payer à ses enfants.

Pour eux, faire des enfants est un investissement à taux négatif, une corvée chronophage en pleine force de l’âge. Ils aiment du fond du cœur ces immigrés qui s’en chargent à leur place ; les Africains ont gagné au casting du renouvellement démographique : ils parlent déjà français, ils bossent pour pas cher en plus et ils adorent procréer ! Ils savent très bien que ce multiculturalisme, sauce tiers monde et haine raciale, est insupportable pour ses enfants, mais il est trop tard pour l’avouer, cela fragiliserait cette paix sociale fictive mais nécessaire à son petit confort.

Les baby-​boomers haïssent leurs progénitures : même séniors, ils sont encore jeunes dans leur tête et comptent bien « kiffer la life ». La seule présence de jeunes Français dans la force de l’âge est vécue comme une souffrance, voire un affront, pour le soixante-​huitard qui se sent vieux par comparaison. Ils sont jaloux alors qu’ils ont déjà eu la chance d’être jeune. Ils ne supportent pas que nous, nous le soyons à notre tour.

La retraite de ces vieux enfants gâtés est la plus longue et la plus chère de l’histoire, celle d’une génération qui a fait peu d’enfants, qui profite de régimes spéciaux auto-​attribués et qui part très tôt en vacances perpétuelles, malgré une espérance de vie record. La génération Y (nous) doit payer cette retraite dorée alors qu’elle ne connaîtra peut être jamais ce luxe : la faillite économique nous fera rester jusqu’à 70 ans au boulot, pour un pécule minable et nous claquerons plus tôt que nos parents (le stress, la pollution et la précarité ne compensent pas le progrès médical, même si certains s’évertuent à faire croire le contraire).

Cette génération Y mise en taule à ciel ouvert par ses parents, trouve un espace de liberté sur internet et cherche à se désenivrer du gauchisme inculqué au forceps par les médias et les professeurs de l’Éducation Nationale. Mais les leaders d’opinion soixante-​huitards occupent déjà le terrain : ils produisent des analyses souvent intéressantes mais en profitent pour distiller leur chloroforme idéologique. C’est aussi une magnifique occasion pour eux de prendre la posture du jeune rebelle avec toute la panoplie qui va avec (blouson en cuir, tolérance du rap, anglicismes, comportement de racaille) et d’impressionner les jeunes femmes, afin de les baiser encore quand c’est possible. Une vie de jouissance égoïste et orientée vers le néant.

Ces anguilles opportunistes réhabilitent les valeurs traditionnelles à la carte : ils piochent la carte “respect des anciens” pour intimider les jeunes ; ils piochent la carte “méritocratie” lorsqu’ils veulent bomber le torse sur les quelques hauts faits de leur vie. Par contre les cartes “transmission de patrimoine” et “humilité” restent bien planquées dans le paquet ! Ils se gardent bien de décrire la caste sclérosante qu’ils représentent massivement, ils concentrent toute la haine des jeunes envers quelques élites et victimisent le reste du monde. Ils désignent des cibles impossibles à atteindre directement et stérilisent ainsi le combat politique.

Cet abandon moral devient visible et devrait inciter les jeunes à penser par eux-​mêmes, à toujours se méfier du paternalisme bienveillant de ces vieux qui nous enterreraient tous s’ils le pouvaient. D’ailleurs, ils essaient de le faire de toutes leurs forces.

Guillaume L.

Bravo Guillaume !

[source : www.suavelos.fr]

(1) Lire La CGT finit de se rallier à la finance mondiale du 15 août 2017.
(2) C’est précisément le thème du livre majeur de Bérénice Levet « Le crépuscule des idoles progressistes ».

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Un commentaire

  1. Solange Appert

    Et encore, ce jeune est bien gentil.
    Nos anciens actifs se sont contentés de financer les retraités quand ils étaient en surnombre, environ trois actifs pour un retraité. C’est l’idée géniale de la retraite par répartition. Ils n’ont en aucun cas capitalisé ni payé ce qu’ils prétendent avoir aujourd’hui comme retour à leur investissement.
    Aujourd’hui, il y a quasiment un actif pour un retraité, il faudrait que nos jeunes laissent la moitié de ce qu’ils gagnent pour payer la retraite de leurs parents.
    De plus, le phénomène est aggravé par le désastre des inactifs toujours plus nombreux : les chômeurs et tous les immigrés qui viennent s’engouffrer dans notre pays.
    Nous payons aujourd’hui notre insouciance d’hier. Après moi le déluge, telle auront été les politiques qui se sont succédé dans un parfait égoïsme depuis les trente « pas très » glorieuses.
    Que tous ces régimes spéciaux explosent. Qu’on ne touche pas aux petits retraités, mais à tous ces hauts fonctionnaires qui se sont gavés et continuent de se gaver.
    Ces militaires qui peuvent toucher une retraite au bout de quinze ans, la bonification du cinquième des policiers, etc., etc.
    A commencer par nos présidents, en haut de l’échelle évidemment, qui touchent une retraite après avoir « bossé » 5 ans !
    Je sais, c’est dur à entendre, pour certains.