Institut Iliade 2018 Fiers Européens

Ve colloque de l’Institut Iliade : Fiers d’être européens

J’assistais samedi au colloque annuel de l’Institut Iliade, intitulé cette année « Fiers d’être européens ». Plus d’un millier de personnes étaient présentes à cette occasion pour écouter des intervenants de qualité venus distribuer aux auditeurs les armes pour redonner à nos compatriotes l’amour d’une maison commune qui fut sublime et grandiose, et qui le redeviendra.

L’introduction fut faite par Benoît Couëtoux du Tertre, secrétaire général de l’Institut, plaçant cette journée sous l’ombre tutélaire du poète Jean de Brem, et citant Paul Valéry : « Tout est venu à l’Europe, et tout en est venu ».

Ce fut ensuite Philippe Conrad, directeur de l’Institut, se demandant pourquoi on s’attaquait ainsi à notre histoire, expliquant comment les tenants de la déconstruction généralisée estiment que « la recherche de l’identité est contraire à l’idée même de l’Histoire ».

Puis Javier Portella, essayiste espagnol francophone, montra comment se débarrasser du nihilisme et de l’ethnomasochisme qui malheureusement contaminent trop d’esprits européens : « Contrairement à tous les morts-​vivants, affirmons haut et fort la vie ! Remplissons le grand néant dans lequel nous sommes à présent engouffrés de choses belles, grandes, vraies, nobles. »

La culture de la repentance fut ensuite mise à mal et déconstruite par Olivier Dard, historien et professeur à la Sorbonne, qui aborda le problème de la culpabilisation utilisée comme une arme politique, et par Bernard Lugan, historien africaniste, directeur de « L’Afrique réelle » qui, dans son style particulier non dénué d’humour, appela à refuser la repentance coloniale, démontrant aisément que l’esclavage blanc n’était d’aucune façon à l’origine de la puissance européenne.

Thibault Mercier expliqua à son tour pourquoi les Européens avaient le droit à la continuité historique : « C’est une conception ethnoculturelle du peuple que nous opposons à une conception contractuelle. » Tout en précisant : « Les Droits de l’Homme sont devenus une religion d’État avec ses clercs, ses inquisiteurs et ses grenouilles de bénitier. »
Institut Iliade 2018 Fiers EuropéensLa pause méridienne fut l’occasion de visiter les nombreux stands d’éditeurs, de journaux, d’associations, de travaux artisanaux, ou de découvrir les parfums créés par la cinéaste Cheyenne Marie Carron.

Philippe Conrad reprit ensuite la parole pour fustiger l’idée d’un Moyen Âge obscurantiste et arriéré, et montrer au contraire tous les apports de cette période à la civilisation européenne dans les domaines artistiques, scientifiques, philosophiques, etc.

Puis trois intervenants expliquèrent comment, pour eux, les Européens pouvaient se réapproprier leur identité :

Gérard Dussouy (Professeur émérite à l’Université Montesquieu de Bordeaux) : « L’identité s’éprouve comme conscience et s’affirme comme volonté. Ce sont les hommes eux-​mêmes, qui conscients de ce qu’ils sont, forgent leurs identités à travers les épreuves du temps, et en fonction de leur naissance et de leurs lieux de vie. »

Rémi Soulié (critique littéraire et essayiste) : « Nous pouvons, selon les idiosyncrasies, devenir des rebelles ou des anarques, nous pouvons devenir des hommes différenciés, des hommes de qualité sous le règne de la quantité et des hommes sans qualités. »

Paul-​Marie Couteaux (haut fonctionnaire et essayiste) : « Les gens, même sans s’intéresser à la politique, défendent leur patrimoine au niveau local et témoignent de leur attachement au pays, au paysage, à la région. »

Ce fut ensuite le tour de Ferenc Almássy, journaliste hongrois au Visegrad Post, d’expliquer comment on réveille un peuple. Son explication sur l’évolution de la Hongrie fut largement illustrée par le triomphe le lendemain de Victor Orban aux élections dans son pays.

Le docteur en philosophie Jean-​François Gautier, s’attardant en particulier avec illustrations à l’appui, dans le domaine de l’art, fit un bref tour d’horizon de ce nous devons aux Européens : « Nous autres Européens sommes encore et toujours des êtres en devenir de nous-​mêmes, nous devons nous montrer dignes de ce que nos prédécesseurs nous ont laissé et, alors, nous pourrons en être fiers. »

François Bousquet, éditorialiste de la revue Éléments, montra ensuite l’importance de gagner la guerre culturelle. 
Institut Iliade 2018 Fiers Européens
C’est à Jean-​Yves Le Gallou que revint la tâche de conclure ce colloque, en faisant une rapide synthèse des travaux présentés.

Une journée plus que riche donc, avec des interventions diverses de très haute qualité. L’Institut Iliade, malgré le silence total des médias dominants, se montre d’année en année comme un réservoir d’idées particulièrement performant, et je ne doute pas que les promotions qu’il a déjà formées (six au total), préparent le nécessaire renouvellement de nos élites.

Rendez-​vous l’an prochain.

Patrice LEMAÎTRE

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