Vodka orange

Vodka orange et steak tartare contre whisky coca et McDo

Qu’elle fût blanche ou rouge, la Russie a toujours été présentée par nos élites dirigeantes comme l’ennemi de l’Europe occidentale. La Russie est cruelle, ce n’est pas Michel Strogoff, ni le Docteur Jivago, qui nous diront le contraire. Le moujik est le plouc, le cow-​boy est le héros. Les clichés ont la vie dure. Nous sommes bien ingrats envers ce pays qui avait une admiration pour la France malgré le souvenir tenace des guerres napoléoniennes.

La Grande Armée de Napoléon est allée se cailler à Moscou avant de s’en retourner en guenilles, ajoutant ainsi un nouveau mot à notre vocabulaire : la bérézina. Pas mieux que nos grognards, la Wehrmacht est allée s’embourber dans les steppes gelées. Le Führer ne se remettra pas de la fureur des Russes de Stalingrad.

Il fut un temps où l’on parlait français à la cour de Russie. Ni la Russie blanche des tsars, ni l’URSS rouge des Soviets n’ont menacé notre pays aux portes de Paris. Si l’armée soviétique s’est rendue à Berlin, c’était bien pour anéantir le nazisme. Aucune armée russe n’a jamais déferlé sur l’Europe, que je sache. Je ne me souviens pas voir des soldats en chapka défiler sur les Champs-​Élysées.
Dessert franco-russeHier, à l’issue du grand chaos soigneusement organisé de la IIe Guerre mondiale, l’ennemi que l’on nous présentait était encore le Russe et ses satellites de l’Europe de l’Est. Le collectivisme, le socialisme, l’internationale prolétaire étaient des horreurs pour notre nouveau protecteur, le gentil et bienveillant Oncle Sam. Après un demi-​siècle de guerre froide, le Wall Street s’est consolidé, le Berliner Mauer s’est écroulé. L’URSS a éclaté, le pognon a gagné. Comme toujours : tout s’achète, les consciences et les peuples.

Enfin l’ours russe semblait entrer dans le camp réputé du Bien. Glasnost (traduction : transparence), Perestroïka (traduction : réformes économiques) nous annonçaient le printemps russe. Les astres étaient alignés pour que la Russie intègre le bon camp.

Quand ça veut pas, ça veut pas. Les Russes ont bien mis du bleu et du blanc sur leur drapeau rouge. Ils ont signé tous les traités de non-​prolifération nucléaire, intégré le FMI, l’OMC. Rien n’y change, ils restent l’ennemi juré. Poutine a succédé à Raspoutine dans l’art de la manipulation, nous dit-​on. Facéties de l’Histoire, ce sont ces mêmes pays, Russie, Pologne, Hongrie, qui hier étaient bannis pour leur internationalisme, qui sont aujourd’hui bannis pour leurs nationalismes. Faudrait savoir !

Mais alors, à qui profite le crime ?

Noamie Klein Stratégie choc« I have a dream » : Imaginez un peu une grande Europe fédérale avec la Russie. L’est et l’ouest enfin réunis en toute logique : de par leur proximité géographique, culturelle, religieuse, ethnique. 800 millions d’habitants. De très loin la plus grande puissance mondiale, culturelle, militaire et économique. Les Américains n’en veulent pas, on comprend bien pourquoi. Fidèles à leur Stratégie du choc, les élites américaines déstabilisent toutes les puissances qui sont une menace à leur hégémonie. Il faut semer le chaos partout, par tous les moyens. Ils s’y emploient avec force… armée, s’il le faut. Ils déploient leur énergie et leurs missiles Patriot, « patriotes ». Eux seuls ont le droit de l’être.

Lors de sa campagne électorale, le fantasque Trump déclarait vouloir se rapprocher de la Russie. La bonne nouvelle a fait long feu. Après avoir menacé d’atomiser la Corée du Nord avec son gros bouton rouge, voilà qu’aujourd’hui Geronimo Trump envoie ses Tomahawks dits « intelligents » contre la Syrie.

Tweet Trump missiles intelligents Syrie
Traduction : La Russie promet de détruire tout missile lancé vers la Syrie. Sois prête, Russie ! Car ils arrivent, flambant neufs et « intelligents » ! Vous ne devriez pas être les alliés d’un animal qui massacre son peuple au gaz et s’en réjouit !

C’est une déclaration de guerre !

Les États-​Unis poursuivent en Syrie leur stratégie du chaos. Macron leur emboîte le pas de tir, avec ses missiles Scalp à 850 000 euros l’unité (ça fait cher la coupe de cheveux du rebelle). Va-​t-​on s’entretuer une fois de plus avec nos amis historiques russes pour sauver une centaine de djihadistes syriens, au prétexte fragile que Bachar, le « boucher » de Laurent Fabius, est (serait) aussi un gazier ? Sans moi, merci, je n’avalerai pas la couleuvre.

Macron devra répondre de ses crimes de guerre. Il entraîne 70 millions de Français dans sa soumission aveugle à l’Oncle Sam.

Ce qui se conçoit bien s’annonce clairement : je préfère la vodka orange et le steak tartare au whisky coca et au McDo.

Michel Lebon

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