La Police de la Pensée en flagrant délit

En bon petit sol­dat de la Police de la Pensée, Nice Matin prend toute sa place dans le mon­tage média­tique mon­dial du « drame du petit enfant syrien noyé ».

Nice-Matin_une_4septembre2015J’écoutais hier vers les 20 heures dans ma voi­ture France Info, et ne man­quai pas d’être inter­pel­lé par le « paquet » qui était mis sur LA pho­to du petit enfant syrien mort noyé sur une plage turque. Il m’est tout de suite appa­ru que France Info (appe­lée sou­vent aus­si France Intox) par­ti­ci­pait acti­ve­ment à une opé­ra­tion de pro­pa­gande, mais non plus au niveau fran­çais comme pour « Je suis Charlie », mais à une opé­ra­tion inter­na­tio­nale d’envergure.

Le jour­na­liste du Parisien invi­té, bien pen­sant pour­tant, était tan­cé pour n’avoir pas encore publié cette pho­to alors que toute la presse inter­na­tio­nale l’avait déjà fait. Celui-ci eut beau expli­quer qu’il conve­nait de prendre du recul sur ce type de pho­tos très dures, il dut presque s’excuser. De fait ce matin, la une du Parisien est entiè­re­ment consa­crée au « petit noyé syrien », mais avec une autre pho­to. La Police de la Pensée à l’œuvre en direct. Elle nous impose un nou­veau le terme, celui de « réfu­giés », car le mot « migrants » est trop néga­ti­ve­ment conno­té. Le jour­na­liste explique cela sans ver­gogne en direct. De fait ce matin, toute la presse bien pen­sante, à l’unisson, a mis à jour son voca­bu­laire et ne parle plus que de réfu­giés. Même les mots nous sont impo­sés.

Le matra­quage de France Info avait déjà démar­ré dans la jour­née, notam­ment en ostra­ci­sant le dépu­té Gilbert Collard pour ne pas « chan­ger de dis­cours face à l’enfant syrien » [sic], car il ne s’émouvait pas suf­fi­sam­ment sur LA pho­to, en affir­mant, en res­pon­sable poli­tique : « Ce qui est extra­or­di­naire d’hypocrisie c’est qu’il vous faut une pho­to, bande de salauds, pour vous émou­voir. Vous décou­vrez aujourd’hui parce qu’il y a une pho­to, au demeu­rant bien pré­sen­tée, que des enfants meurent. C’est de la comé­die ».

Ce matin, toutes les brèves de France Info font réfé­rence à LA pho­to, et « la prise de conscience qu’elle sus­cite chez les Français qui se disent prêts à accueillir chez eux des réfu­giés ». Diable, c’est qu’il faut faire vite. Nice Matin se devait de prendre sa place dans cette opé­ra­tion de pro­pa­gande.

Rares sont les jour­na­listes qui condamnent le gou­ver­ne­ment d’avoir déclen­ché de toutes pièces le conflit syrien en armant et en for­mant une rébel­lion qui devait ren­ver­ser le régime. Rares sont ceux qui rap­pellent que Fabius vou­lait éli­mi­ner phy­si­que­ment le pré­sident élu Bachar El Assad, qu’Emmanuel Valls trai­tait encore récem­ment de « bou­cher ». Et si on mon­trait les petits syriens morts sous les armes que les Français ont livrées clan­des­ti­ne­ment en Syrie ?

L’objectif de cette gros­sière opé­ra­tion de pro­pa­gande : inci­ter les Français à héber­ger chez eux ces immi­grés clan­des­tins, par­don ces migrants, non, ces réfu­giés, puisque le gou­ver­ne­ment n’a plus d’argent, même pour les Français. À cette fin, le mains­tream a rete­nu une pho­to qui déclenche l’émotion en même temps que la culpa­bi­li­sa­tion. Le mains­tream a choi­si très habi­le­ment un enfant syrien, d’un pays effec­ti­ve­ment en guerre – grâce à nous et nos alliés –, et non pas un enfant d’Afrique sub-saha­rienne. Il ne faut pas affo­ler trop les Français, eux qui sont récal­ci­trants à accueillir cette vague migra­toire [source]. Mais un bon matra­quage média­tique remet­tra tout cela dans « l’Ordre ». C’est par­ti pour.

Rédaction

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