Sont pre­miers : la France pre­mier pro­duc­teur mon­dial de vin rosé, la Provence pre­mier pro­duc­teur fran­çais de rosé.
Les résul­tats sont com­pa­rables en ce qui concerne la consom­ma­tion !

Assurant plus de 26% de la pro­duc­tion mon­diale de rosé la France arrive en pre­mière posi­tion devant l’Italie (22%) puis les USA (15%) et l’Espagne (12%) qui à eux quatre repré­sentent 75% de la pro­duc­tion mon­diale. Notons une timide appa­ri­tion de l’Argentine et de la Russie (2%) cha­cun.
La Provence à elle seule repré­sente plus de 40% de la pro­duc­tion natio­nale, loin devant la Loire (18%), les Côtes du Rhône (14%) et le Bordelais (12%) et seule­ment 5% pour le Languedoc. 87% de la pro­duc­tion de vins de Provence est de cou­leur rosée.
Pendant les huit der­nières années la pro­duc­tion mon­diale de vin rosé a aug­men­té de 13% et sa consom­ma­tion de 17%. Plus encore que pour la pro­duc­tion de rosé, la France est cham­pionne en termes de consom­ma­tion : à elle seule, elle boit 35% de la pro­duc­tion mon­diale de ce vin, sui­vie de loin par les USA (14%) puis par l’Allemagne (7%), l’Italie et le Royaume Uni (6%) cha­cun.
Pour sub­ve­nir à cette soif fran­çaise 87% de la pro­duc­tion natio­nale est consom­mée sur notre ter­ri­toire et 40% en Provence même. L’évolution de la consom­ma­tion de vin en France se « cla­ri­fie » : en 1990 les Français buvaient mas­si­ve­ment du vin rouge (77,8%), un peu de vin blanc (11,4%) et mar­gi­na­le­ment du rosé (10,8%). Que de chan­ge­ments en vingt ans ! En 2011 les Français ne consomment plus que 56% de vin rouge, mais 27,3% de vin rosé et 16,7% de vin blanc.
L’export qui ne repré­sente que 13% de la pro­duc­tion de vin rosé trouve son pre­mier débou­ché en Belgique (25% des expor­ta­tions) tan­dis que les expor­ta­tions vers les États-Unis ont été mul­ti­pliées par 6 en 10 ans avec une aug­men­ta­tion de 40% en 2013. La Chine découvre elle aus­si ce breu­vage.
Dans cette quête de nou­veaux mar­chés où la concur­rence est très rude, nos pro­duc­teurs locaux s’at­tachent à assi­mi­ler vin rosé et Provence. Ils défendent ardem­ment leur savoir-faire de qua­li­té.
Nice-Matin_9juin2009Les pro­duc­teurs varois n’ou­blie­ront jamais l’i­gnoble tra­hi­son de leur ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, qui avait accep­té, sur les recom­man­da­tions de Bruxelles, de faire du vin rosé avec du mélange de vin rouge et de vin blanc ! Ce qui a per­mis à ce der­nier de faire une brillante car­rière au sein de la bureau­cra­tie bruxel­loise, mais qui fit voir rouge aux pro­duc­teurs pro­ven­çaux qui inves­tis­saient depuis des années sur l’a­mé­lio­ra­tion de leur pro­duc­tion spé­ci­fique. Leur forte mobi­li­sa­tion avait fait céder Barnier et les bureau­crates bruxel­lois (voir ci-contre l’ex­trait de Var Matin du 9 juin 2009).
Les pro­duc­teurs pro­ven­çaux conti­nuent leur com­bat pour la qua­li­té et l’au­then­ti­ci­té. Les résul­tats obte­nus les encou­ragent à per­sé­vé­rer.

Alain-Christian Drouhin