Amazonie : Apocalypse now ?

L’enfer de Macron ou la Divine Comédie

Donc, pour Macron, notre mai­son brûle… « Nous sommes ama­zo­niens » lance-t-il, et… et nous regar­dons ailleurs(1). Voilà que notre pom­pier pyro­mane fait du Chirac.

Cette pho­to effrayante de l’Amazonie en flammes fait le tour des réseaux sociaux.

Décryptage d’une propagande

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Cette copie d’é­cran pro­vient d’une appli­ca­tion de la NASA. Sur cette appli­ca­tion qui observe les feux, cli­quez sur l’on­glet TODAY (en haut à gauche de la colonne de droite). Puis, en des­sous à droite, vous pou­vez défi­nir la réso­lu­tion, par défaut sur AUTO, pas­sez à 10px (pixels) en cli­quant sur la flèche ▼. C’est alors toute l’Europe qui appa­raît en flamme. Sans doute les bar­be­cues : ça fume, la mer­guez !
S’agissant de l’Amazonie, si on zoome sur la carte, on s’a­per­çoit qu’en fait ce sont prin­ci­pa­le­ment de toutes petites par­celles épar­pillées qui brûlent. Au total à peine un mil­lième de l’Amazonie et géné­ra­le­ment des ter­rains déjà défo­res­tés depuis des années. Ce sont les pay­sans qui pra­tiquent la culture sur brû­lis (éco­buage) et quelques incen­dies effec­ti­ve­ment dus à la séche­resse sai­son­nière. Cette année est dans la moyenne des 15 der­nières années. Ni plus, ni moins.
La plu­part des images rela­tives aux incen­dies d’Amazonie sont des images anciennes ou qui ne concernent pas la région ! [source]

L’Afrique ne serait qu’un gigan­tesque bra­sier, les popu­la­tions y seraient car­bo­ni­sées ! Bizarre, on n’en parle pas.
Afrique-flammes-hoax

Au début était une France gau­loise recou­verte de forêts.
Forêt
Aujourd’hui toutes ces forêts pre­mières ont dis­pa­ru au pro­fit de l’a­gri­cul­ture ou de la syl­vi­cul­ture à pré­sent pra­ti­quées de manière inten­sive. La forêt, pou­mon vert de la France, c’est bien fini.

Forêt communale Tourrettes abattage ONF août 2019

La forêt doma­niale de chênes de Tourettes en Provence est rasée par un exploi­tant pri­vé qui revend le bois(2). Le reste est aban­don­né sur place, sèche et repré­sente un risque incen­die maxi­mal (pho­to août 2019).

En somme, il revient aux Brésiliens d’en­tre­te­nir le pou­mon vert de la pla­nète tan­dis que nous anéan­tis­sons le nôtre. Croissance oblige.

Décryptage : cette nou­velle mani­pu­la­tion est des­ti­née à fra­gi­li­ser le pré­sident bré­si­lien, Bolsonaro.

Le torchon brûle entre Macron et Bolsonaro

Macron est l’a­mi des homo­sexuels tan­dis que Bolsonaro ne l’est pas. Ce qui consti­tue une rai­son majeure de conflit. De sur­croît Bolsonaro s’en est pris en termes peu amènes à Brigitte Macron. Quel tou­pet !

Avant de vou­loir reboi­ser l’Amazonie en cinq ans, Monsieur le Président, qu’on com­mence par replan­ter des arbres, chez nous. Et que l’on com­mence par éteindre nos propres incen­dies avec du maté­riel à la hau­teur des enjeux (lire Tant va la cruche à l’eau… du 4 août 2019). Bolsonaro ne se fait pas don­ner de leçon par notre Jupiter et Macron se prend un retour de flamme par l’in­ter­mé­diaire du chef de cabi­net du pré­sident bré­si­lien, Onyx Lorenzoni : « Macron n’ar­rive même pas à évi­ter un incen­die pré­vi­sible dans une église qui fait par­tie du patri­moine mon­dial de l’hu­ma­ni­té, et il veut nous don­ner des leçons pour notre pays ?»

Tout cela se passe étran­ge­ment à quelques jours d’un accord com­mer­cial Union Européenne – Mercosur, négo­cié, tout comme le CETA, en cati­mi­ni dans les des arcanes du pou­voir tech­no­cra­tique de Bruxelles. Face à la colère des agri­cul­teurs tra­his qui ont incen­dié plu­sieurs per­ma­nences de dépu­tés En Marche !, Macron sou­haite faire marche arrière et cherche un pré­texte pour ne plus signer ce trai­té.

Michel Lebon

(1) « Notre mai­son brûle et nous regar­dons ailleurs », en réfé­rence à la phrase pro­non­cée par Jacques Chirac, alors pré­sident de la République, en ouver­ture de son dis­cours lors de l’as­sem­blée plé­nière du IVe Sommet de la Terre le 2 sep­tembre 2002 à Johannesburg (Afrique du Sud).

(2) Ces arbres seront uti­li­sés pour du bois de chauffe. Par ailleurs la France envoie de grandes quan­ti­tés de bois noble en Chine et il nous revient sous forme de meubles en agglo­mé­ré, démon­tables et stan­dar­di­sés (Bois : la FNB s’a­larme des expor­ta­tions de chêne brut vers la Chine). Mondialisation oblige, il fut un temps où l’on savait dis­tin­guer une armoire bres­sane d’une armoire nor­mande, une armoire lor­raine d’une armoire bre­tonne. Mais ça, c’é­tait avant…