De la victimisation à l’intimidation

Dix jour après l’intervention de Julien Odoul au conseil régio­nal de Bourgogne-Franche-Comté, l’affaire du voile isla­mique conti­nue à faire des remous. Et il ne s’agit pas de vague­lettes : il y a quelques jours, Yasser Louati, ancien porte-parole du CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) remet­tait de l’huile sur le feu dans un tweet d’une teneur par­ti­cu­liè­re­ment raciste et outra­geuse :

Vous lisez bien : « suprémaciste blanc misogyne » !

Cet ancien porte-parolle du CCIF en appelle car­ré­ment à on ne sait quelles exac­tions à la per­ma­nence d’un élu de la République. Précision sup­plé­men­taire : « Je couvre vos frais d’avocat ». De sur­croît, avec quel argent ?

Dans un pays sain avec un peuple soli­daire, de tels pro­pos auraient dû ame­ner la classe poli­tique, sans dis­tinc­tion, à s’indigner et condam­ner caté­go­ri­que­ment. Mais là, non ! Rien ! Pas même le RN n’a réagi. Julien Odoul a tou­te­fois déci­dé de por­ter plainte. Quand même.

Alors, pour ce fer de lance de l’islam conqué­rant dans notre pays, pour­quoi se gêner ? D’ailleurs, le CCIF ne se gêne pas. Cette orga­ni­sa­tion sub­ven­tion­née avec nos impôts s’était déjà per­mis une lettre ouverte au Président Macron après son élec­tion. On avait pu en appré­cier le ton allant de la flat­te­rie digne des meilleures com­po­si­tions de Louis de Funès au chan­tage le plus révol­tant par ses argu­ments spé­cieux. Petit rap­pel : « Les Français qui vous ont élu attendent de vous une réponse franche et juste face aux attaques fal­la­cieuses faites à la laï­ci­té et qui menacent l’union natio­nale. La jeu­nesse, en par­ti­cu­lier, for­mée ici et voyant la pro­messe de liber­té, d’égalité et de fra­ter­ni­té se réduire à peau de cha­grin chaque fois que les pou­voirs publics plie­ront face aux extrêmes, se confor­te­ra dans l’idée de quit­ter la France, de s’exiler loin de leur terre natale et loin de l’immobilisme. 150 mil­liards d’euros : c’est le coût de la dis­cri­mi­na­tion en France selon une enquête France Stratégie datant de sep­tembre 2016. Monsieur le Président, soyez celui qui met­tra fin à cet exil, dites non à l’instrumentalisation de la laï­ci­té à des fins racistes et d’intolérance reli­gieuse. »

L’exil en masse des musul­mans de France et le retour au pays sous les coups de l’intolérance, des atten­tats et des dis­cri­mi­na­tions, fal­lait oser ! Le CCIF, lui, ose. Il ose tout, c’est à ça qu’on le recon­naît, aurait pu dire Audiard !

Ce n’est pas tout. Le CCIF pour­suit son rai­son­ne­ment biai­sé pour som­brer dans l’amalgame le plus abject : « Le bon sens répu­bli­cain doit s’appliquer fer­me­ment et empê­cher toute ingé­rence laï­ciste avec la même éner­gie que celle déployée contre le ter­ro­risme parce qu’ils sont les deux faces d’une même pièce. »

Pour le CCIF, la préservation de la laïcité équivaut au terrorisme !

Là encore, il fal­lait oser le dire…

Mais reve­nons aux appels à la vio­lence de Yasser Louati. Imaginons, un seul ins­tant, un res­pon­sable des Identitaires qui aurait « invi­té » à rendre visite à un(e) élu(e) pro-musul­man – par exemple, Clémentine Autain – à sa per­ma­nence, pour telle ou telle prise de posi­tion jugée « stig­ma­ti­sante » à l’égard de son mou­ve­ment… sans même avoir ajou­té « Je couvre vos frais d’avocat ». Que n’aurait-on dit alors ? Les chiens auraient été lâchés pour la curée. Mais pour Yasser Louati, motus ! Ni tol­lé, ni indi­gna­tion, ni sai­sine de la Justice, ou du moins de qu’il en reste. Alors, pour­quoi lui et ses congé­nères se gêne­raient-ils ?

Et, jus­te­ment, ils ne se gênent pas. Dans cet élan ven­geur, Yassine Bellatar a repris le flam­beau.
Yassine Bellatar - Emmanuel Macron

Ce pseu­do-humo­riste, deve­nu le chou-chou d’Emmanuel Macron dont les com­por­te­ments mena­çants, dépla­cés ou vio­lents sont la carte de visite – comme en témoignent les enquêtes édi­fiantes réa­li­sées par Mediapart et Marianne –, a conseillé, sur l’antenne de RFI, à Jean-Michel Blanquer, ministre d’État, ministre de l’Éducation natio­nale, d’« évi­ter de mettre les pieds dans le 93 » ! Et aus­si : « J’aimerais savoir de quel droit, main­te­nant, il rentre sur des notions de vivre ensemble ? »

Voilà où nous en sommes dans la France d’aujourd’hui, à force de lâchetés

Un ministre de la République décla­ré per­so­na non gra­ta dans une zone de son propre pays, un élu de la République qua­si­ment frap­pé de « fat­wa » et des mani­fes­tantes voi­lées qui somment les autoch­tones de se sou­mettre ou de quit­ter leur mère-patrie !
Femme voilée musulmane - Français quittez mon pays

Les réseaux isla­mistes qui se ser­vaient jusqu’à pré­sent de la vic­ti­mi­sa­tion pour s’imposer sont par­ve­nus à obte­nir la cri­mi­na­li­sa­tion de toute cri­tique de l’islam. Mais cette conquête ne leur suf­fit plus désor­mais. Ils viennent donc de pas­ser à la vitesse supé­rieure : l’intimidation !

On leur a lais­sé un doigt, ils ont pris tout le bras… Ils ne s’arrêteront pas en si bon che­min !

Charles André