Les Français vont redevenir des « Gens sans Terre »

Retour au servage

Servage : condi­tion de qui­conque qui est tenu par la loi de vivre et de tra­vailler sur une terre appar­te­nant à un autre.

Les nou­veaux sei­gneurs, nos élites d’au­jourd’­hui, veulent réta­blir le ser­vage.

Jeudi 28 novembre 2019. Ni vu ni connu comme d’ha­bi­tude, silence média­tique com­plice, les dépu­tés ont adop­té la pro­po­si­tion de loi visant à dis­so­cier le fon­cier du bâti.

Des Français pro­prié­taires des murs de leur loge­ment, mais pas du ter­rain : une pers­pec­tive de plus en plus pro­bable dans le monde de l’im­mo­bi­lier.

L’Assemblée natio­nale a ache­vé, en pre­mière lec­ture, le tra­vail sur la pro­po­si­tion de loi MoDem visant à réduire le « coût du fon­cier ». Un moyen de répondre à la hausse moyenne de 71%, en dix ans, du coût des ter­rains en France selon le rap­por­teur du texte Jean-Luc Lagleize [source LCP].

On remar­que­ra donc qu’aucune voix ne s’est éle­vée contre ! 577 com­plices, 577 traîtres, 577 fumistes. Il faut dire que c’est pour la bonne cause : réduire le prix du fon­cier qui s’est enflam­mé avec la fabri­ca­tion de fausse mon­naie afin d’aider les pauvres ! Ah, ah, ah ! Seuls les imbé­ciles, par­mi les­quels nos 577 dépu­tés, gobent une si gros­sière embrouille.

Certes, cette « pro­po­si­tion » de loi a peu de chance d’ar­ri­ver au bout aujourd’­hui, c’est un juste galop d’es­sai, his­toire de son­der l’o­pi­tion. Mais demain ?

Dans la même veine, cela fait des années que l’i­dée germe d’a­jou­ter au reve­nu impo­sable des pro­prié­taires la valeur d’un loyer qu’ils n’ont plus à payer. Les pro­prié­taires qui ne paient pas de loyer pour­raient payer un « loyer impli­cite ». C’est une pro­po­si­tion très sérieuse du Conseil d’Analyse Économique.

Les élites sont aux abois, il leur faut trou­ver de l’argent, coûte que coûte dans tous les recoins. Régulièrement on remet ce type de pro­po­si­tions sur le tapis, pro­vo­cant chaque fois un tol­lé, de moins en moins vif et comme d’ha­bi­tude, de guerre lasse, ça pas­se­ra insi­dieu­se­ment.

Tout se tient, nos élites financières mondialistes ont un seul objectif : nous dépouiller de tout afin de nous rendre dépendants

Les arti­sans, les pro­fes­sions libé­rales, les pro­prié­taires, les pay­sans – sur­tout les pay­sans — sont lami­nés afin de les faire entrer dans la Matrice du grand com­merce glo­ba­li­sé où tout le monde est sala­rié, loca­taire, endet­té, donc dépen­dant, donc esclave.

Ce que le com­mu­nisme n’a pas réus­si à mettre en œuvre — la confis­ca­tion de la pro­prié­té pri­vée — le capi­ta­lisme finan­cier glo­bal le fait. Y par­vien­dra-t-il grâce à ses méthodes moins bru­tales et plus sour­noises ?

Notre France est peut-être plus rouge encore qu’à la pire époque sta­li­nienne. Depuis la révo­lu­tion indus­trielle, la France a vu arri­ver plu­sieurs vagues rouges de révo­lu­tion­naires mar­xistes, expul­sés ou ban­nis de leurs pays. Les Polonais type Henri Krazucki, les Italiens type Dupont-Moretti, les Espagnols type Philippe Martinez (dont le père a com­bat­tu dans les Brigades inter­na­tio­nales). La France est impré­gnée de rouge. Tous ces mar­xistes inter­na­tio­na­listes ins­tal­lés en France méprisent la patrie qui les accueille et à laquelle ils ne sou­haitent pas appar­te­nir. Ils portent en eux la ran­cœur du déra­ci­né. Voilà pour­quoi ils sont soli­daires de tous les sans-papiers, avant même les Français de souche.CGT - PCF - Nice - 5 décembre 2019

Avec le Droit Minier de Napoléon, l’État est déjà pro­prié­taire du sous-sol : en France quand vous ache­tez un ter­rain vous n’êtes pro­prié­taires que de la sur­face, avec une tolé­rance pour creu­ser une cave, ou votre tombe. En somme, les fraises de votre pota­ger, au-des­sus de la sur­face, vous appar­tiennent, mais pas les patates, enfouies. Dans d’autres pays comme les États-Unis un acqué­reur est pro­prié­taire du cône jusqu’au centre de la terre. Ce qui a fait la richesse de la famille Dallas à l’u­ni­vers impi­toyable lors des décou­vertes du pétrole. En France tout cela appar­tient à la République. Aux USA, la pro­prié­té c’est sacré, pas en France, pays le plus com­mu­niste du monde.

La France a même com­po­sé ce tube sovié­to-inter­pla­né­taire, L’internationale, dont tout le monde connait le refrain : « C’est la lutte finale… ». On ferait bien de chan­ter le cin­quième cou­plet, trop vite oublié :

Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand par­ti des tra­vailleurs.
La terre n’appartient qu’aux hommes.
L’oisif ira loger ailleurs.
C’est de nos chairs qu’ils se repaissent !
Si les cor­beaux si les vau­tours
Un de ces matins dis­pa­raissent …
La Terre tour­ne­ra tou­jours.

Michel Lebon