Via Caritatis, la charité qui prend de la bouteille

Aujourd’hui, on vous emmène au cœur de Provence des papes. Et plus par­ti­cu­liè­re­ment à l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux ! Cette com­mu­nau­té béné­dic­tine fon­dée il y a une qua­ran­taine d’années est à l’origine d’un fan­tas­tique pro­jet : Via Caritatis. Ce der­nier vise à fédé­rer les forces des vigne­rons du coin avec la sagesse des moines et des moniales du Barroux pour créer des vins d’exception… Envie d’en savoir plus ?
Divine Box vous raconte tout dans ce court article !

L’histoire mouvementée des vins du Ventoux

Tout com­mence en l’an 480 en Italie cen­trale. C’est là, à Nursie, que naît saint Benoît. En fon­dant un nou­vel ordre monas­tique basé sur le tra­vail (notam­ment agri­cole) et la prière, saint Benoît bou­le­verse l’agriculture euro­péenne rava­gée à cette époque par les inva­sions bar­bares. L’Europe se par­sème donc de monas­tères rem­plis de moines qui déchiffrent, plantent et cultivent. La vigne ne fait pas excep­tion et devient même un tra­vail par­ti­cu­liè­re­ment appré­cié des moines : le vin sert aus­si bien pour la messe que pour la consom­ma­tion. En effet, la règle de saint Benoît auto­rise une hémine de vin (envi­ron 27 cl) par moine et par jour ! Le vin a donc une grande impor­tance dans la vie béné­dic­tine et l’histoire de l’ordre est très liée à celle de la vigne.

Mais reve­nons à nos mou­tons et fai­sons un bond en avant dans le temps jusqu’au début du XIVe siècle ! Le pape Clément V (ori­gi­naire de Bordeaux, il plan­ta le vignoble du Pape-Clément à Pessac et celui de Châteauneuf-du-Pape) fait plan­ter de la vigne sur les pentes du mont Ventoux et en confie la ges­tion… à des béné­dic­tins !

Le vin du Ventoux prend ain­si une impor­tance consi­dé­rable au cours du Moyen-Âge. Les papes d’Avignon l’a­dulent et il est régu­liè­re­ment ser­vi à leurs tables ! Cela donne une idée de la répu­ta­tion dont jouis­sait le vignoble à l’époque… Et pour cause : le site est excep­tion­nel ! Les pentes béné­fi­cient d’un enso­leille­ment opti­mal et le mis­tral (vent fort du nord) assai­nit l’air de la région et chasse les para­sites ain­si que l’ex­cé­dent d’humidité du vignoble. D’ailleurs, les gal­lo-romains l’avaient bien com­pris bien avant les papes : la vigne y était plan­tée dès le 1er siècle avant notre ère !

Abbaye Barroux - les vignes

Un moine béné­dic­tin au tra­vail dans la vigne du Barroux

Cependant, le temps ne joue pas en la faveur des vins du Ventoux et deux évé­ne­ments vont par­ti­cu­liè­re­ment leur nuire. D’abord, en 1418, après une période trouble pour l’Église, le der­nier pape d’Avignon est des­ti­tué et part de la ville avec sa cour. Les vigne­rons du Ventoux perdent alors leurs plus gros clients !
Ensuite, crise com­mune à une grande par­tie de l’Europe : c’est le phyl­loxé­ra (un insecte rava­geur) au XIXe siècle . Quasiment tout le vignoble est alors déci­mé !
Pour autant, les vigne­rons du Ventoux ne se laissent pas abattre ! En 1933, des caves sont ain­si consti­tuées spé­ci­fi­que­ment pour les vins du Ventoux et, qua­rante ans plus tard, l’ap­pel­la­tion “Ventoux” est créée. Le vignoble renaît de ses cendres !
Néanmoins, les vins du Ventoux sont peu connus et peu valo­ri­sés en ce début/​milieu du XXe siècle. Afin d’augmenter la qua­li­té de leurs vins, cer­tains vigne­rons adoptent un cahier des charges sup­plé­men­taire. Parmi les nou­veau­tés appor­tées par la charte, la den­si­té du vignoble est aug­men­tée (7500 pieds par hec­tares) et les vigne­rons élèvent des ban­caous, ter­rasses tra­di­tion­nelles de la région. Ce type de pro­cé­dé per­met d’obtenir des vins de garde, per­met­tant une bonne apti­tude au vieillis­se­ment. Malheureusement, ce tra­vail demande du temps et l’appellation Ventoux ne gagne que dou­ce­ment en noto­rié­té. Les viti­cul­teurs ont toutes les peines du monde à bou­cler leur bud­get.

Le retour des bénédictins et la naissance de Via Caritatis

Laissons nos vignes du Ventoux de côté trente secondes, pour intro­duire ce qui nous inté­resse : la nais­sance de la com­mu­nau­té du Barroux !

En 1980, des béné­dic­tins, menés par Dom Gérard, arrivent en effet dans la région ! Les moines s’installent dans la com­mune du Barroux et des moniales, un peu plus tard, à Bédoin, juste à côté. Les sœurs occupent une ancienne ferme viti­cole et les moines et les moniales se mettent, du coup, à exploi­ter leurs vignes.

Au fil du temps et avec l’aide de voi­sins, la vigne com­mence à prendre forme et toutes ces petites grappes vont se faire vini­fier à la cave de Beaumont dont un des moines fait par­tie des admi­nis­tra­teurs. À peine arri­vés, les béné­dic­tins s’impliquent donc dans l’économie viti­cole locale !

Un moine bénédictin au travail dans la vigne du Barroux

Père O., moine béné­dic­tin de l’abbaye du Barroux, pré­sente à Divine Box la vigne au pied du mont Ventoux

Les moines ont rapi­de­ment la volon­té de pro­duire un vin haut de gamme ! Plusieurs per­son­na­li­tés du monde du vin vont alors aider les moines à tirer le meilleur de leur ter­roir. Pour cela, ils s’engagent notam­ment à pro­duire en bio et en effec­tuant la majeure par­tie de leur tra­vail à la main.

En 2011, les béné­dic­tins adoptent le cahier des charges sup­plé­men­taire des vigne­rons et élèvent à leur tour des ban­caous ! C’est un tra­vail haras­sant, cer­taines peuvent mesu­rer plus de 6 mètres de haut ! Les vigne­rons, qui en font déjà depuis quelques années, viennent leur prê­ter main forte. Et leurs efforts sont récom­pen­sés avec des vins tou­jours mieux récol­tés et vini­fiés ! Mais 2015 marque un tour­nant : avec les ven­danges qui sont un suc­cès, l’idée est venue aux moines de créer une nou­velle gamme de vins qui allie­rait le savoir-faire des vigne­rons et la sagesse des moines. Le pro­jet “Via Caritatis” (voie de la cha­ri­té) est né !

Père O., moine bénédictin de l’abbaye du Barroux, présente à Divine Box la vigne au pied du mont Ventoux

Moines de l’abbaye du Barroux pen­dant les ven­danges

Ce pro­jet « Via Caritatis » rend hom­mage à la cha­ri­té qui a été à la clef de toutes les étapes du pro­ces­sus. Il fédère les vigne­rons, les moines et les moniales, tout répar­tis­sant les coûts. Financièrement, tout le monde s’y retrouve mieux et cela per­met de créer de la valeur pour la région. Gagnant gagnant !
La gamme « Via Caritatis » est com­po­sée de sept vins (trois rouges, deux rosés et deux blancs) répar­tis en trois caté­go­ries :
• Pax (la paix),
• Lux (la lumière) et
• Vox (la voix).
Chaque caté­go­rie repré­sente aus­si bien des valeurs monas­tiques que pro­ven­çales ! Ces vins sont issus d’un sub­til mélange entre plu­sieurs cépages dif­fé­rents, ce qui per­met d’obtenir des vins très dif­fé­rents les uns des autres !

Mais « Via Caritatis », c’est tout d’abord un esprit, celui qui unit les vignerons et les moines : la charité.

Pour le com­prendre, il faut se tour­ner vers saint Paul et l’hymne qu’il a écrit sur la cha­ri­té. Les moines du Barroux aiment à le reprendre, en l’inscrivant notam­ment au dos de leur cof­fret spé­cial 5 vins :

Hymne de la Charité :

Ambitionnez les dons les plus grands.
Et je veux vous mon­trer
une voie plus excel­lente !

Si je parle les langues des hommes et même des anges,
mais que je n’ai pas la Charité,
je suis bronze qui résonne ou cym­bale qui reten­tit.

Si j’ai la pro­phé­tie et que je connais tous les mys­tères et toute la science,
et si j’ai toute la foi jusqu’à trans­por­ter des mon­tagnes,
mais que je n’ai pas la Charité,
je ne suis rien.

Si je nour­ris les affa­més avec tous mes biens,
et si je livre mon corps aux flammes,
mais que je n’ai pas la Charité,
cela ne me sert à rien.

La Charité est patiente,
ser­viable est la Charité ;
elle ne jalouse pas,
elle ne se vante pas,
elle ne se gonfle pas d’orgueil ;

elle ne fait rien d’inconvenant,
elle ne cherche pas son inté­rêt,
elle ne s’irrite pas,
elle ne tient pas compte du mal ;

elle ne se réjouit pas de l’injustice,
mais elle trouve sa joie dans la véri­té ;
elle par­donne tout,
elle croit tout,
elle espère tout,
elle endure tout.

La Charité ne passe jamais.

Saint Paul, 1ère lettre aux Corinthiens

Et pour se pro­cu­rer les vins Via Caritatis ?
Allez sur place bien sûr à l’abbaye du Barroux :
1201 che­min des Rabassières
84330 Le Barroux

ou bien cli­quez ici pour ache­ter en ligne les vins Via Caritatis sur la bou­tique de Divine Box.

Et pour plus d’infos : www.via-caritatis.com