Les huiles d’olive des moines de l’abbaye du Barroux : découverte en 3 mn

Nichée au pied du mont Ventoux dans le Vaucluse, l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux a été construite dans les années 70.

Les béné­dic­tins que l’abbaye du Barroux accueille vivent selon la règle de saint Benoît “Ora et labo­ra” (prie et tra­vaille). Ils prient donc huit fois par jour, avec le pre­mier office, les matines, à 3h30 du matin ! Et pour le “labo­ra”, les moines troquent leur habit noir contre l’habit bleu, celui du tra­vail, pour réa­li­ser dif­fé­rentes acti­vi­tés d’où découlent plu­sieurs pro­duits dont des vins, des bis­cuits, des savons ou des huiles d’olive. C’est de ces huiles d’olive que nous allons par­ler aujourd’hui : en avant sous le soleil pro­ven­çal grâce à Divine Box !

Abbaye Barroux - vue générale

Située en Provence, l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux a été construite dans les années 70 – © Divine Box

Le moulin traditionnel : une spécificité des moines

Arrivés dans la Provence des Papes dans les années 70, les béné­dic­tins du Barroux reprennent une vieille tra­di­tion biblique en exploi­tant les oli­viers. En effet, l’huile fait par­tie, avec le pain et le vin, des ali­ments omni­pré­sents dans la Bible et au temps de Jésus. Les moines ont vou­lu faire de ces trois ali­ments les emblèmes des pro­duits de l’abbaye du Barroux. Chose réus­sie !

Si d’autres monas­tères en France cultivent des oli­viers (comme l’abbaye de Jouques, l’abbaye de Castagniers ou l’abbaye de Lérins), l’abbaye du Barroux est la seule à pos­sé­der son propre un mou­lin pour pres­ser ses olives. Leur chouette aven­ture s’inscrit dans une tra­di­tion de la région, puisque , le pre­mier mou­lin à huile com­mu­nal dans le vil­lage du Barroux date de de la Révolution !

Situé en contre­bas du monas­tère, le mou­lin des moines sert pour leur propre pro­duc­tion mais aus­si pour envi­ron 500 oléi­cul­teurs du coin qui l’utilisent. Les uns s’en servent pour leur consom­ma­tion per­son­nelle appor­tant quelques kilos par an, d’autres l’utilisent pour leur pro­duc­tion, en appor­tant par­fois plu­sieurs tonnes d’olives par an ! Suivez le guide, et regar­dons main­te­nant com­ment fonc­tionne ce mou­lin…

Abbaye Barroux - Cueillette olives

Un moine de l’abbaye du Barroux en pleine récolte des olives, à la main bien sûr ! – © Abbaye du Barroux

La fabrication de l’huile d’olive : tout un processus…

De la récolte à la dégus­ta­tion, la fabri­ca­tion de l’huile d’olive suit un pro­ces­sus exi­geant… En voi­ci les prin­ci­pales étapes à l’abbaye du Barroux :

Tout d’abord il y a la culture et la récolte des olives, bien sûr ! Les moines mettent un point d’honneur à culti­ver leurs oli­viers selon les prin­cipes de l’agriculture rai­son­née : res­pec­tueuse de la nature, et uti­li­sant le moins de pro­duits chi­miques pos­sible. Heureusement, l’abbaye est balayée par le mis­tral, ce qui chasse la majo­ri­té des insectes rava­geurs de l’olivier et faci­lite donc le bou­lot des moines. La récolte est un tra­vail com­mu­nau­taire, où qua­si­ment tous les moines passent chaque sai­son ! Eh oui, comme tout est fait à la main, il en faut de la main d’oeuvre, notam­ment à la fin de l’automne pour tout récol­ter !

Une fois les olives ramas­sées, inter­vient une petite étape de net­toyage : on les lave et on sépare les feuilles des olives pour ne gar­der que ces der­nières pour obte­nir une huile d’olive bien pure !

Abbaye Barroux - Pierres moulin huile olives

On ne plai­sante pas : le mou­lin à huile des moines fonc­tionne bien avec deux grosses meules de gra­nit ! – © Divine Box

Ensuite, direc­tion le mou­lin à pro­pre­ment par­ler. Là, sous des grosses meules de gra­nit, les olives sont broyées avec le noyau, ce qui don­ne­ra une sorte de pâte.

Cette pâte pas­se­ra ensuite dans dif­fé­rentes machines pour la malaxer et la décan­ter, dans le but de sépa­rer la pâte de l’huile.
• Cette pâte, qui ne ser­vi­ra plus pour l’huile d’olive, sera, entre autres, répan­due dans les ver­gers d’oliviers et dans les vignes des moines, comme engrais natu­rel. C’est pas beau, ça ?
• L’huile, elle, va pas­ser par l’étape ultime du fil­trage pour obte­nir une huile d’olive bien propre, sans dépôt.

Et voi­là le tra­vail ! Résultat : une incroyable huile d’olive : 100% “Monastic”, conçue de A à Z par les moines du Barroux, et sans addi­tifs ou pro­duits chi­miques !

Une par­tie de cette huile est alors mise en bou­teille pour la consom­ma­tion : soit pour les moines eux-mêmes, soit pour leurs clients. On en parle juste après ! Une autre petite par­tie est gar­dée pour confec­tion­ner de bons savons pro­ven­çaux : l’abbaye du Barroux en pro­pose déjà 7 (chèvre­feuille, miel, argile verte, fruits des bois, pam­ple­mousse, ver­veine et lavan­din), qui sont réa­li­sés par un maître-savon­nier local, tou­jours à la main donc. En effet, un vrai savon doit être réa­li­sé par un maître-savon­nier, en Provence : c’est celui qui détient ce savoir-faire ances­tral et qui va trans­for­mer l’huile d’olive en savon. Un génie !

Abbaye Barroux - Savon

Ce savon au pam­ple­mousse est fabri­qué par un savon­nier pro­ven­çal avec l’huile d’olive des moines du Barroux ! – © Divine Box

Les trois huiles d’olives différentes de l’abbaye du Barroux

Saviez-vous que si le vin pos­sède des bou­quets, on parle de frui­tés pour les huiles d’olive ? Ainsi les trois huiles d’olives pro­duites par l’abbaye du Barroux ont des frui­tés très dif­fé­rents. Cela est dû à la varié­té de l’olive (il en existe 112, rien qu’en Provence !) et au mode de pro­duc­tion. On vous raconte tout !

La Reïalo (bou­teille verte) est l’huile la plus clas­sique. Les olives qui la com­posent sont vertes, prin­ci­pa­le­ment issues de la varié­té Verdale. La jeu­nesse de ces olives confère à l’huile des notes d’ar­ti­chaut et d’herbe cou­pée, ce qui en fait l’alliée par­faite des pâtes et des salades ! Son nom, “royale” en pro­ven­çal, rap­pelle l’onc­tion des rois dans la Bible.

La Joïo (bou­teille rouge) est la plus douce et la plus frui­tée des trois huiles. Elle est issue d’olives arri­vées à matu­ra­tion, des varié­tés Verdale, Picholine et Tanche, ce qui lui donne des notes d’amandes et de fruits rouges. Elle accom­pagne bien les légumes cui­si­nés, mais aus­si par exemple les moz­za­rel­la bur­ra­ta ! Son nom signi­fie “joie” en pro­ven­çal, rap­pe­lant le lien biblique entre l’huile et la joie comme pré­ci­sé dans le livre d’Isaïe, où on évoque “l’huile de joie” qui des­cend du Seigneur !

La Siavo (bou­teille noire) est celle qui a le plus de carac­tère. Pour la réa­li­ser, les moines font “cou­fire” les olives, c’est-à-dire qu’ils les font macé­rer pen­dant quelques jours avant de les broyer et de reprendre le pro­ces­sus habi­tuel. C’est une sorte de fer­men­ta­tion comme dans le vin, mais pour les olives ! Elle pos­sède ain­si des notes d’olives confites, de cham­pi­gnons, de céréales et par­fois même de cacao. Très ori­gi­nale, elle se marie bien avec les pommes de terres, les viandes et même les des­serts. Bref, pour avoir du carac­tère !

Abbaye Barroux - Huiles olive

Les trois huiles d’olives du Barroux : Reialo, Joio, Siavo – © Divine Box

Et pour se procurer des huiles ou des savons du Barroux ?

L’idéal est bien sûr de se rendre sur place, au maga­sin de l’abbaye :
Abbaye Sainte-Madeleine
1201 che­min des Rabassières
84330 Le Barroux

Sinon, vous pou­vez cli­quer ici pour ache­ter les huiles d’olives du Barroux en ligne, ou là pour décou­vrir par exemple le savon au miel de l’abbaye du Barroux.