Ma bonne semaine de mauvaise foi (29 mars 2020)

Dimanche 22 mars 2020

En 1942, après le désastre et la débâcle de l’ar­mée fran­çaise en mai-juin 40, un livre capi­tal est paru. Il insis­tait sur les res­pon­sa­bi­li­tés des gou­ver­ne­ments pré­cé­dents dans le désastre face à l’ar­mée alle­mande, et sou­hai­tait de tout son cœur un chan­ge­ment radi­cal dans les idées et dans les ins­ti­tu­tions qui pré­vau­dront après la guerre., sous peine de ne jamais voir le pays se rele­ver cor­rec­te­ment.
Ce livre s’ap­pe­lait « Les décombres ». Son auteur, Lucien Rebatet fut condam­né à mort, mais fina­le­ment grâ­cié.
Qui sera le Rebatet des années 2020 ? Qui pour insis­ter sur les res­pon­sa­bi­li­tés des gou­ver­ne­ments pré­cé­dents dans le désastre face à ce virus ? Qui pour pro­po­ser un véri­table coup de balai dans ce micro­cosme éli­tiste qui nous gou­verne ?Semaine 29 mars 2020

Lundi 23 mars 2020

Comme il est expli­qué dans l’ar­ticle que nous avons publié cette semaine (lire Coronavirus : nos diri­geants ont tout faux du 25 mars 2020), l’ins­tal­la­tion d’un hôpi­tal mili­taire n’est pas la pana­cée, mais le fruit d’une non-réflexion (encore une !) de nos diri­geants. De même l’en­voi par avion de 6 patients (oui, 6 dans un seul avion !) mar­di der­nier vers Marseille ou Toulon…
Parce que pen­dant ce temps, figu­rez-vous que les cli­niques pri­vées demandent à être réqui­si­tion­nées.
D’après Lamine Gharbi, pré­sident de la Fédération des cli­niques et hôpi­taux pri­vés de France, les cli­niques pri­vées ne sont pas assez mises à contri­bu­tion dans la lutte contre le coro­na­vi­rus, 70 lits de réani­ma­tions étant par exemple mobi­li­sables à Strasbourg, Metz et Nancy : « Aujourd’hui, mal­heu­reu­se­ment, alors que les capa­ci­tés publiques sont dépas­sées, les éta­blis­se­ments pri­vés res­tent sous-uti­li­sés. […] Un grand nombre de nos lits qui ont été libé­rés res­tent vides. »
En effet 4 000 lits ont été libé­rés pour des patients atteints du Covid-19 en ayant dépro­gram­mé 100 000 inter­ven­tions chi­rur­gi­cales (tout en conti­nuant à trai­ter les autres urgences), et 300 éta­blis­se­ments de soins sont mobi­li­sables tout de suite.
Qu’est ce qu’on attend ?Clinique

Mardi 24 mars 2020

S’il y a une vic­time de ce virus que l’on ne regret­te­ra pas, c’est bien l’Union Européenne !
À l’heure où toute l’Europe attend quelques gestes d’aide de sa part, pour les pays en proie à l’é­pi­dé­mie et sou­vent com­plè­te­ment dépas­sés par la tra­gé­die, le prin­ci­pal sou­ci pour Ursula von der Leyen, est l’adhé­sion pro­chaine de l’Albanie et de la Macédoine du nord.
L’inertie est telle que l’Italie béné­fi­cie de l’aide des Chinois, la France des Russes et des Allemands et envi­sage de deman­der l’aide des Cubains, (ce qui montre réel­le­ment l’é­tat de déla­bre­ment de nos ser­vices de san­té), pen­dant que les Tchèques volent les masques réser­vés aux Italiens et les Allemands ceux des­ti­nés aux Français…
Aucun com­mu­ni­qué de l’UE, sinon au début de la crise pour dire que ce n’é­tait pas bien d’en­vi­sa­ger de fer­mer les fron­tières, ce que nombre de pays ont fait les jours sui­vants sans remords !
Et pen­dant ce temps là, la Turquie appelle pra­ti­que­ment à la guerre sainte, bloque les masques des­ti­nés à l’Italie, inonde la Grèce de migrants, sans que l’UE ne fasse le moindre petit com­men­taire.
Alors qu’on célèbre ces jours-ci le triste anni­ver­saire de l’a­gres­sion amé­ri­ca­no-euro­péenne contre le peuple sou­ve­rain serbe, on peut vrai­ment se deman­der à quoi sert ce « machin », sinon à veiller au bon engrais­se­ment des banques mon­diales. Il sera temps, après la crise, de se poser la ques­tion d’une Europe au ser­vice des peuples euro­péens… Mais ceci est un autre pro­blème.Députés européens

Mercredi 25 mars 2020

On a déjà vu cette semaine les liens qui unissent le couple Lévy-Buzyn à l’Inserm, et la que­relle per­son­nelle exis­tant entre le mari de l’ex-ministre de la san­té et ex-can­di­date à la mai­rie de Paris. Cela per­met de com­prendre en par­tie pour­quoi l’a­vis du Pofesseur Raoult de Marseille n’est non seule­ment pas pris en compte, mais aus­si voué aux gémo­nies par la qua­si tota­li­té des consul­tants médi­caux choi­sis par les chaînes de télé­vi­sion, quand ce n’est pas par les ani­ma­teurs qui se prennent pour des méde­cins comme Michel Cymes.
Dernière révé­la­tion en date, au sujet de Mme Karine Lacombe, cher­cheuse à l’Inserm (encore?), et infec­tio­logue répu­tée. C’est le méde­cin radio­logue et néan­moins dépu­té Joachim Son Forget qui nous informe que la pra­ti­cienne et cher­cheuse est rému­né­rée par de grands labo­ra­toires phar­ma­ceu­tiques, notam­ment ABB Vie, qui pro­duit dans ses labo­ra­toires un médi­ca­ment qui s’ap­pelle le Kaletra, et par Gilead autre labo­ra­toire pro­dui­sant le Remdesevir. Le pro­blème, c’est que ces deux médi­ca­ments sont concur­rents directs de la chlo­ro­quine prô­née par le Professeur Raoult, mais pro­ba­ble­ment pas au même prix. Y a t‑il conflit d’in­té­rêt ?Karine Lacombe

Jeudi 26 mars 2020

On ne le voyait plus, il a encore par­lé !
« Pourquoi le pré­sident de la République n’est pas muni d’un masque ? Mais tout sim­ple­ment parce qu’il n’y a pas besoin d’un masque dès lors que l’on res­pecte la dis­tance de pro­tec­tion vis-à-vis des autres ».
« Le port du masque, lorsque nous ne sommes pas malades et pas soi­gnants, n’est pas utile, il n’y a pas de rai­son pour que le pré­sident de la République déroge aux pres­crip­tions qui sont réa­li­sées pour l’en­semble de la popu­la­tion fran­çaise. »
C’est en se sou­ve­nant des bonnes paroles de sa porte-parole que Le Président est appa­ru mas­qué à l’hô­pi­tal de Mulhouse. Sibeth est admi­ra­tive, le Président sait com­ment ça se porte !
Trois quarts du dis­cours pour pas­ser la pom­made à ceux qu’il a igno­rés et même fait tabas­ser ces deux der­nières années. J’espère qu’ils appré­cie­ront.
En guise de grosse nou­velle, une énorme somme des­ti­née aux hôpi­taux et au per­son­nel soi­gnant est pré­vue. Si cette somme existe, pour­quoi ne l’a t‑on pas attri­buée avant ? Elle aurait été plus utile qu’a­près !
Et puis­qu’on est en guerre, alors le chef de guerre envoie des porte-héli­co­ptères dans l’outre-mer. Ça c’est de l’au­to­ri­té.Porte-hélicoptères

Vendredi 27 mars 2020

Dans les cités, les « jeunes » sont cou­ra­geux. Ils ne craignent pas le virus (savent-ils seule­ment ce que c’est, un virus ?). Alors le confi­ne­ment, ils s’en moquent un peu, beau­coup… ça s’a­gite pas mal dans le 93 et les autres… au point que la cel­lule de crise de l’Élysée pré­vient qu’il y a des pro­blèmes en ban­lieues. Oui, bien sûr, les consignes ne sont pas res­pec­tées, les contrôles font rigo­ler et, de toutes façons, il n’y a pas de suite, sinon…
Alors, bien qu’on soit en guerre, le sous-ministre de l’Intérieur Laurent Nunez décide : « Ce n’est pas une prio­ri­té que de faire res­pec­ter dans les quar­tiers les fer­me­tures de com­merces et de faire ces­ser les ras­sem­ble­ments », on ne va tout de même pas mettre le feu aux ban­lieues. Ces « jeunes » selon le pré­fet du Nord, exercent même une « forme de média­tion sociale ». Alors pour un couvre-feu, on laisse les maires agir, c’est moins ris­qué.
Remarquez, ils ne risquent rien les petits dea­lers (ni les gros d’ailleurs), puis­qu’ils agissent avec des masques et des gants sem­blables à ceux qui manquent en milieu hos­pi­ta­lier…Immeubles - urbanisation

Samedi 28 mars 2020

Orange ne fait pas que vous four­nir inter­net, télé­vi­sion et télé­phone… La socié­té peut aus­si four­nir VOS infor­ma­tions et vos dépla­ce­ments au gou­ver­ne­ment. C’est par ce biais que l’on apprend que du 13 mars au 20 mars, soit la semaine cer­nant le pre­mier jour de confi­ne­ment (le 17 mars), 1,2 mil­lion de per­sonnes ont quit­té la région pari­sienne. Ce qui repré­sente 17 % de la popu­la­tion de la métro­pole du Grand Paris. Certaines zones semblent tou­te­fois avoir été pri­vi­lé­giées comme lieux de vil­lé­gia­ture durant cette période de « confi­ne­ment ».Stop connerievirus

La semaine sera plus courte d’une heure… c’est tou­jours ça de pris !

Bonne semaine à tous, et à dimanche pro­chain

Patrice LEMAÎTRE