Encore un petit effort, monsieur le Président

Monsieur le Président,
après avoir fus­ti­gé la Nation, les fron­tières, le Peuple qui n’est rien, notre culture qui n’existe pas, vous voi­là qui faites à pré­sent l’é­loge de la Nation, qui relan­cez la pro­duc­tion indus­trielle fran­çaise, qui lan­cez un appel au Peuple fran­çais et à la soli­da­ri­té natio­nale.

C’est très bien, tout ça !

Vous tra­his­sez enfin vos amis qui vous ont pro­mu et pla­cé où vous êtes. C’est un acte auda­cieux qui démontre votre matu­ri­té poli­tique. Car tous vos pré­dé­ces­seurs à votre place ont tra­hi. C’est la marque du pou­voir.

« L’avenir, c’est la tra­hi­son des pro­messes. » (Daniel Pennac)

Sans remon­ter très loin dans le temps, tenons nous en à l’Histoire contem­po­raine. Charles de Gaulle a tra­hi les Pieds Noirs, entraî­nant leur départ pré­ci­pi­té du pays qu’ils avaient fait pros­pé­rer pen­dant des géné­ra­tions. Pire ! Les Algériens, livrés à eux-mêmes, sont inca­pables d’as­su­mer leur indé­pen­dance et affluent par mil­lions en France métro­po­li­taine.

Son suc­ces­seur Georges Pompidou, ancien direc­teur géné­ral de la banque Rothschild, a tra­hi les Français en se cachant der­rière sa bon­hom­mie auver­gnate pour mettre en place, avec ses aco­lytes Olivier Wormser et Valéry Giscard d’Estaing la réforme de la Banque de France. Depuis lors l’en­det­te­ment de la France à l’é­gard des ins­ti­tu­tions finan­cières pri­vées ne cesse d’aug­men­ter.

Chirac vous a ins­pi­ré, lui qui a tra­hi le pré­sident Giscard d’Estaing alors qu’il était son pre­mier ministre puisque vous avez fait la même chose avec Hollande. On ne compte pas les tra­hi­sons de Chirac : il a tra­hi le père (de Gaulle), les frères (Chaban-Delmas, Giscard d’Estaing, Marie-France Garaud et Pierre Juillet mais aus­si Balladur et Pasqua ou encore Alain Juppé) et le Saint-Esprit en tra­his­sant le Peuple de France (en ne recon­nais­sant pas le résul­tat du réfé­ren­dum de 2005 sur le Traité de Maastricht).
Assurément un bel exemple si l’on en juge de votre émo­tion lors de sa mort.

François Mitterrand, le Florentin, a tra­hi tout le monde, tout le temps. Il s’est retrou­vé résis­tant après avoir reçu la Francisque du maré­chal Pétain, puis il a tra­hi de Gaulle, puis il a fait le pro­gramme com­mun avec le Parti Communiste avant de libé­ra­li­ser l’é­co­no­mie, par­ti­ci­pant ain­si acti­ve­ment à la dis­pa­ri­tion de ce par­ti. Il a fait réen­trer la France dans l’OTAN et s’est glo­ba­le­ment ali­gné sur toutes les recom­man­da­tions de Bruxelles et Washington tout en conti­nuant de muse­ler les com­mu­nistes grâce au Front répu­bli­cain contre la mon­tée de l’ex­trême droite. Sûrement le meilleur d’entre vous.

Nicolas Sarkozy a com­mis la tra­hi­son suprême en tra­his­sant le Peuple fran­çais. Il a par­ache­vé l’ac­tion de Chirac en fai­sant adop­ter par le Parlement le Traité de Lisbonne qui reprend celui de Maastricht reje­té par le Peuple. Le mépris le plus abject de la volon­té popu­laire. Et cela ne l’a pas empê­ché de vou­loir se repré­sen­ter sans ver­gogne devant le Peuple car il croyait bien être réélu. Ce Grand Traitre est actuel­le­ment votre ami et il pérore tou­jours dès qu’on lui tend un micro.

François Hollande ne fut pas un grand Président et vous avez eu rai­son de le tra­hir. Mais François Hollande a construit son élec­tion sur le com­bat qu’il mène­rait contre la finance. Une fois élu, il a bien vite oublié cette pro­messe et s’est sou­mis doci­le­ment à toutes les recom­man­da­tions des banques mul­ti­na­tio­nales.
Il a tra­hi sa com­pagne Ségolène Royal, et mère de ses quatre enfants. Mais ça, c’est sa vie pri­vée.

Monsieur le Président, la crise actuelle semble vous inspirer

Vos élans gau­liens doivent encore être tra­vaillés pour paraître vrai­ment sin­cères, mais vous y par­vien­drez.
Après avoir réta­bli la réa­li­té de la Nation contre les recom­man­da­tions, notam­ment, de vos amis Alain Minc et Jacques Attali, il vous revient de réta­blir nos fron­tières natio­nales et de sor­tir de l’Europe de Bruxelles.

Jacques_Attali_Homme_nomade Régis Debray Éloge des frontières
Troquez Jacques Attali (ex-conseiller de François Mitterrand)
pour… Régis Debray (ex-conseiller de François Mitterrand) !

Je sais, cela sera un exer­cice un peu dif­fi­cile pour vous qui pré­co­ni­siez il n’y a pas si long­temps de lais­ser nos fron­tières grand ouvertes pour que le virus Covid-19 cir­cule libre­ment. Mais il n’y a pas d’in­dus­trie natio­nale, de soli­da­ri­té natio­nale sans fron­tières. Profitez de cette période par­ti­cu­lière où le Peuple de France est prêt à l’en­tendre.
Immédiatement après cela, vous met­trez fin à une autre inva­sion, l’in­va­sion migra­toire. Les Français l’ac­cep­te­ront aus­si, croyez moi !
Certes vous ne serez jamais cano­ni­sé à l’ins­tar de Jeanne d’Arc qui sau­va notre pays du désastre contre les Pouvoirs éta­blis de l’é­poque, l’Église et la noblesse, mais vous entre­rez dans l’Histoire de France par la grande porte en lui redon­nant le pres­tige de sa culture et la fier­té de son iden­ti­té.

Massimo Luce