La Planche-des-Belles-Filles : quel suspense !

19 sep­tembre 2020 | 3 Commentaires 

Le Tour de France 2020 s’achève aujourd’hui

Cette édi­tion fut mar­quée par l’inso­lente hégé­mo­nie de l’équipe Jumbo-Visma. Il y avait elle et les autres. Cette équipe construite sur les décombres de Rabobank a réus­si le tour de force de ridi­cu­li­ser la for­ma­tion épou­van­tail, Ineos, ex-Sky. La garde rap­pro­chée de son lea­der, Primoz Roglic, a évo­lué deux tons au-des­sus de toutes les autres équipes et ce qua­si­ment depuis le départ de Nice.

Au terme de la 15e étape, dimanche der­nier, le pelo­ton était déjà pas­sé à l’essoreuse. Seule une petite ving­taine de cou­reurs par­ve­nait, tant bien que mal, à tenir la roue du Slovène qui s’était faci­le­ment empa­ré du maillot jaune au 7e jour de la course. Et par­mi ces « sur­vi­vants », la for­ma­tion Jumbo-Visma était encore sur­re­pré­sen­tée : Primoz Roglic dis­po­sait tou­jours de 5 équi­piers pour l’épauler. Et quels équi­piers ! Même les sprin­ters se mon­traient capables de mener un train d’enfer pen­dant de très longs relais dans des pentes à 15 %. Alors, for­cé­ment, au sein du pelo­ton, on s’interroge. On s’agace même : « Quand ils embrayent à 100 kilo­mètres de l’arrivée, ils ne cherchent pas seule­ment à gagner, mais à humi­lier », confiait un cou­reur à Libération sous ano­ny­mat. « On rêve tous de connaître leur secret », lance un autre… Même du temps de la Sky, deve­nue Team Ineos, le pelo­ton ne se sen­tait pas autant mépri­sé.

On peut com­prendre le désar­roi des cou­reurs et leurs inter­ro­ga­tions car, en 2019, le cyclisme slo­vène s’était retrou­vé au cœur d’une tem­pête sur fond de dopage. Deux cyclistes pro­fes­sion­nels slo­vènes avaient été sus­pen­dus soup­çon­nés d’avoir béné­fi­cié du réseau de dopage par auto-trans­fu­sion san­guine déman­te­lé en Allemagne : l’affaire « Aderlass ». Depuis une dizaine d’années, ce petit pays fron­ta­lier de grandes nations dis­po­sant d’une loi anti­do­page stricte (Autriche et Italie), était consi­dé­ré comme un havre de paix pour tous les dopés euro­péens. Ça a lais­sé des sou­ve­nirs.

La for­ma­tion néer­lan­daise Jumbo-Visma qui s’est construite sur les décombres de la Rabobank, garan­tis­sait qu’elle ne cau­tion­ne­rait aucun dopage. Mais son hégé­mo­nie sur ce Tour réveille les sus­pi­cions dans une large par­tie du pelo­ton et bien au-delà. Interrogé par l’Équipe sur la recette de ce suc­cès, Richard Plugge, le mana­ger, répond ingé­nu­ment : « Je ne sais pas ». Avant d’ajouter : « Essayer d’être les plus pro­fes­sion­nels pos­sible dans tous les domaines et d’obtenir l’implication maxi­male de tous les membres de l’équipe ». Tout en réaf­fir­mant : « Nous avons une poli­tique anti­do­page très stricte. Je crois que tout le monde a appris du pas­sé. » On s’efforcera de le croire.La Planche-des-Belles-Filles - Tour France 2020

Mais, hier, coup de théâtre : dans l’avant-dernière étape contre la montre, Lure > La Planche-des-Belles-Filles, l’invincible équipe au maillot jaune et noir qui sem­blait en passe d’écraser l’épreuve avec trois de ses cou­reurs dans les cinq pre­miers, s’est vu damer le pion par un jeune pro­dige dépour­vu d’équipe d’envergure. À deux jours de son 22e anni­ver­saire, Tadej Pogačar s’offre un fabu­leux cadeau en gagnant l’étape et rem­por­tant le Tour de France dans la fou­lée tout en raflant au pas­sage le maillot à poids du meilleur grim­peur et le blanc du meilleur jeune. Un exploit rare­ment réa­li­sé dans l’histoire du Tour, voire jamais à cet âge.

Mais là ou le bât blesse, c’est que Tadej Pogačar est lui aus­si slo­vène ! Quelle conclu­sion faut-il en tirer ? Nous lais­se­rons aux ins­tances offi­cielles de l’anti-dopage le soin de le faire à notre place, c’est son rôle. Pour ma part, je me bor­ne­rai à saluer la magni­fique vic­toire de David contre Goliath qui me réjouit au plus haut point. Et savou­rer ce revi­re­ment de situa­tion de der­nière minute qui nous a don­né un final intense en sus­pense.

Merci à ces cham­pions, du pre­mier au der­nier, dopés ou non, qui nous ont fait vibrer pen­dant trois semaines hale­tantes.

Vivement le Tour 2021.

Charles ANDRÉ

3 Commentaires 

  1. Le mec, il fait des cen­taines de kilo­mètres à fond les pédales sans masque, et il vient le por­ter sur le podium !
    Il a quand même l’air un peu con avec son masque… jaune ! Assorti au maillot, SVP. Ridicule.
    Tout ça pour assu­rer la pro­mo­tion de la « plan-démie ».
    C’est pour ça que je n’ai aucune consi­dé­ra­tion pour les por­teurs de masque, quels qu’ils soient. Le seul cas où le masque peut ser­vir, c’est lors­qu’il y a risque de ver­ba­li­sa­tion (le masque ne sert qu’à une seule chose : ne pas cho­per d’a­mende).

    Répondre
    • C’est exac­te­ment ça ; c’est pareil, pour moi, pour la cein­ture de sécu­ri­té.

    • Tout à fait d’ac­cord

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