L’histoire de l’abbaye trappiste Notre-Dame de Scourmont

22 sep­tembre 2020 | Aucun com­men­taire

C’est en 1850 que des moines viennent à Chimay, en Belgique, et fondent l’abbaye Notre-Dame de Scourmont !

Aujourd’hui, la com­mu­nau­té compte une ving­taine de moines trap­pistes, qui alternent leur vie entre prière et tra­vail. Ces der­niers super­visent encore la pro­duc­tion de leurs célèbres bières : les Chimay ! Mais avant d’en arri­ver là, les moines sont pas­sés par un che­min un peu chao­tique… Allez c’est par­ti, Divine Box vous raconte tout sur l’histoire de l’abbaye de Chimay !

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La bras­se­rie est située au sein même de l’abbaye de Scourmont en Belgique depuis 1862 – © Divine Box

Une sacrée aide !

L’abbaye Notre-Dame de Scourmont fut fon­dée en Belgique, en 1850, dans la région pauvre de Chimay. Le curé d’un vil­lage voi­sin, voyant la situa­tion de la région, se mit en tête que l’agriculture serait béné­fique pour l’économie de la région… Au final, il a réus­si à obte­nir l’aide finan­cière du Prince de Chimay, ain­si que des terres pour accueillir les moines. Et le tour est joué : en 1850 dix-sept moines de l’abbaye belge de Westvleteren arrivent pour faire démar­rer le monas­tère : en avant !

Malgré le froid

Les condi­tions de vie des moines sont dif­fi­ciles à l’époque. Il fait très froid et il gèle même en juillet ! Il paraît que les pre­mières pommes de terre fai­saient la taille d’une noix… Et pour­tant, les moines ne perdent pas leur entrain et leur joie de vivre ! Ils ne perdent pas non plus leur créa­ti­vi­té : des archives racontent : « On vou­lut son­ner l’Angélus mais il n’y avait ni cloche, ni son­nette… Qu’à cela ne tienne : on frap­pa sur le cou­vercle de la mar­mite ! » C’est sans aucun doute grâce à cette joie rayon­nante que la com­mu­nau­té s’agrandit à toute allure : 80 moines en même pas dix ans ! Les acti­vi­tés se mul­ti­plient et, à la demande du Prince qui les avait aidés, les moines ouvrent une école d’agriculture pour contri­buer au déve­lop­pe­ment de la région.

Notre-Dame de Scourmont

C’est l‘abbaye de Westvleteren, en Belgique fla­mande, qui a per­mis la fon­da­tion de Notre-Dame de Scourmont en Belgique wal­lonne ! – © Divine Box

Se mettre à brasser

Les trap­pistes de l’abbaye de Scourmont appré­cient boire de la bière (notam­ment celle de leur abbaye fon­da­trice, Westvleteren). En effet, au XIXe siècle, la bière est nutri­tive et per­met de com­plé­ter le régime ascé­tique des moines… Pratique ! Puis un jour, les moines de Chimay décident de bras­ser eux-mêmes leurs propres bières : d’une part ce serait plus éco­no­mique pour leur propre consom­ma­tion, et d’autre part, cela pour­rait être un reve­nu com­plé­men­taire bien­ve­nu pour les finances de l’abbaye !

Et hop, voi­là qui est fait ! En 1862, la bras­se­rie est lan­cée, d’abord pour la consom­ma­tion des moines seule­ment. Mais fina­le­ment, ils com­mer­cia­lisent leur pre­mière bière en 1863 (la Chimay Rouge), qui connaît un véri­table suc­cès dans la région !

Des imprévus

Pourtant, des évé­ne­ments impré­vus viennent désta­bi­li­ser le quo­ti­dien pai­sible des moines. En effet, douze moines sont mobi­li­sés lors de la Première Guerre mon­diale. La vie monas­tique en tant que telle conti­nue, mais les moines sont obli­gés de fer­mer la bras­se­rie pour un temps.

Après la guerre, alors que la pro­duc­tion était à peine repar­tie, la crise éco­no­mique de 1930 vient ralen­tir le rythme de la pro­duc­tion, qui va s’arrêter com­plè­te­ment lors de la Seconde Guerre mon­diale… Cette fois-ci, trente moines sont mobi­li­sés au front, et 3 000 sol­dats alle­mands chassent les moines de l’abbaye en 1940, puis en 1942 ! Moment dif­fi­cile pour l’abbaye…

Grand succès pour Chimay

En 1944, la fin de la guerre laisse aux moines une abbaye où tout est à refaire. Ils en pro­fitent alors pour moder­ni­ser la pro­duc­tion, mais gardent évi­dem­ment des recettes et pro­cé­dés arti­sa­naux et tra­di­tion­nels. Les bières de Chimay connaissent alors un suc­cès dans toute la Belgique !

Ainsi, de même que toutes les bonnes choses ont une fin, après la pluie vient le beau temps ! Mais le suc­cès est si grand qu’une vraie ques­tion se pose en 1974 : faut-il mettre des limites à la pro­duc­tion pour pro­té­ger la vie monas­tique, ou alors prendre le risque d’agrandir, et ain­si sou­te­nir l’économie de cette région pauvre ? Allez, les moines choi­sissent de conci­lier les deux ! En effet, ils gardent le bras­sage dans l’abbaye, mais délèguent les tâches admi­nis­tra­tives hors de l’abbaye… Futé !

Notre-Dame de Scourmont

Les bières de Chimay sont pro­duites sous le strict contrôle des moines au sein même de l’abbaye de Scourmont, en Belgique – © Paris Match

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, une ving­taine de moines trap­pistes vivent encore à l’abbaye et suivent la règle de saint Benoît, dans la prière et le tra­vail. En ce qui concerne la prière, ils ont sept offices par jour, dont le pre­mier est à 4h30 ! Côté tra­vail, l’abbaye s’est phy­si­que­ment désen­ga­gée de la pro­duc­tion de fro­mage et de bières de Chimay, mais suivent soi­gneu­se­ment la pro­duc­tion des 18 000 000 litres bras­sés par an. D’ailleurs, les bières de Chimay répondent aux exi­gences du logo « Authentic Trappist Product », garan­tis­sant leur authen­ti­ci­té monas­tique. Autant vous dire que pour une région pauvre comme Chimay, l’abbaye assure de nom­breux emplois qui sont les bien­ve­nus !

Merci à la France

L’abbaye de Scourmont n’est pas uni­que­ment connue pour ses bières de Chimay (dont sa Chimay Bleue – la plus connue), mais aus­si pour ses dif­fé­rents fro­mages !

Notre-Dame de Scourmont

Les fro­mages de l’abbaye de Scourmont se marient avec toutes les bières de Chimay, comme ici la Chimay Dorée – © Divine Box

Créée à la fin des année 1850, la fro­ma­ge­rie a pour pre­mier but de nour­rir la com­mu­nau­té. Mais mal­heu­reu­se­ment, le résul­tat n’est pas convain­cant au début… La com­mu­nau­té envoie alors un moine se for­mer en France à l’abbaye de Sept-Fons. Il revient avec la recette du fro­mage trap­piste tra­di­tion­nel de l’abbaye du Port-du-Salut ! Grâce à ça, l’abbaye de Scourmont sort son pre­mier fro­mage réus­si et de qua­li­té en 1876 ! Depuis, la com­mu­nau­té a déve­lop­pé une dizaine de varié­tés, dont quelques-unes avec un affi­nage aux bières de Chimay ! Mmmh, un régal !

Et pour acheter les produits de l’abbaye Notre-Dame de Scourmont ?

Le mieux c’est bien sûr d’aller direc­te­ment sur place en Belgique, et faire un petit cou­cou aux moines au pas­sage… Voici leur adresse :
Abbaye Notre-Dame de Scourmont
6464 Chimay
Belgique
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