Pourquoi le restaurateur niçois a‑t‑il joué perso ?

28 jan­vier 2021 | 6 Commentaires 

Cela aurait pu être un fait his­to­rique : un res­tau­ra­teur niçois brave l’in­ter­dic­tion et ouvre héroï­que­ment son res­tau­rant envers et contre tout. Puis il aurait pu entraî­ner dix, puis cent puis des mil­liers de res­tau­ra­teurs et déclen­cher ain­si la révo­lu­tion que tout le monde pressent. Il n’en a rien été : le bide ! Non seule­ment pour lui, mais peut-être pour tous les res­tau­ra­teurs et tous les Français.

Jeu de rôles désolant :

Le pro­prié­taire du res­tau­rant, Christophe Wilson : il est en train de cre­ver, le gou­ver­ne­ment l’empêche de tra­vailler. Il ne touche pas de salaire s’il ne tra­vaille pas contrai­re­ment à beau­coup de Français retrai­tés ou employés des col­lec­ti­vi­tés publiques. Il faut faire quel­que­chose. Alors il est ten­té de faire comme ses voi­sins ita­liens : ouvrir mal­gré l’in­ter­dic­tion (lire Les bars et res­tau­rants ita­liens déso­béissent aux règles et ouvrent ensemble dans un acte de déso­béis­sance civile sur Réseau inter­na­tio­nal).
Alors il annonce qu’il ouvre et il ouvre. Tout le monde ne le fait pas.
Oui, mais il le fait dans son coin, tout seul. Sans même attendre le mou­ve­ment natio­nal qui se des­sine le 1er février 2021 : Restaurateurs déci­dés à ouvrir le 1er février : « Il faut bien qu’on se fasse entendre ». Ne pou­vait-il pas attendre 3 petits jours.

Le pré­fet des Alpes Maritimes : il a lais­sé venir et ten­du un tra­que­nard non seule­ment au res­tau­ra­teur mais à tous les clients. Les poli­ciers ont atten­du que tout le monde entre et soit bien ins­tal­lé pour iden­ti­fier et péna­li­ser à tout va.
Le direc­teur du cabi­net de la pré­fec­ture annonce, jubi­la­toire : « Des effec­tifs de police ont été dili­gen­tés sur place. Il y a eu jus­qu’à 70 per­sonnes ras­sem­blées dans ce res­tau­rant. Parmi eux nous avons noté la pré­sence de gens qui, dans le pas­sé, sont venus ren­for­cer les rangs des Gilets Jaunes ».
Comprenez : Gilets Jaunes = délin­quants notoires.

Le cui­si­nier : le cui­si­ner noir, de natio­na­li­té ivoi­rienne, est en situa­tion irré­gu­lière même s’il réside en France depuis bien­tôt 10 ans. Il était employé à la plonge au res­tau­rant Le Poppies depuis sep­tembre der­nier.
Le patron du res­tau­rant est donc bien mal pla­cé pour s’é­ri­ger en héros alors qu’il emploie, comme cela se pra­tique beau­coup dans la res­tau­ra­tion, une main d’œuvre clan­des­tine au seul motif qu’elle coûte moins cher. Il était donc en infrac­tion depuis bien longtemps.

La CGT : du pain béni pour la CGT qui demande dans un com­mu­ni­qué la régu­la­ri­sa­tion du clan­des­tin et de tous les clan­des­tins dès lors qu’ils peuvent four­nir une simple preuve de la rela­tion de tra­vail. « Ces tra­vailleuses et tra­vailleurs sont uti­li­sés, notam­ment dans la res­tau­ra­tion, par des employeurs peu scru­pu­leux pro­fi­tant de leur situa­tion de vul­né­ra­bi­li­té. »
Aucun mot de com­pas­sion à l’é­gard du patron, bien entendu.

Les clients : ce sont les din­dons de la farce dans cette his­toire. Chacun est repar­ti du res­tau­rant avec une prune à 135 euros, ce qui fait cher l’as­siette de gnoc­chis ! La recette est bonne pour la Recette publique !
Par suite les Français, qui sou­haitent agir pour sou­te­nir les res­tau­ra­teurs, hési­te­ront avant de se faire ser­vir un dahl de lentilles.

Bref dans cette affaire, seul l’État sort gagnant. Même pas sûr que le res­tau­ra­teur se soit fait un coup de pub. Celui-ci n’a pas com­pris que le mou­ve­ment ne peut l’emporter que s’il emporte avec lui la masse immense des Français exas­pé­rés. Le gou­ver­ne­ment le sait bien qui n’a aucune dif­fi­cul­té à bri­ser un res­tau­ra­teur iso­lé et quelques dizaines de clients aven­tu­reux. Mais il peut en être tout autre­ment si les res­tau­ra­teurs suivent l’exemple ita­lien et ouvrent tous ensemble : tous pour un, un pour tous ! Ce qui se dit outre-atlan­tique : where we go one, we go all ! Ce sera peut-être le cas ce 1er février : Je vais au res­tau­rant le 1er février !

Massimo Luce

6 Commentaires 

  1. Et pen­dant ce temps.… pas­sé inaper­çu dans la sphère mé®diatique mains­tream :
    « Le 12 jan­vier, Bouygues a été défi­ni­ti­ve­ment condam­né par la Cour de cas­sa­tion pour tra­vail dis­si­mu­lé sur le chan­tier de l’EPR de Flamanville.
    Une déci­sion majeure, point final d’une longue pro­cé­dure pénale, débu­tée après trois ans d’enquêtes pré­li­mi­naires, et qui avait déjà vu l’entreprise condam­née deux fois (en 2015 et en 2017). L’occasion, pour les grands médias… de ne pas en parler. »

    https://www.acrimed.org/EPR-de-Flamanville-la-condamnation-de-Bouygues

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  2. C’est exac­te­ment ce que j’ai pen­sé : ça pue cette histoire

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  3. C’est sûr, sur le fond ce res­tau­ra­teur a rai­son car mas­qués et espa­cés les clients ne risquent pas plus que dans le train ou l’hy­per­mar­ché. Il faut bri­ser cet acte d’im­pé­ria­lisme col­lec­ti­viste mais avec sou­plesse ; donc sur la forme, eh bien oui, ce qui devait arri­ver arri­va… c’est dom­mage pour tout le monde ; quant au cui­si­nier clan­des­tin la règle patriote et logique veut qu’il rentre chez lui, point barre.
    NDLR : c’est peut être bon pour le res­tau­ra­teur mais ça l’est sur­tout pour l’Ivoirien qui gagne de l’argent ILLÉGALEMENT.

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  4. Soit ce res­tau­ra­teur est un outil du Système
    Soit c’est un imbé­cile qui en plus uti­lise les migrants au détri­ment de nos tra­vailleurs fran­çais et immi­grés en règle qui eux devraient être prio­ri­taires.
    Ce mec est un désastre !

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    • Pour ma part, il est sans aucun doute un outil du Système qui peut mon­trer, quelques jours avant la déso­béis­sance natio­nale, quels sont les moyens de sanc­tion­ner tous les contre­ve­nants.
      Et encore une fois, la jus­tice et les forces de police sont com­plices de ce gou­ver­ne­ment scélérat.

    • Affaire poli­tique, beau­coup de gau­chos au res­tau­rant, dont Roya citoyens.
      Les médias n’ont pas par­lé qu’il employait un clan­des­tin, juste qu’il avait été mis en garde à vue parce qu’il avait enfreint la fer­me­ture obligatoire.

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