Palme d’or 2021 à Cannes : encore du convenu

21 juillet 2021 | 1 com­men­taire

L’annonce de la mise en place du pass sanitaire a fait oublier les paillettes du Festival de Cannes et le verdict de cette édition 2021

Samedi der­nier, donc, dans la plus grande des caco­pho­nies, la Palme d’or a été décer­née à Titane, le der­nier film de Julia Ducournau. Cacophonie car le pré­sident du jury, Spike Lee – de son vrai nom Shelton Jackson Lee –, scé­na­riste, réa­li­sa­teur, acteur et pro­duc­teur amé­ri­cain racia­liste, foca­li­sé sur les pro­blèmes sociaux et iden­ti­taires des mino­ri­tés, tota­le­ment à côté de ses pompes, a annon­cé la Palme d’or au début de la soi­rée, contrai­re­ment aux usages, cas­sant aus­si­tôt l’ambiance et semant la panique chez les organisateurs.

Après la pitoyable céré­mo­nie des César de triste mémoire, ce fut donc au fes­ti­val de Cannes de som­brer dans le mee­ting bobo bien-pen­sant ten­dance LGBT tel qu’il est à pré­sent cou­tume de pré­sen­ter. D’ailleurs, en marge du pal­ma­rès offi­ciel, on a eu droit à la remise de la « Queer Palm » – et oui, une palme spé­ci­fique LGBT existe au fes­ti­val de Cannes ! –, attri­buée à une his­toire tout à fait pas­sion­nante de les­biennes au bord de la sépa­ra­tion, inti­tu­lée La Fracture. Un futur grand suc­cès au box office, n’en dou­tons pas. Donc, pour reve­nir à la Palme d’or, bien évi­dem­ment, le lau­réat cochait toutes les cases du poli­ti­que­ment cor­rect c’est à dire :
☐ réa­li­sé par une femme,
☐ basé sur un conflit fille-père
☐ avec un per­son­nage cen­tral andro­gyne et
☐ la pré­sence dans le cas­ting du cocker triste de ser­vice, chou­chou des bobos, Vincent Lindon.
Tout pour plaire !

À l’occasion de son dis­cours de remer­cie­ment, Julia Ducournau s’est expri­mée d’abord en anglais à l’intention de ses pairs, les « cultu­reux » mon­dia­li­sés qui for­maient les pre­miers rangs du par­terre, puis a van­té la néces­si­té de « repous­ser les murs de la nor­ma­ti­vi­té qui nous enferment et qui nous séparent » et remer­cié le jury « d’avoir recon­nu le besoin avide et vis­cé­ral que nous avons d’un monde plus fluide et plus inclu­sif », appe­lant « à plus de diver­si­té dans nos expé­riences au ciné­ma et dans nos vies ». Pour finir, elle a aus­si remer­cié le jury « de lais­ser ren­trer les monstres » (?). Là, on surfe dans les hautes couches de la stra­to­sphère intel­lec­tuelle. Bas du front s’abstenir, ça s’adresse aux QI supé­rieurs à 140 ! Pas éton­nant que les spec­ta­teurs n’aient rien com­pris à ce film et le déplorent dans des cri­tiques acerbes.

Mais je vous sens impa­tients de savoir ce que raconte ce nou­veau chef‑d’œuvre mar­qué du sceau de la qua­li­té et de l’excellence cen­sé­ment confé­rés par la récom­pense can­noise. Alors, voi­là : c’est l’histoire d’une jeune femme vic­time d’un acci­dent de voi­ture, à qui on a gref­fé une plaque de titane dans la tête. Conséquence : elle déve­loppe une atti­rance sexuelle pour les voi­tures de marque (!) ain­si que des pul­sions meur­trières envers les hommes. Activement recher­chée par la police, elle décide de se faire pas­ser pour le fils d’un pom­pier dépres­sif qui pleure son enfant dis­pa­ru. Elle se tra­ves­tit alors en homme et le pom­pier peut enfin endos­ser le rôle du père qu’il n’a jamais su être. Pourquoi pas, me direz-vous ? À part l’étrange pen­chant sexuel de l’héroïne, l’histoire pour­rait se tenir. Oui mais la réa­li­sa­trice a cru bon de som­brer dans le « trash » – pour par­ler bran­ché – c’est à dire le vul­gaire et le dégueu­lasse. À un degré tel que, lors de sa pro­jec­tion, le film a pro­vo­qué des nau­sées et des éva­nouis­se­ments chez cer­tains spec­ta­teurs et qu’une ving­taine d’entre eux, par­ti­cu­liè­re­ment cho­qués, ont dû être pris en charge par les pompiers !

Bref, un film pré­ten­tieux, fouillis, lou­foque, « gore », médio­cre­ment joué, sur un scé­na­rio plein de trous et ser­vi par une camé­ra voyeu­riste capable de se fixer cinq longues minutes sur l’entrejambe de l’actrice prin­ci­pale au cours d’une danse. Une accu­mu­la­tion de scènes choc, inuti­le­ment vio­lentes, déran­geantes, tor­dues… Mais écou­tons plu­tôt les ciné­philes déçus car ce sont eux qui en parlent le mieux, sur le site AlloCiné : « Un vrai navet qui se veut intel­lo », « Un scé­na­rio d’une sidé­rante stu­pi­di­té », « Une vul­ga­ri­té incroyable », « Une infâme daube », etc. Parfois avec humour, comme ici : « Film por­no­gra­phique très déce­vant : trop de vio­lence gra­tuite au détri­ment du sexe ». Ou encore là : « Un concen­tré de vio­lence facile, de nudi­té sans queue ni tête… mais avec chatte ! » Enfin, celui qui résume tout : « Julia Ducourneau est le pur pro­duit d’un sys­tème éli­tiste pari­sien, d’une bour­geoi­sie qui a besoin de trans­cen­der son ennui en pro­dui­sant des hor­reurs à grand ren­fort de musiques à défaut de talent. »

Avec un tel cinéma, l’interdiction de se rendre dans les salles obscures faite à ceux qui refusent le pass sanitaire ne risque pas d’être difficile à supporter

En revanche, le sep­tième art, lui, n’y a pas gagné. Il a défi­ni­ti­ve­ment som­bré dans la sou­mis­sion à la Bien Pensance qui se nour­rit de trans­genre et de diver­si­té. Le confor­misme, pro­duit d’un sys­tème cultu­rel sub­ven­tion­né, abou­tit à ce genre de dérives qui cumulent la cuis­tre­rie, le nom­bri­lisme et le sno­bisme, pour reprendre les termes de Pierre Marcellesi du Canard enchaîné.

Charles André

« L’important n’est pas de convaincre mais de don­ner à réflé­chir. »

1 commentaire

  1. N’allons plus au ciné­ma de la pédo­cri­mi­na­li­té d’Hollywood. Cette médio­cri­té cultu­relle raciste est une autre arme du sys­tème. Injection for­cée, films pour­ris, artistes médiocres et si lâches c’est ça LE PROJET. A quand l’o­bli­ga­tion de bouf­fer de la merde ?
    Combien a coû­té l’u­sine à gaz de l’in­cul­ture nom­mée L’Université du ciné­ma à Cannes ? Monsieur le maire de Cannes, le fric serait plus utile pour les hôpi­taux et les SDF par exemple. Pour ses potes, on dépense un POGNON DE DINGUE, hein !

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