Catherine Ségurane

L’Histoire couleur locale

La bonne ville d’Orléans vient de choisir une charmante demoiselle métisse pour tenir le rôle annuel de Jeanne d’Arc, libératrice de la ville en 1429. Elle est originaire du Bénin par son père et sa mère vient de Pologne. Je me demande comment réagiraient les Niçois si, demain, chargé d’une production télé sur l’Histoire de la ville, j’engageais une jeune fille turque pour incarner Catherine Ségurane (ci‐​dessous). Catherine SéguraneRassurez‐​vous, pour faire bonne mesure, j’embaucherais dans la foulée, des Niçois de souche – mais si ça existe, n’en déplaise aux « melting‐​poteurs » assermentés(1) – pour tenir le rôle des barbaresques et autres bachi‐​bouzouks ou janissaires(2). Quant aux Français (ah, les imbéciles !) qui prêtèrent main forte aux Turcs, ils seraient représentés par des figurants recrutés parmi les émigrés clandestins de Vintimille ou dans la ferme du sieur Herrou.

Présentons ici l’un des portraits les plus anciens de notre sainte nationale (réalisé vers 1445, quatorze ans après son décès) en souhaitant vivement que les organisateurs de reconstitutions s’en inspirent.

Jeanne Arc enluminure
Caractéristiques physiques auxquelles se conformeront la plupart des artistes qui représenteront l’héroïque Jeanne : peau très pâle, cheveux tirant sur le roux, yeux clairs, nez droit, lèvres minces.

La B.B.C., dont on connaît l’engagement passionnel pour la « diversité », vient de franchir le pas. La guerre de Troie aura bien lieu devant les caméras mais avec un Achille incarné par un acteur africain de souche. « Je suis le bouillant Achille, le grand Myrmidon, combattant un contre mille » ferait chanter à ce garçon une version super cool branchée de La Belle Hélène.

Achille noir
Le fils de Thétis… pas très couleur locale… ou humour british ? Ajoutons que son casque, vaguement imité du modèle illyrien (VIIème siècle avant notre ère) est pour le moins fantaisiste. La précision historique n’est visiblement pas la préoccupation du réalisateur.

Achille black ! Je n’en reviens pas ! De par ma formation en histoire de l’Art, on m’a enseigné qu’une reconstitution du passé exigeait de s’approcher au plus près de la vérité. Homère nous parle des cheveux d’un blond ardent, évocateur d’une flamme combattante, comme jaillie du soleil, qu’arbore le plus impétueux des assiégeants de Troie. En 2004, Hollywood nous donnait, sous la direction de Wolfgang Petersen, une très convaincante image d’Achille qu’incarnait un Brad Pitt déchaîné. Nous n’oublierons pas son combat contre Hector durant lequel, pour reprendre ici la magnifique formule d’un universitaire roumain(3), « il sculpte la mort de son adversaire ».

Brad Pitt Troy 2004
Achille tel qu’en lui‐​même…

Dans le même opus de la B.B.C., Zeus aussi est africain. Colère noire à l’Olympe. Mais, nul n’y peut rien, les éclairs restent blancs.

En fait, les Anglais ne faisaient que récidiver car, peu de temps auparavant, on gratifia les spectateurs d’un téléfilm, qui se voulait « historique », dans lequel Marguerite d’Anjou (1430−1482), née à Pont‐​à‐​Mousson ou peut‐​être à Nancy (et non à Conakry ou à Bobo Dioulasso), épouse d’Henri VI d’Angleterre, était figurée par une actrice un peu teintée, comme le montre l’image qui suit :

Marguerite Anjou noire
Marguerite d’Anjou après bronzage sous les cieux d’Angleterre.
Marguerite Anjou enluminure
La délicieuse Marguerite aux couleurs de la fleur qui la prénomme : blanche et dorée de blondeur.

Comparez avec un portrait de notre princesse de Lorraine et du Bar sur une enluminure par le maître Talbot Shrewsbury en 1445 ; elle avait alors quinze ans.

Suite à la décision des fêtes orléanaises, ce fut sur la Toile un déferlement de commentaires hostiles. Certains frisant la 17e chambre correctionnelle, voire y amenant tout droit, et beaucoup d’autres prenant le parti – très français ! – d’en rire aux éclats. Ont été ainsi proposés des castings les plus loufoques : Moïse interprété par un esquimau, Vercingétorix par un acteur kényan. Et pourquoi pas Jules César par un Hongkongais ou encore un comédien kanak en Napoléon. Pour ma part, je vous propose un Charles de Gaulle touareg. Le gag le plus hilarant est venu d’un sacré plaisantin, as de la provoc, qui nous annonce un biopic sur Nelson Mandela avec un figurant d’origine germanique, blond comme les blés. Vous trouvez ça grotesque ? Rassurez‐​vous, nous aussi. Et c’est le soit disant antiracisme qui se ridiculise en falsifiant l’Histoire. Mais, s’entêter à ce petit jeu‐​là, risque fort, disons‐​le franchement, de provoquer des réactions de plus en plus « épidermiques ».

Cette obsession consistant à nier la spécificité ethnique des Européens vire à l’obscénité. Au point qu’il a été certifié par les médias, ces jours derniers, reconstitution d’un spécimen préhistorique à l’appui, que les ancêtres des Britanniques, 10 000 ans avant notre ère, avaient la peau sombre. C’est ce que laisse entendre une universitaire américaine d’Indianapolis, Susan Walsh, qui prétend avoir mis au point un système permettant de préciser la couleur de peau à partir d’une analyse d’ossements. Oui, mais une autre universitaire, Brenna Hen, de l’université Stony Brook de New York, la reprend et rectifie en disant que la détérioration des matériaux a pu laisser croire que la peau était foncée.

Black Cheddar man
L’Homme de Cheddar (comté de Somerset, Angleterre). Sa prétendue peau foncée procède en fait d’un jugement hâtif. Comme on est à Cheddar, n’en faisons pas un fromage… blanc.

Tout le monde peut commettre une erreur, mais ce qui est affligeant c’est de constater qu’à partir du moment où l’on aurait pu supposer que de lointains ancêtres européens aient la peau plus ou moins foncée, les thuriféraires du mélange des ethnies et des cultures entrent dans un état de ravissement qui rivalise avec l’extase mystique :
• Hallelujah ! L’Europe était black !
• Confiteor ! ce passé justifie la marée noire d’émigrés clandestins.
• Te Deum ! (par Jean‐​Louis Borloo) l’Afrique est l’avenir de notre continent.
Tous les beaux moralistes (auto‐​proclamés) savent pertinemment qu’en un demi‐​siècle l’exponentielle fécondité de ces peuples aura raison des autochtones européens ; et c’est sans doute ce qu’ils souhaitent. Ainsi serait accompli le « Grand Remplacement » (formule qui devient honnie, taboue et bientôt passible de sanctions) prédit par Renaud Camus. Effarante, cette détestation de soi, de son appartenance à une civilisation qui, des menhirs aux défis techniques des cathédrales et du mythe d’Abaris(4) aux fusées spatiales, n’a eu de cesse de perfectionner son savoir‐​faire dont a profité le monde entier. L’homme blanc est donc l’ennemi à abattre, à éradiquer pour le salut d’une Humanité s’unifiant dans le Métis Âge. Or, cette situation semble s’inscrire dans un contexte de fin de cycle annoncé de longue date par des traditions indo‐​européennes auxquelles s’ajoute, clôturant le Nouveau Testament, le texte du visionnaire de Patmos, l’apôtre Jean.

Il est dit, en résumé, qu’après une période de confusion totale et d’aberrations à peine imaginables – avec, par exemple, le temps des « trans » : génique, genre, humanisme – des forces diverses, réfractaires à tout renoncement mortel, s’uniront et, ainsi, parviendront à triompher. Partout en Europe, nombre de signes sont symptomatiques d’un réveil des consciences et d’une résistance qui s’organise(5)

Persée Cellini
Signée de Benvenuto Cellini, l’une des sculptures les plus célèbres de la Renaissance : brandissant la tête de la Gorgone, le héros Persée symbolise le courage d’outrepasser un pouvoir incapacitant en lequel on reconnaît l’actuel idéologiquement correct et son venimeux appareil répressif.

P‐​G. S.

(1) Cf. notre article du 14 décembre 2016 Le melting pot, parodie du Saint Graal et notamment l’intervention de l’ancien Président Sarkozy devant les élèves de l’École Polytechnique dans laquelle il annonce qu’il contraindra les Français au métissage.
(2) Le terme de Bachi‐​bouzouk, devenu l’une des injures les plus spontanées de capitaine Haddock, désignait un soldat irrégulier de l’armée turque. Les troupes d’élite se nommaient janissaires. Cf., toujours dans la rubrique Perspectives, notre article du 7 août 2016 Les bachi‐​bouzouks et Toutatis.
(3) Lors d’un colloque sur l’Identité Européenne tenu à Nice en 2005, si je ne m’abuse.
(4) Prêtre d’Apollon, originaire de la terre mythique d’Hyperborée. On raconte qu’il voyageait à travers le monde grâce à « une flèche d’or gigantesque » (cf. Héraclide Pontique dans son livre sur La Justice).
(5) À Varsovie, Dresde, Prague, cf. notre article du 6 octobre 2017 : Les tueurs sont parmi nous, mais aussi en Hongrie, en Autriche et demain en Italie.

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Un commentaire

  1. Beaucoup de bons sens et de justesse de vue .