Tolbiac avril 2018

Un printemps de « chien‐​lit » sous un ciel de guerre

Alors, nous y sommes. Notre armée vient de larguer des bombes sur la Syrie d’Assad(1). Prétexte invoqué ou plutôt claironné, « du gaz qui tue des populations civiles ». C’est insupportable à l’humaine conscience. Il fallait intervenir « au nom des Droits de l’Homme et contre la barbarie ». Sans blague ! Sérieux ! Ou, mais dites‐​le franchement, vous prenez les Français pour de gros imbéciles prêts à tout gober.

Car, enfin, lorsque Daesh diffusait à profusion des vidéos exposant complaisamment ses multiples façons d’assassiner, toutes aussi monstrueuses les unes que les autres, personne ne venait, blême d’indignation, condamner ces actes monstrueux commis sur les populations hostiles au Califat et sur les soldats d’Assad faits prisonniers. Faut‐​il rappeler les images insupportables de cages de fer plongées dans des piscines et noyant les malheureux qu’elles enfermaient ? Ou ces condamnés menottés dans une voiture servant de cible pour bazooka ? Ou tous ces malheureux brûlés vifs selon divers procédés pour égayer les vidéos ? Ou encore, dans l’antique Palmyre en instance de dynamitage systématique, ces hommes agenouillés avec derrière eux, des gamins en treillis – le plus âgé n’avait pas vingt ans ! – pointant leur arme sur la nuque des condamnés.

Daesh exécution
Nous avons délibérément flouté ce cliché, bien qu’il ait circulé dans plusieurs médias. D’une part parce qu’il peut heurter certains de nos lecteurs, et d’autre part parce que nous ne souhaitons pas subir les mêmes persécutions judiciaires que Marine Le Pen et Gilbert Collard qui ont publié d’autres photos sur les violences commises par Daesh.

Je me souviens de la dignité de ceux qui n’avaient plus qu’une minute à vivre. Nulle panique sur leurs visages tournés vers le parterre de djihadistes venus au spectacle. Ils sont morts pour une civilisation multi‐​millénaire, tête haute, regardant, bien en face, une dernière fois les saccageurs de musée, briseurs de statues et exterminateurs de tout ce qui n’est pas inscrit dans leur (lecture du) Coran. Je songe aussi à ce moine copte, égorgé puis décapité au couteau, sans doute par un professionnel des abattoirs halal. Lui est mort les mains jointes, priant pour le pardon de ses bourreaux. Bien d’autres religieux subirent le même sort et parmi eux, chez nous, le Père Hamel. Et puis il y eut ces milliers de Chrétiens et autant, sinon plus, de Musulmans, qui voyaient en Daesh la négation démoniaque de toute religiosité. Mais, visiblement, non, les victimes n’avaient pas la même valeur. Toutes ces horreurs ne s’inscrivaient pas dans la perspective d’une limite. Seuls les décès par usage d’armes chimiques sont susceptibles de provoquer l’ire et la vengeance des démocrates autoproclamés moralisateurs de la planète.

Ou alors – mais là aussi qu’on ait le courage de le dire – les troupes syriennes patriotes et leurs alliés russes et iraniens étant à un fil de la victoire, cette situation est apparue insupportable à ceux qui, un jour, décidèrent que Bachar El Assad était de trop sur Terre. Il devait disparaître dans le cadre d’une recomposition du Moyen‐​Orient dûment planifiée au sein de « certaines officines » déterminées à s’assurer le contrôle planétaire. Après l’Irak et en attendant l’Iran, il fallait anéantir la Syrie. Les Russes affirment que cette attaque chimique est un montage des services secrets anglais. En Europe, on a parlé d’épigones du K.G.B. (sous‐​entendu des potes à Poutine) à l’origine du cocktail de polonium ingurgité par l’ex-agent russe Skripal passé à Londres. Et, curieusement, cette affaire est intervenue juste avant l’annonce des bombes toxiques sur des civils syriens. Le Président Macron, AVANT toute enquête sérieuse, nous assure que c’est bien le président syrien le commanditaire du « meurtre de masse ». Que se passera‐​t‐​il lorsque des investigations libres de toute influence, infirmeront son propos ?

Pendant ce temps, en France même, 2 500 gendarmes qu’on croirait – mais ce n’est qu’une impression – ligotés, menottés, retenus par des ordres venus de leur ministère, n’ont pu dégager que 80 « zadistes ». Et que dire de facs occupées par des minorités composées d’éléments violents et « professionnels du désordre », dixit notre Président citant Michel Audiard. Pour autant, ces professionnels imposent leurs lois dans des locaux universitaires qui se transforment en poubelles. Surtout Tolbiac où l’on a vu deux jeunes filles gauchistes masquées siéger en compagnie d’un chien appelé « Guevara », tandis qu’un slogan écrit sur un mur proclame qu’il faut que ces lieux, je cite, se muent en « un Califat queer autogéré »(2).

Tolbiac chien-lit
Étudiantes autogérées et homosexuelles (?) tandis que, sur son trône, le chien lit sans doute du Guevara

Cinquante ans, tout juste, après Mai 68, le même crétinisme endémique, résultant d’un staphylocoque trotskiste – il serait plus exact d’écrire « trots‐​kyste » – sans doute aggravé d’un tréponème freudien, ressurgit mais en pire. Aucun remède à ce stade désespéré, sauf, peut‐​être, virer de la fac ces petits bourgeois en mal de frissons anarcho‐​transgenrés (encore un néologisme de circonstance et gracieusement offert aux boutonneux de l’autogestion) et les envoyer travailler en usine ou bien, par tous les temps, à la réfection du réseau routier.

Tolbiac avril 2018
En Mai 68 on disait, avec le cinéaste de gauche Chris Marker : « Le fond de l’air est rouge ». 2018, récidive.

Mais non, les droits de l’hominien s’y opposent tandis que, vers eux (sinon véreux) des encouragements enthousiastes et redoublés montent du marigot où barbotte la « Bien Pensance » médiatico‐​mondialiste. Décidément, ce printemps sent la chienlit et le ciel est couleur de guerre.

Walther

(1) Sans même que l’on soit certain qu’elles aient atteint leur but.
(2) Traduction : « Califat homosexuel autogéré », tout un programme ! [source] : reportage du journal L’Express, du 13 avril 2018.

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Un commentaire

  1. Compliments à l’auteur ; tout est dit.