Hémisphère nord

Combat pour l’hémisphère nord

André Archimbaud, chroniqueur chez Boulevard Voltaire, stratège d’affaires international autant qu’homme de méditation, fait communiquer des savoirs qui s’ignorent en général : herméneutique depuis Gémiste Pléthon à Raymond Abellio (à qui est dédié son roman), sociologie politique, économie, science des religions, géopolitique.
C’est probablement cette démarche originale qui lui a permis de dépouiller la défroque de « l’homme unidimensionnel » d’Herbert Marcuse, pour se lancer dans l’espace de l’interprétation libératrice.

Avatar Éditions publie dans sa collection Polémiques un déroutant « essai en forme de roman ».

À la lecture de « Combat pour l’hémisphère nord- L’amour d’Ariane (comprendre les enjeux géopolitiques et spirituels des trente prochaines années) », on comprend immédiatement que l’auteur, André Archimbaud, lequel a passé l’essentiel de sa vie professionnelle dans le monde anglo-​saxon, puisse sans retenue « fouiller à la baïonnette » l’hégémonisme saturnien d’une Amérique ivre de puissance qui vise le contrôle total de l’hémisphère nord, autrement dit du moteur historique, culturel, économique et spirituel de l’humanité.

Archimbaud présente de façon fort inattendue les origines et objectifs de cet « exceptionnalisme » américain qui a désacralisé le monde, tout en nous décrivant la résistance d’un groupe eurasien d’initiés réfractaires qui forment une coalition entre européens, américains, sibériens, chinois, indiens, à laquelle se joint de façon surprenante le Mahdi Jafar Al Sadiq. Tous remettent ainsi de l’ordre dans leurs priorités afin de recomposer ensemble le cadastre du monde et lui restituer le sens du Sacré, de la Justice, de la Beauté, et de l’Honneur.

En écho à ces valeurs, il n’est donc pas surprenant que l’éditeur ait choisi une première de couverture qui présente un Capitole américain dominé par la remarquable flèche du monument de Vienne dédié à la victoire soviétique de 1945. D’un côté la « Sorocratie » moderne, de l’autre l’héroïsme éternel. D’un côté le mondialisme moribond, de l’autre l’eurasisme jaillissant. Archimbaud, chroniqueur chez Boulevard Voltaire, ne manquera donc pas – si les Américains néoconservateurs lisent son essai – de passer pour un agent de propagande à la solde de Vladimir Poutine. De plus, trop chrétien pour les uns, trop païen pour d’autres, trop kabbaliste pour les uns, trop soufiste pour d’autres, ce maître des nuances pourra décevoir ou exaspérer certains, mais provoquera sans nul doute la réflexion de tous.

Car ce livre géopolitique se présente comme un parcours initiatique le long duquel, d’une poupée russe à la suivante, le lecteur s’accoutumera progressivement à la dialectique entre Puissance et Connaissance, elle-​même aiguillonnée par les réflexions de Raymond Abellio issues de ses deux livres majeurs : « La Structure Absolue » et « L’Assomption de l’Europe ».

Ce qui nous propulsera en une autre dimension, celle de la conscience transcendantale, sphérique, qui révèle que depuis les cycles védantiques originels, l’Occident a toujours été mobile. Bref qu’il n’est plus aujourd’hui à l’ouest. Et c’est en 2035 que se conclut l’ouvrage, occasion d’offrir un tableau futuriste, celui d’un monde animé par une Eurasie impériale, profondément spirituelle. Un monde qui a annulé et récusé son XXe siècle saturnien. L’ouvrage se termine alors sobrement sur un relais passé entre ses deux héroïnes : celle de la narration présente (Atalanta) et celle de narration future (Ariane).

Ce qui nous laisse sur notre faim. Car plus d’un lecteur aurait goûté un peu plus de ce projet futuriste où l’Amérique devient un État-​croupion dirigé par une secte musulmane, où des dizaines de millions de ses citoyens trouvent refuge en la nouvelle Eurasie, où la Chine est démantelée, où la Californie a disparu…
Une suite sera-​t-​elle racontée ? C’est à espérer ! Archimbaud explique dans sa postface que cette capsule de temps (1989−2035) avait été à l’origine écrite pour la naissance de sa fille, à qui il voulait confier une carte et un compas. Assis sur une puissante bibliographie, son premier livre – précisément parce qu’imparfait – ouvrira à tous bien des perspectives. À lire et à faire lire !

Source : André Archimbaud : Combat pour l’Hémisphère Nord. L’Amour d’Ariane.

Avatar Éditions, collection Polémiques (17 €)

André Archimbaud combat hémisphère nord
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