Tableau bord voiture

Combien sont déjà morts, ou vont mourir, en regardant leur compteur ?

1899, la Jamais-​Contente vient de franchir les 100 km/​h. La vitesse des véhicules à moteur en rase campagne est limitée à 30 km/​h pour ne pas effrayer les chevaux.

1905, le compteur de vitesse a son papa : Schulze, Otto de son prénom. L’ingénieur strasbourgeois déposait le brevet pour son odotachymètre à courants de Foucault. C’est la même technique aujourd’hui.


1921, naissance du Code de la Route.

1974, naissance des limitations de vitesse : Sur les autoroutes 130 km/​h, sur les voies rapides 110 km/​h, 90 km/​h sur l’ensemble du réseau routier et 60 km/​h en ville.

On pouvait en rester là, mais non. Pourquoi faire simple quand l’énarque peut faire compliqué.

2018, toutes les dizaines sont panneautisées, de 20 à 130. Dizaines qu’il faut modérer à la baisse, suivant qu’il pleut, que vous avez un A, qu’il y a du brouillard, votre type de véhicule, ce que vous transportez. C’est devenu inextricable, il faut une calculette pour conduire. Les panneaux ont poussé comme des champignons sur le bord des routes.

C’est là que le célérimètre pour auto d’Otto entre en piste. Le compteur de vitesse. De votre capacité à ne pas le quitter des yeux, dès que vous appuyez sur le champignon, dépend la survie de votre permis devenu à points. Au détriment de votre survie, mais cela ne semble pas être la préoccupation première du remboursement de la dette par les automobilistes vaches à lait.

« Ce seul mois de juillet, un 92 km/​h pour 90 en auto, suivi d’un 93 km/​h pour 90, en moto, sur une belle autoroute bien dégagée, m’ont fait perdre 15% de mon permis. Sans circulation dense, deux heures pour faire 150 km d’autoroute, c’est donc encore trop vite. Sachant que cette vitesse passe successivement de 130 à 90, puis 130, puis 110 et que tout cela change toutes les trois minutes ».

Et ce n’est qu’un début, le pire est à venir. Le réseau routier comprend 5 000 radars et rapporte un milliard d’euros.

Alterner l’attention en permanence, de la route au compteur et revenir à la route, vous met en danger de mort tous les kilomètres. A chaque fois, la vue qui passe de près à loin doit attendre la perte du temps d’accommodation préjudiciable à la sécurité.
Si le compteur de l’auto reste relativement accessible, dans le confort de l’habitacle, celui de la moto, est quasiment illisible. Si l’on y rajoute les vibrations, le vent qui secoue le casque, la visière salie par les moustiques, le bruit qui détourne l’attention. Mais surtout l’équilibre de la moto réglé par la vue au loin, analyser son compteur est une prise de risque considérable à chaque fois car la stabilité de trajectoire se dérègle.

À quoi reconnaît-​on un motard heureux ?

Comment faire alors, si on ne veut pas conduire les yeux rivés sur son compteur ? Une descente, un peu de vent dans le dos, le pied qui s’affaisse d’un millimètre et vous prenez les 10 km/​h facturables. Il ne reste plus qu’une solution, rouler à 80 sur l’autoroute. Même là, il y a encore des zones « dites » de travaux à 50 !

Pour commencer, messieurs les constructeurs automobiles, arrêtez de nous mettre des compteurs illisibles qui sont étalonnés jusqu’à 240 km/​h. C’est criminel et disons-​le forfaitatoire.

Un 1 mm représente 2 à 5 km/​h

Un compteur de type Deudeuche, incrémenté de 10 en 10 jusqu’à 90, sera bien suffisant, non ?

Ah, le bon temps des Deudeuches !

Laissez-​nous quatre vitesses sur la boite, la 5 et 6 sont superflues. Surtout, comme la technique peu coûteuse le permet TRÈS simplement aujourd’hui, couplez vos véhicules avec des GPS qui brident le moteur, suivant la route parcourue.

Imaginez alors, plus aucun excès de vitesse à fiscaliser. Inimaginable pour Bercy, grand financier de la dette qui a investi beaucoup pour automatiser cette ponction avec le site que chacun redoute :

Combien sont déjà morts, ou vont mourir, en regardant leur compteur ? Leurs compteurs ! Nos gouvernants se foutent de voir crever les alcooliques, les illettrés, les fainéants, les extrémistes, les lépreux, les cyniques, ceux qui ne sont rien. Ce qu’ils veulent, c’est notre pognon de dingue.

Michel Lebon

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