Charnière rouillée Âge fer

Notre nouvelle rubrique : « Fin d’un monde »

Depuis quelques années déjà, certaines personnes plus lucides que d’autres perçoivent la décadence de notre monde. À vrai dire, cela remonte déjà — au moins — à Victor Hugo (1802−1885) qui déplorait lors de la séance du 11 novembre 1848 de son discours à l’Assemblée nationale :
« La grande erreur de notre temps a été de pencher, je dis plus : de courber l’esprit des hommes vers la recherche du bien-​être matériel, et de les détourner par conséquent du bien-​être religieux et du bien-​être intellectuel. C’est vrai ! La faute est d’autant plus grande que le bien-​être matériel, quoi qu’on fasse, quand même tous les progrès qu’on rêve et que je rêve aussi, moi, seraient réalisés, le bien-​être matériel ne peut et ne pourra jamais être que le partage de quelques-​uns, tandis que le bien-​être religieux, c’est-à-dire la croyance, le bien être intellectuel, c’est-à-dire l’éducation, peuvent être donnés a tous
 C’était en 1848, il y a 150 ans !

Dans ce registre il convient également de citer Karl Marx (1818−1883). Si, si ! Non pas celui qui donne un sens à l’Histoire, celui qui se penche sur la place de la marchandise dans la société capitaliste : « Mon point de départ, c’est la forme la plus simple qui prend le produit du travail dans la société contemporaine : la marchandise ». La revue Éléments (n° 172, juin-​juillet 2018) précise sous la plume d’Alain de Benoist : « Le fétichisme de la marchandise, qualifié par Marx de “nouvelle religion profane” ne se définit nullement comme un appétit exagéré pour les marchandises et n’est plus une simple mystification, mais résulte du caractère automatique, anonyme et impersonnel d’un système où la relation sociale n’est possible qu’à travers la marchandise et où chacun doit se soumettre à la loi du marché. » Les bobos libéraux-​libertaires marxistes seraient bien avisés de relire Marx.

Dès le début des années 30, Henri-​Louis Bergson (1859−1941) dénonce les méfaits de la surconsommation : « Jamais, en effet, les satisfactions que des inventions nouvelles apportent à d’anciens besoins ne déterminent l’humanité à en rester là ; des besoins nouveaux surgissent, aussi impérieux, de plus en plus nombreux. On a vu la course au bien-​être aller en s’accélérant, sur une piste où des foules de plus en plus compactes se précipitaient. Aujourd’hui, c’est une ruée ». « Aujourd’hui », c’était en 1932 !

La fin de notre monde hédoniste, matérialiste, marchand est annoncée par bien d’autres visionnaires, tels Georges Sorel (1847−1922), René Guénon (1889−1951) et son incontournable « Le règne de la quantité et les signes des temps » (téléchargeable ici), Julius Evola (1898−1974) avec notamment son « Les Hommes au milieu des ruines » et bien d’autres lanceurs d’alerte.

Mais cela n’a pas empêché Mai 68 ! « Du passé faisons table rase », « Vivre sans temps mort et jouir sans entrave » ou encore « Sous les pavés, la plage ». Ce qui nous a conduits à : « No Border » ou « Welcome Refugees » :

Manifestation No Border Calais
Welcome Refugees Tourves

Cette idéologie prend l’eau de toutes parts. Elle est déjà évacuée en Europe centrale (lire notre article Viktor Orbán : « Dire adieu à l’élite soixante-​huitarde » du 2 août 2018).

Malgré un mécanisme de propagande omniprésent qui démarre dès l’école primaire, les Français prennent conscience que les riches sont de plus en plus riches tandis qu’ils subissent la faillite générale dans quasiment tous les domaines : endettement abyssal, baisse du niveau de vie, régression sociale, chômage, sécurité, environnement, instruction, santé et même le sacro-​saint Vivre Ensemble. Tout fout le camp !

Tant mieux !

Écoutons Nietzsche (1844 – 1900) : « Oh mes frères, suis-​je donc si cruel ? Mais je vous dis : ce qui tombe, il faut encore le pousser ! Tout ce qui est aujourd’hui – tombe et se décompose : qui donc voudrait le retenir ? Mais moi – moi je veux encore le pousser !»

C’est ce que nous allons faire : bousculer ce vieux monde.

Notre nouvelle rubrique intitulée « Fin d’un monde » regroupera nos articles qui éclaireront nos lectrices et nos lecteurs sur la fin de règne que nous vivons, cette période de décadence dont il ne faut pas avoir peur car il s’agit tout simplement de la fin d’un cycle annoncé depuis bien longtemps, la fin de l’Âge de fer. Il nous revient de préparer l’entrée dans l’Âge d’or.

Les poètes de l’Antiquité distinguaient quatre âges, dans lesquels les hommes vont sans cesse en empirant puis en renaissant :

L’Âge d’or qui s’écoula immédiatement après la création de l’Homme et lorsque Cronos régnait dans le ciel : c’est un temps d’innocence de justice, d’abondance et de bonheur ; la Terre jouissait d’un printemps perpétuel et les champs produisaient sans culture ;
L’Âge d’argent commença lorsque Cronos, chassé du ciel, vint chercher un refuge sur la Terre et que Zeus lui eut succédé : on éprouva les premières vicissitudes des saisons ; il devint nécessaire de cultiver la terre et de pratiquer les arts pour satisfaire aux besoins naissants ; les hommes commencèrent à déchoir de leur première innocence et à perdre une partie de leur bonheur ;
L’Âge d’airain, qui commença lorsque Cronos eut quitté la terre : cet âge est encore un mélange de bien et de mal, mais le mal commence à dominer, la propriété s’établit et avec elle naissent la rapine et la guerre ;
L’Âge de fer signalé par le débordement de tous les excès et de tous les crimes : la Terre ferme son sein ; la déesse de la Justice, Astrée, fuit épouvantée et retourne dans les cieux.

On connaît les belles descriptions qu’Hésiode et Ovide ont données des quatre Âges.

[source : cosmovisions.com]

N’ayons pas peur ! La fin d’un monde n’est pas la fin du monde.

Georges Gourdin

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2 commentaires

  1. C’est après la Révolution française que les écrivains ont commencé à s’élever contre un monde égoïste, sans le respect d’aucun dieu, où seul compte l’appetit dévorant du profit immédiat.
    Naissance des jouets modernes, l’industrie et la banque, qui vont remplacer toutes les valeurs,
    Les plus célèbres sont Talleyrand et Chateaubriand.

    • Vous avez raison.
      Merci de ces précisions.
      C’est bien un cycle amorcé avec la Révolution française qui se termine.
      Macron en Louis XVI ?

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