Place Contrescarpe Paris plaque

Une contre-​escarpe pour défendre la France

Je reviens sur cette sombre affaire commencée Place de la Contrescarpe.
Sombre est l’adjectif qui convient puisque contenant « ombre » et que le protagoniste de cette abracadabrante histoire suivait Emmanuel Macron comme son ombre. Normal pour l’un de ces hommes dit « de l’ombre » dont, a priori, on ne sait quelle fonction précise ils occupent et qui semblent n’appartenir à aucun des services gouvernementaux mais que l’on a toutes les chances de croiser dans les couloirs de chacun d’eux.

Le sieur Benalla toujours au plus près du pouvoir. Il suit le Président au point de se confondre avec l’ombre de ce dernier… Sa présence finira par jeter une sacrée ombre sur un an de « macronisme ».

Selon le premier dictionnaire ouvert, une « contre-​escarpe » est « une pente du mur extérieur d’un fossé qui entoure une fortification ». Et ce terme de contre-​escarpe, devenu contescarpe, désignant par exemple une rue, se retrouve à Bordeaux, Nantes, Amiens ou encore Villeneuve-d’Ascq, arrondissement de Lille.
La place de la Contrescarpe, l’un des lieux parmi les plus charmants de Paris doit son nom à un emplacement des anciens remparts de la capitale à l’époque de Philippe Auguste. J’avoue mon faible pour les connivences clandestines entre les faits historiques et le symbole.

Place Contrescarpe Paris
La Place de la Contrescarpe photographiée en hauteur depuis un toit. Le lieu d’un rendez-​vous peut-​être fatal pour La République en Marche.

Philippe Auguste, bien que fort controversé, est toutefois considéré comme le « Père de la nation française ».
Or, que s’est-il passé sur cette placette ?
Un individu muni – indûment – d’un équipement de policier a malmené deux personnes. On découvre qu’il appartient au personnel de l’Élysée et aurait, parmi d’autres fonctions, le rôle de « garde du corps » du Président de la République. Son titre officiel est le suivant « Chargé de Mission, adjoint au chef de cabinet du Président de la République » (excusez du peu !).

Carte visite Alexandre Benalla

Puis, on apprenait qu’il avait aussi obtenu, en 2017, le grade de « lieutenant-​colonnel » ; et ce, je cite Wikipédia (qui présente un dossier Benalla remarquablement complet), « sur proposition du Directeur Général de la gendarmerie Nationale », Richard Lizurey (ah, bon !). Benalla, officier supérieur, vient d’avoir 26 ans. Ça c’est une carrière !… L’exemple même de l’ascension fulgurante d’un surdoué. Un « premier de cordée » dirait un certain Emmanuel.
Mais le plus stupéfiant réside en ce qu’il était en train de boucler un dossier concernant rien de moins qu’une refonte des services de police.
En bref, voilà ce dont il s’agit : la protection de l’Élysée est assurée par le Groupe de Sécurité de la Présidence de la République (G.S.P.R.) dépendant de la Police nationale. Le projet de réorganisation avait pour but la création d’une Direction de la Sécurité de la Présidence de la République (D.S.P.R.).
Benalla en aurait été l’« architecte » principal. Je joue sur le mot « architecte » en me remémorant le fait que ce monsieur a été membre de la Grande Loge de France. Son « atelier »(1), avant qu’il ne s’en fasse éjecter, se nommait Les Chevaliers de l’Espérance… Superbe titre, mais avec un pareil « apprenti »(2) entre les colonnes du Temple(3), chevalerie et espérance peuvent se remettre sérieusement en question.
Ayant été informé du projet confié à Benalla et pris connaissance de ses appuis et complicités dans l’entourage présidentiel ainsi qu’au ministère de l’Intérieur, un représentant syndical important de la Police n’a pas hésité à parler de « barbouzerie ».

Lahcène Benalla casqué
Un ex « Chevalier de l’Espérance » dans l’exercice de ses non-​fonctions

On allait donc assister à une transformation de la sécurité du premier lieu de pouvoir en France sous la direction d’un personnage particulièrement trouble et dont les lointains ancêtres ont peut-​être figuré dans les armées sarrasines qui, par bonheur, trouvèrent devant elles Charles Martel puis Guillaume 1er de Provence appelé « le libérateur ».
Car le sieur Benalla est d’origine marocaine. On va me rétorquer qu’il est aussi Français que moi. Sur le papier sans doute… Et je n’en dirai pas plus tout en songeant aux ethnies peuplant notre hexagone depuis 1500 ans pour certaines et depuis bien plus longtemps pour d’autres.
La fulgurante carrière du (Franco-)Marocain Benalla s’est « crashée » sur une contrescarpe du rempart de Paris érigé durant le règne de Philippe Auguste.

Muraille Philippe Auguste
Restes des remparts de Philippe Auguste incorporés au Musée du Louvre.

De par sa fonction, toute fortification apparaît comme une protection, une limite qu’on ne franchit pas si l’appartenance intra-​muros n’est pas prouvée.

Alors, quel symbole !

En effet, souvenons-​nous, lors de la présidentielle, de Macron à Marseille et de son discours enthousiaste vantant le « sans-​frontièrisme ». Il se fit le chantre d’une cité phocéenne devenue le grand caravansérail de la diversité, lieu laboratoire d’un multiculturalisme tellement poussé qu’il en dissout les appartenances (hormis l’Islam qui, par ses mosquées citadelles, surnage à ce naufrage collectif). Marseille où se croisent tant d’épidermes divers que Benetton n’a plus qu’à aller rhabiller ses figurants cosmopolites. « Alexandre » Benalla est le produit de cette France openfield, rêvée par Sarkozy, Hollande et, maintenant, Macron à qui il doit sa réussite sociale.
C’était sans compter sur l’action mystérieuse de la « divine Providence », pléonasme car, comme le rappelle René Guénon, la Providence est « l’instrument de Dieu dans le gouvernement de l’Univers »(4). Sans verser dans un déisme quelconque, force est de constater que, bien des fois, au cours de l’Histoire, surgissent des événements qui surprennent par l’évidente résonance symbolique découlant de leur analyse.

Le représentant d’une diversité en pleine ascension sociale, encouragée par les hautes sphères de la République, le jusque-​là chanceux Benalla, a fini par buter sur la contre-​escarpe de Philippe Auguste, personnage à partir du règne duquel la formule Rex Francorum, « Roi des Francs », est remplacée par Rex Franciæ, « Roi de France », annonçant ainsi « la France ».

Sacre Philippe Auguste
Enluminure montrant le sacre de Philippe Auguste lors de sa quatorzième année. Le fait que tout l’espace dévolu au sacre soit, ainsi que le manteau royal, constellé de lys d’or montre combien l’emblématique a pour fonction d’insister sur l’identité et la spécificité du royaume de France. En ces temps médiévaux, pas de place pour une diversité mondialisée.

C’est comme si une fortification fantôme, surgie du passé médiéval, s’était dressée devant le « lieutenant-​colonel » destiné à superviser la sécurité élyséenne et, du même coup, celle de Paris. Les chevaliers et les « sergents d’armes » de cette fin du XIIe siècle, qui veillèrent sur les remparts de la capitale, avaient, invisiblement, désarçonné le sbire allogène d’une « macronie » refusant les frontières culturelles, historiques et ethniques. Peut-​être faut-​il voir dans l’ « affaire Benalla » un premier coup d’arrêt vigoureusement porté à l’évident projet de la fonte de notre nation dans la mondialisation marchande.
De fait, nombre de politologues s’accordent à reconnaître que le présent gouvernement va ressortir très affaibli de cette situation et, déjà, des craquements se font entendre dans l’actuelle majorité parlementaire, mais surtout partout parmi le peuple de France.

Walther

(1) Terme par lequel les Francs-​Maçons désignent parfois la loge.
(2) Le premier des trois grades (Apprenti, Compagnon, Maître) empruntés par la Franc-​Maçonnerie au Compagnonnage.
(3) Lors de sa construction, le temple de Salomon à Jérusalem comportait deux colonnes de bronze de part et d’autre de sa porte. Semblablement, en Maçonnerie, deux colonnes (dans des matériaux imitant le bronze) se dressent de part et d’autre de la porte, à l’intérieur de la loge.
(4) Dans son ouvrage intitulé La Grande Triade, Éditions Gallimard, Paris, 2003, p. 174.

2 commentaires

  1. Christian PUJOL

    Le rapport de la Cour des Comptes sur « LES COMPTES ET LA GESTION DES SERVICES DE LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE (EXERCICE 2017)» évoque pages 20 et 21 le projet de refonte de l’organisation des services dans son & C.

    On peut donc raisonnablement penser que d’une part la chose n’était pas secrète et d’autre part qu’en considération de son périmètre la réorganisation n’était pas du ressort et de la compétence de la personne citée dans votre article !

  2. Daniel Serfati

    Que le ciel vous entende !

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont publiés sauf ceux qui sont injurieux ou grossiers.
Afin d'éviter les chamailleries, les commentaires ne supportent que deux niveaux. Ils sont ouverts pendant deux semaines après la publication de l'article.
Les champs obligatoires sont indiqués avec *. Cependant votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.
La plupart des balises HTML de mise en forme sont autorisées.

Nice Provence Info n\\\'utilise pas les données collectées à des fins de profilage commercial car cela est contraire à son éthique.
De surcroît, si vous souhaitez vous désinscrire de tout suivi ultérieur, un cookie sera installé dans votre navigateur pour se souvenir de ce choix pendant un an conformément à la légisation en vigueur. J\\\'installe ce veilleur Ce n\\\'est pas la peine

700