Nous avons évo­qué dans nos colonnes le livre de l’avocat Juan Branco « Crépuscule ». Celui‐​ci béné­fi­cie d’une pro­mo­tion très appuyée dans tous les médias. On le voit et on l’entend de par­tout. Cette pro­mo­tion « à la Macron » est sus­pecte. Essayons d’y voir plus clair.

Son livre flingue Macron mais préserve certains de ses anciens amis.

Comme nous le rele­vions dans notre recen­sion, Juan Branco trace dans le détail les rela­tions d’Emmanuel Macron avec les mil­liar­daires qui l’ont lan­cé à l’initiative de Xavier Niel (condam­né pour proxé­né­tisme et abus de biens sociaux) avec l’entregent de Mimi Marchant (condam­née plu­sieurs fois pour mal­ver­sa­tions et tra­fic de drogue), mais…
• qui a four­ni toutes ces infor­ma­tions au très jeune avo­cat ?
• pour­quoi son livre épargne‐​t‐​il les réseaux maçon­niques qui étaient éga­le­ment à la manœuvre ?
• pour­quoi son livre, si pré­cis par cer­taines asser­tions, n’évoque-t-il même pas le rôle de Jacques Attali alors que celui‐​ci s’est tar­gué à plu­sieurs reprises d’avoir lan­cé « son ami Emmanuel » ?
• pas un mot non plus sur l’appui de la banque Rothschild, pour­quoi ?

Quel est le message du titre du livre « Crépuscule » ?

Le-Lorrain_Port_au_soleil_couchant
Claude Gellée, dit le Lorrain (1604−1682) : Pport de mer au soleil levant

Avec l’appui d’une par­tie, d’une par­tie seule­ment de l’oligarchie puisque cer­taines de ses com­po­santes majeures sont déli­bé­ré­ment épar­gnées par l’auteur, voi­ci notre jeune avo­cat sur tous les pla­teaux télé­vi­sés.
Les médias qui rechignent à invi­ter des Gilets Jaunes mili­tants, s’empressent d’inviter leur avo­cat auto­pro­cla­mé au point que celui‐​ci appa­raît comme leur porte‐​parole. C’est bien que les médias ont reçu des consignes pour pro­mou­voir le livre et son auteur.
Et pour­tant ce livre est très dur à l’égard de notre pré­sident et son titre, « Crépuscule », annonce le début de la fin pour Macron.

Roche tarpéienne
« Arx tar­peia Capitoli proxi­ma » ou « Il n’y a pas loin de la roche tar­péienne au Capital »

Le livre est gratuit, l’avocat ne se fait pas payer

Le livre est pro­po­sé en télé­char­ge­ment gra­tuit, en ver­sion PDF et même en ver­sion audio.

Pourtant il s’agit d’un excellent tra­vail d’enquête qui a pris du temps. Puis il a fal­lu l’écrire, l’éditer. Si Branco est écri­vain jour­na­liste béné­vole, il y a der­rière lui des gens qui ne le sont pas et ont inté­rêt à ce que son livre soit le plus lar­ge­ment dif­fu­sé. Qui ? Nous pen­sons tout natu­rel­le­ment à ceux‐​là mêmes qu’il épargne.

Juan Branco, avo­cat des Gilets Jaunes, nous dit qu’il ne se fait pas payer et qu’il vit chez sa mère en tou­chant le RSA. Nous sommes loin de l’image du Gilet Jaune « tra­vailleur pauvre » qui sur­vit à peine avec son piètre salaire et qui roule en gasoil avec la clope au bec.

La position ambiguë de l’auteur

Juan Branco est un pur pro­duit du Système qu’il ne cesse de vili­pen­der.

Il n’a pas 30 ans, et pour­tant il a déjà été, selon sa bio­gra­phie pré­sen­tée par Wikipédia :
• l’une des figures de l’opposition à la loi « Hadopi 1 » sur les droits d’auteurs (il a à peine 20 ans);
• le sul­fu­reux et per­vers direc­teur de Sciences Po, Richard Descoings, lui pro­pose d’intégrer son cabi­net après avoir été « remar­qué » par Dominique de Villepin ;
• tou­jours à 20 ans, il devient offi­cier de liai­son du pro­cu­reur de la Cour pénale inter­na­tio­nale ;
• deux ans plus tard, tou­jours étu­diant, il est col­la­bo­ra­teur exté­rieur du ministre fran­çais des Affaires étran­gères ;
• à 24 ans, il repré­sente alors publi­que­ment Jullian Assange et Wikileaks et par­ti­cipe aux négo­cia­tions avec la pré­si­dence de la République fran­çaise pour obte­nir l’asile d’Assange en France ;
• plus tard il sera l’avocat de Jean‐​Luc Mélenchon ;
• en mai 2018, il est mis­sion­né par l’ONU en République cen­tra­fri­caine en tant qu’expert indé­pen­dant, char­gé de l’élaboration de la stra­té­gie des pour­suites du pro­cu­reur de la Cour pénale spé­ciale cen­tra­fri­caine.

Pendant tout ce temps,
• il intègre Normale Sup (certes par la voie uni­ver­si­taire et non pas par le concours, mais quand même),
• il pré­sente un doc­to­rat en droit inter­na­tio­nal,
• il obtient une maî­trise en lit­té­ra­ture moderne (2011)
• et des mas­ters en phi­lo­so­phie poli­tique (2011) et en géo­po­li­tique (2012).

Mais ce n’est pas tout ! Il a le temps :
• d’être cher­cheur invi­té à la Yale Law School,
• tout en étant Senior Research Fellow à l’Institut Max Planck de droit inter­na­tio­nal,
• et en par­ti­ci­pant la même année à un échange avec l’université de Rome « La Sapienza » comme cher­cheur invi­té.

Mais ce n’est tou­jours pas tout :
• il est jour­na­liste au Monde diplo­ma­tique, chez les Inrockuptibles et même L’Huma !
• tout en publiant dans plu­sieurs revues et organes de presse, dont Libération.

Et, tant qu’on y est, il se lance éga­le­ment en poli­tique :
• en 2017 il se pré­sente aux élec­tions légis­la­tives sous l’étiquette France Insoumise et obtient 13,9 % des voix.

Pur pro­duit du Système dont il tire très habi­le­ment pro­fit, Juan Branco n’a de cesse de le cri­ti­quer !

Il a encore le temps de créer un cabinet d’avocats.

Que voyez‐​vous sur la page d’accueil de son site branco-associes.fr ? Une biquette ? Détrompez vous : cette biquette, c’est le diable !

Le Sabbat des sor­cières par Francisco de Goya (1798)

On appe­lait « sab­bat » les assem­blées que les sor­ciers et sor­cières tenaient la nuit sous l’autorité du Diable, pour célé­brer les rites sata­nistes et se livrer entre eux à tous les empor­te­ments de leurs pas­sions obs­cures et déviantes. Parmi ces pas­sions : la pédo­cri­mi­na­li­té. Le tableau de Goya repré­sente de tout jeunes enfants offerts à Satan pour célé­brer les rites cri­mi­nels qu’il affec­tionne. Les enfants morts sont ensuite exhi­bés sur une perche.

À quelles fins, Juan Branco a‐​t‐​il rete­nu CE tableau pour illus­trer son site inter­net ?

Se veut‐​il l’avo­cat du Diable ou l’avocat des enfants sacri­fiés ?

Pourquoi donc Branco recommande‐​t‐​il de S’ABSTENIR aux prochaines élections européennes ?

Alors que l’auteur flingue Macron et le Système qu’il repré­sente, de manière tout à fait inco­hé­rente il recom­mande de s’abstenir lors des pro­chaines échéances élec­to­rales du 26 mai pro­chain ! La logique nous condui­rait à une recom­man­da­tion du type « Tout sauf Macron ». Pourquoi pas un vote en faveur de France Insoumise puisque Branco en a déjà por­té les cou­leurs ?
Les Français ont ce dimanche 26 mai une oppor­tu­ni­té his­to­rique d’envoyer un mes­sage clair au gou­ver­ne­ment et à son Président en allant voter mas­si­ve­ment afin d’exprimer leur rejet de sa poli­tique. Et notre Juan Branco, à la pointe de la cri­tique de ce Système que les Français rejettent, recom­mande de lais­ser pas­ser son tour !
C’est incom­pré­hen­sible. À moins que…
À moins que notre sémillant avo­cat soit uti­li­sé dans une manœuvre qui vise à sacri­fier Macron pour épar­gner le Système. Tout s’explique alors.

Tentons une expli­ca­tion : il est un fait avé­ré que Jacques Attali est en contact avec Juan Branco au moins depuis 2009. Notre jeune étu­diant hyper­ac­tif avait fon­dé et diri­gé une revue uni­ver­si­taire inti­tu­lée « Jeune République » pilo­tée par qui ? Par… Attali !

Ceci explique alors :
• com­ment notre jeune étu­diant sur­doué d’ubiquité peut se retrou­ver sur un aus­si grand nombre de chan­tiers simul­ta­né­ment,
• pour­quoi il épargne Attali et ses amis dans son enquête‐​réquisitoire,
• et cela explique pour­quoi Attali, au même moment, adopte une atti­tude d’écoute atten­tive à l’égard de la révolte des Gilets Jaunes (lire notre édi­tion d’hier Gilets Jaunes : Attali change de stra­té­gie) dont il pré­dit des chan­ge­ments pro­fonds sur la socié­té.

Attali pré­pare la suite de Macron en pré­ci­pi­tant sa chute tout en s’efforçant de pla­cer ses pions dans le mou­ve­ment révo­lu­tion­naire qui se des­sine. Le jeune Branco a le pro­fil idéal pour rem­plir ce rôle qui lui est dévo­lu.

Les Gilets Jaunes doivent se méfier de cet avo­cat comme du Diable.

Massimo Luce