Cette semaine, Divine Box vous emmène à la décou­verte de l’abbaye Notre-Dame de la Paix (aus­si appe­lée “abbaye de Castagniers”) située à 15 kilo­mètres sur les hau­teurs de Nice, au cœur du mont Cima. On vous dit tout sur son his­toire, son implan­ta­tion dans notre belle région Niçoise et la situa­tion de la com­mu­nau­té aujourd’hui. Allez, on y va ?

Portail de l’abbaye de Notre-Dame de la Paix à Castagniers – © Divine Box

Un moine agriculteur en Provence

L’histoire de cette abbaye com­mence il y a 160 ans au cœur de la Provence… Le futur Dom Marie-Bernard sou­haite deve­nir moine mais trouve les trap­pistes et les char­treux trop aus­tères. Il com­mence alors à vivre en « moine agri­cul­teur” avec un petit groupe d’hommes et s’ins­talle à l’ab­baye de Sénanque en Provence, lais­sée vide et en bon état ! Et hop, la Congrégation de l’Immaculée Conception est née ! Elle est cis­ter­cienne de « com­mu­neob­ser­vance » contrai­re­ment aux trap­pistes de “stricte obser­vance”.

Une nouvelle communauté

Quelques années plus tard, un groupe de jeunes filles atti­rées par la vie cis­ter­cienne telle qu’elle est vécue à Sénanque se pré­sente à Dom Marie-Bernard, avec le pro­jet de mon­ter une com­mu­nau­té. Ce défi d’une fon­da­tion fémi­nine est accep­té par les frères à Noël 1864. On fait alors don aux sœurs d’un ancien prieu­ré béné­dic­tin en bon état : Notre Dame de Salagon, dans le vil­lage de Mane (à quatre-vingts kilo­mètres au nord d’Aix-en-Provence). Elles y démarrent leur vie monas­tique dès 1865. C’est le début d’une grande aven­ture !

L’église de l’abbaye de Castagniers – © Divine Box

Une nouvelle abbaye !

En un an, le nombre de voca­tions à Salagon explose ! Le monas­tère devient trop exi­gu pour tout ce petit monde… Les frères de Sénanque res­taurent donc des ruines pour les sœurs à Reillane, à quinze kilo­mètres de Mane. Trois ans plus tard, c’est prêt ! Une par­tie des sœurs de Salagon s’ins­talle dans ce nou­veau monas­tère en pleine cam­pagne bap­ti­sé “Notre Dame des Prés”. Le reste de la com­mu­nau­té les rejoin­dra trois ans plus tard. Chouettes retrou­vailles !

À deux doigts de l’exil

Malheureusement les lois anti­clé­ri­cales de 1901 ne pré­sagent rien de bon pour les com­mu­nau­tés reli­gieuses fran­çaises… En 1904, pour pré­pa­rer une éven­tuelle fuite, deux groupes de sœurs de Notre-Dame des Prés partent suc­ces­si­ve­ment pour San Vito, dans le Piémont. Elles y fondent le Monastère Notre-Dame des Anges et se pré­parent à accueillir le reste de la com­mu­nau­té. Mais fausse alerte : les cis­ter­ciennes ne sont fina­le­ment pas expul­sées de Reillane ! Dès 1911, tout le monde revient donc à Notre-Dame des Prés… tout est bien qui finit bien !

La com­mu­nau­té s’est ins­tal­lée au cœur du mont Cima – © Divine Box

Ça déménage !

Hélas, le déla­bre­ment des bâti­ments et l’humidité obligent ensuite les sœurs à quit­ter Notre-Dame des Prés… Le père abbé de l’Abbaye de Lérins se met alors en quête d’un nou­veau lieu pour accueillir la com­mu­nau­té de reli­gieuses. Au même ins­tant l’évêque de Nice, Mgr Ricard évoque au père abbé l’existence d’un havre de paix com­po­sé d’une grande bâtisse du XVIe avec un vignoble et une oli­ve­raie et cela, à quelques kilo­mètres de Nice seule­ment. C’est ain­si qu’en 1930, les sœurs s’installèrent dans cette bâtisse à Castagniers qui devint par la suite l’abbaye Notre-Dame de la Paix.
Cela fait donc près de quatre-vingt-dix ans que les sœurs ont fait leur nid à Castagniers !

Aujourd’hui

Aujourd’hui l’abbaye de Castagniers compte qua­torze moniales cis­ter­ciennes de la “com­mune obser­vance”. Elles suivent, comme leurs cou­sins cis­ter­ciens de la stricte obser­vance (“trap­pistes”), la règle de saint Benoît : “Prie et tra­vaille”. Le pre­mier des sept offices quo­ti­diens est ain­si fixé à cinq heures du matin, et le reste de la jour­née, les sœurs tra­vaillent de leurs mains, notam­ment à la cho­co­la­te­rie ! Leur savoir-faire se per­pé­tue dans la cha­leur pro­ven­çale depuis bien­tôt soixante-dix ans …

La com­mu­nau­té de cis­ter­ciennes suit la règle de saint Benoît “Ora et Labora” (Prie et tra­vaille) – © Abbaye de Castagniers

La chocolaterie

En effet, en 1950, pour finan­cer divers tra­vaux et sub­ve­nir à ses besoins, la com­mu­nau­té lance un ate­lier de fabri­ca­tion de cho­co­lat. Dès le début, les sœurs se spé­cia­lisent dans le pra­li­né aux noi­settes et aux amandes, dont la recette “secrète” est encore sui­vie et amé­lio­rée aujourd’hui ! Elles concoctent aus­si toutes sortes d’autres gour­man­dises cho­co­la­tées. Dans la région niçoise, elles sont d’ailleurs sur­nom­mées “les sœurs cho­co­lat”. La cho­co­la­te­rie est tou­jours la prin­ci­pale source de finan­ce­ment de la com­mu­nau­té… alors réga­lez-vous sans comp­ter avec les cho­co­lats de l’abbaye de Castagniers !

Une “sœur cho­co­lat” à l’œuvre – © Abbaye de Castagniers

Le châtaignier

Petite anec­dote amu­sante : l’église actuelle du vil­lage de Castagniers était autre­fois ali­men­tée en eau par une fon­taine qui se trou­vait à l’ombre d’un très vieux châ­tai­gnier sous lequel les voya­geurs venaient se repo­ser. En niçois, châ­tai­gnier se dit…“Castagnié” ! C’est de là que vien­drait le nom du vil­lage de Castagniers et donc celui de l’abbaye Notre Dame de la Paix ! Chouette his­toire non ?

Et pour goûter les chocolats ?

Le mieux est bien sûr de pou­voir se rendre direc­te­ment sur place, pour papo­ter avec les sœurs ! L’abbaye se trouve au :
271 route de Saint-Blaise, 06670 Castagniers.

Et pour ceux qui n’ont pas la chance d’habiter à côté, il est pos­sible de se faire livrer chez soi les pro­duits de l’abbaye de Castagniers grâce à la bou­tique en ligne Divine Box !